Un premier Prix ACBD Comics

    Pour la première fois, l’Association des Critiques et journalistes de bande dessinée va remettre son “Prix Comics de la Critique ACBD”. Cinq albums en lice. 

    Il y avait l’historique Grand prix de la critique, puis il y a eu le Prix ACBD Asie, le Prix Jeunesse (remporté l’an passé par Les Croques, de Léa Mazé, ed de la Gouttière) et le Prix Québec. Il y a donc une certaine logique à voir un autre genre emblématique du 9e art être à son tour distingué par une récompense spécifique.

    Ce nouveau prix ACBD Comics vise donc à récompenser – et à mettre en lumière auprès d’un plus large public – un ouvrage de bande dessinée paru initialement en anglais, publié par un éditeur anglophone dans une zone culturelle liée aux comic-books et traduit en français pour les pays francophones. Comme les autres prix, celui-ci répondra à la définition des prix ACBD, à savoir “porter une forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie”.

    Pour cette première édition, le comité de sélection (composé de journalistes et critiques membres de l’ACBD) a établi une pré-liste de 5 titres. Ceux-ci sont désormais soumis au vote des adhérents de l’association. Le lauréat sera annoncé le 25 octobre, lors de la Comic Con Paris.

    Les cinq prétendants à ce premier prix présentent une réjouissante diversité, graphique et de style. Par ordre alphabétique :

    Mister Miracle, par Tom King et Mitch Gerads (Urban Comics). A la croisée des travaux de Jack Kirby et d’Alan Moore, comme le précise son éditeur, cette histoire de fils de Dieu très humain, – confronté à une guerre sans pitié dans son univers d’origine et aux affres de la vie humaine ici-bas – a remporté un Eisner Award du meilleur scénariste et du meilleur dessinateur 2018 ainsi que l’Eisner Awards de la meilleure série limitée 2019.

     

     

     

    Multiversity, par Grant Morrison, collectif (Urban Comics). Loin d’être unique, la Terre est en fait une des dimensions parallèle d’un “multivers” de 52 mondes parallèles, défendus par autant de super-héros différents qui se voient agressés par des créatures interdimensionnelles. Et des univers qui communiquent entre eux grâce… à des comics. Brillant narrativement et graphiquement (par la palette de dessinateurs différents réunis par Grant Morrison), cette saga nécessite néanmoins une certaine familiarité avec l’univers DC Comics, ou quelques clés de lecture, faute de quoi on risque de décrocher assez vite.

     

    Pour l’amour de Dieu, Marie !, par Jade Sarson, (Cambourakis). Atypique, dans cette liste et en soi, ce roman graphique (qui se retrouve ici surtout par la nationalité de son auteure) décrit le parcours d’une femme, des années 1960 aux années 1980. Élevée dans un pensionnat catholique, Marie va mettre en pratique à sa manière le commandement divin: « Aime ton prochain ». Au-delà des normes établies, mais avec une générosité “pansexuelle” et une sensibilité égales au joli dessin de Jade Sarson.

     

     

    Tumulte, par John Harris Dunning et Michael Kennedy (Presque Lune). Autre roman graphique singulier, pas forcément immédiatement associé aux “Comics”, ce récit plonge en effet un homme un peu blasé dans un vrai “tumulte” lorsqu’il va rencontrer l’étonnante Morgane, qui souffre d’un trouble dissociatif de la personnalité. Un syndrome très bien illustré par les différents de style graphique et une narration très déstabilisante.

     

     

     

     X-Men Grand Design tome 1, par Ed Piskor (Panini Comics). Connu – et reconnu – pour son histoire en cours du hip-hop, Ed Piskor s’attache ici en vrai “fan” à ces super-héros emblématiques que sont les X-Men. Il se propose donc de retracer l’histoire des personnages en réunissant tous les récits dans une nouvelle trame chronologique. Et de faire, pour Marvel, un peu ce que fait Morrison pour DC Comics. Mais il le fait en conservant son style rétro-pulp si particulier et avec une trame qui est quand même nettement plus accessible aux profanes et néophytes. Et une belle introduction à l’univers des Comics de super-héros. A noter qu’un deuxième tome est déjà paru, au printemps dernier.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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