Beaux souvenirs muets d’un été italien

    Un été sans maman, Gregroy Panaccione. Editions Delcourt, collection Shampoing, 272 pages, 19,99 euros.

    Cet été, Lucie va devoir passer ses vacances sans sa mère. Cette dernière la laisse chez un couple d’amis italiens, sur la côte ligure. Ne parlant pas la langue et solitaire, la petite fille va peu à peu apprécier ce coin, entre promenades sur la plage et jeux avec le chien de la famille. Elle se fait même un peu copain aux grosses lunettes, Riccardo. Mais un jour, elle croit apercevoir un étrange petit bonhomme dans un coin de la maison. Bientôt, c’est un poisson avec des jambes (et avec des chaussures) qui vient l’interpeller sur la plage, leur demandant de l’aide pour retrouver un des leurs, disparu sur le continent. Et les clés du mystère pourraient se trouver sur l’île de Gallinara, en face de la baie.

    Après Match ou Un océan d’amour, Gregory Panaccione propose de nouveau un gros récit graphique muet. Et une nouvelle fois, il fait mouche, embarquant le lecteur dans son histoire au plus près de son héroïne, dont la jolie bouille aux grands yeux noirs séduit dès la première page. On va partager d’abord sa tristesse, sa mélancolie, puis sa surprise et l’étonnement des rencontres avec les étranges personnages qu’elle va voir (ou imaginer voir ?) sur la plage et jusque dans sa chambre.

    Un nouveau récit muet donc, ou presque, puisque les poissons à jambes viennent interrompre le silence (renforçant judicieusement la surprise du lecteur) en faisant – logique – des bulles !

    Ce récit attachant, entre conte fantastique et réminiscence d’un drame réel (le naufrage en 1947 d’un bateau où 43 enfants périrent noyés) est rendu très vivant par un dessin dynamique, où l’on retrouve – incise burlesque et clin d’oeil référenciel – le gros bonhomme à gros nez et aux cheveux blonds déjà aperçu dans Match voire dans Chronosquad.
    Un livre émouvant et original de Gregory Panaccione qui confirme une fois encore que l’émotion peut se passer de mots quand elle se diffuse avec un tel trait sensible.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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