Twice upon a time in Hollywood… Star Wars classé X

     Star FiXion, Bernstein et Obion (scénario), Obion (dessin et couleur). Editions Fluide glacial, 56 pages, 12,90 euros.

    Dans Once Upon a Time in Hollywood, Quentin Tarantino à décrire une forme de conte sur le début des Seventies, moment du basculement dans le monde du cinéma, vers le “nouvel Hollywood” et sa génération d’auteurs indépendants. Une période qui va clore quelques années plus tard avec l’émergence de “l’usine à rêves” de Steven Spielberg et George Lucas, lancé par le succès fulgurant de Star Wars… ou qui l’aurait pu l’être, ici, si le scénario de la saga SF culte n’était pas tombée dans de mauvaises mains.

    C’est en effet à Dany, producteur de science-fiction au bord de la faillite que le jeune George Lucas vient proposer son histoire de princesse capturée par les soldats de l’Empire galactique et qui envoie ses deux droïdes trouver l’ermite qui peut la sauver… Aux abois, et écoutant ce qui lui semble être le conseil de son banquier, Dany récupère le scénario pour en faire… un film X, tout en s’efforçant de masquer cela à son scénariste.

    Uchronie cinématographique déjantée mais plutôt subtile, cette “fiXion” brode sur les quiproquos et le double sens de son récit, tout en brossant bien ses personnages, qu’il s’agisse du pathétique producteur, du naïf et enthousiaste George Lucas ou d’Harrison Ford – qui (“spoiler”), restera menuisier, finalement.

    Si le feuilletonnage, en prépublication strips dans le mensuel Fluide glacial n’avait pas emballée, cette version complète, en album, prend nettement plus de consistance. Car c’est bien dans la durée que l’humour fonctionne, sur une accumulation farfelue de gags, de calembours visuels et de faux-semblants. Mais aussi sur une description assez fine des ressorts de la saga… et de la manière dont celle-ci peut totalement être retournée en un vrai nanar calamiteux.

    Bernstein et Obion parviennent à tenir la longueur sans trop dévier de leur parti-pris de base, et évitent aussi se tomber dans le graveleux. Autre exploit, l’histoire arrive à se clore avec une logique imparable et drôlement ironique, joliment mise en scène par le dessin et la mise en couleur d’Obion

    De quoi réjouir les fans de la saga de George Lucas, même si on peut douter que l’album aura droit de cité au milieu du merchandising du prochain Star Wars.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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