Une idée de cadeau pour Noël (2/8) : Peyo, magistralement schtroumpf !

    Une vie à schtroumpfer, biographie en images de Peyo (1928-1992), Vincent Odin. Editions Daniel Maghen, 336 pages, 59 euros.

    On connaît la qualité de ces “biographies en images” initiées par les éditions Daniel Maghen. Après le magnifique Mirages sur Will ou Mystères sur Tibet, c’est au tour de Peyo de bénéficier d’un tel splendide traitement.

    Un beau et un bon livre

    C’est donc ce qu’on appelle un “beau livre”, mais aussi un “bon livre”. Aux deux sens du terme.
    Bon par la qualité des informations et le foisonnement fantastique des dessins et planches proposés. Bon aussi par la manière dont ce gros livre fait revivre Peyo, le créateur des Schtroumpfs (mais aussi de Benoît Brisefer, de Johan et Pirlouit et de quelques autres) en créateur, artisan à la fois généreux, simple et aimable.

    Cela commence d’ailleurs par une préface chaleureuse de François Walthéry (qui fit partie du studio de Peyo), puis par un “avertischtroumpf” du coordinateur-réalisateur de l’ouvrage, Vincent Odin qui résume brièvement – et brillamment – la vie de Pierre Culliford.
    Pour le reste, c’est Peyo lui même qui raconte son histoire – une des vraies plus-value de l’ouvrage, qui lui apporte une proximité et une intimité supplémentaire !

    De l’origine de “Pe-yo” à celle des Schtroumpfs

    Né à Schaerbeek (Belgique) en 1928, Peyo doit son patronyme anglais à un grand-père paternel, directeur à Bruxelles d’une compagnie de navigation, comme il s’en explique lui-même au début de l’ouvrage. Quand à son nom d’auteur, Peyo, il s’imposa car Culliford était un peu long et sonnait mal. Peyo vient donc d’un de ses cousins, qui n’arrivait pas à prononcer les “r” et l’appelait donc “pe-yot” au lieu de son diminutif “Pierrot”.

    Au fil des pages, on apprendra aussi comment le jeune Belge fan de dessin est devenu l’un des plus grands auteurs de la bande dessinée franco-belge mais aussi une star internationale au cinéma avec ses “smurfs” (les Schtroumpfs en V.O. américaine).

    Johan et Pirlouit, les personnages favoris de Peyo

    Pour conter tout cela, le chapitrage est, lui, classiquement, chronologique, allant des années de jeunesse aux “années Spirou” où il concrétise son amour du Moyen Age dans l’univers fantasy de Johan bientôt rejoint par Pirlouit (c’est aussi là que naîtront bien sûr les Schtroumpfs, personnages secondaires servant à nourrir l’intrigue de la “flûte à six Schtroumpfs”), puis viendra la période du “studio”, où entouré de Will, Walthéry, Wasterlain, Derib ou Gos, Peyo mena de front ses différentes séries. Enfin, place aux “années d’animation”, avec le passage à l’écran de la Flûte à six schtroumpfs puis avec les productions Hanna-Barbera, qui assureront une audience quasi-planétaire aux papa des petits lutins bleus. Mais, c’est aussi ce plébiscite public qui va l’empêcher de poursuivre la série qui restera sa préférée, Johan et Pirlouit.

    De multiples anecdotes viennent enrichir cette trajectoire (auto)biographique. Celle, bien connue, sur l’origine du mot “schtroumpf” (né lors d’un repas avec Franquin ou Peyo, voulant demander du sel ne retrouve plus le mot et lui dit “passe moi le schtroumpf”). Mais aussi celle, moins connue sur la raison de la couleur desdits Schtroumpfs, choisie par la femme de Peyo, par élimination : “verts, ils avaient l’air malades ou extraterrestres, rouges, ils paraissaient en colère, et jaunes, ils étaient trop fades. Seul le bleu les rendaient distinctifs, optimistes, délicieusement irréels. »

    Au-delà du récit, les dessins

    Au-delà du récit, joliment restitué avec une police de caractère de type semblable à celle des vieilles machines à écrire, ce sont bien sûr les “images” qui sont le “plus” de cet ouvrage, principalement tourné vers le dessin. Elles sont, ici, somptueuses et multiples et permettent de redécouvrir le grand talent de l’auteur.
    L’avantage, comme le note Vincent Odin, c’est que Peyo avait soigneusement conservé toutes ses archives: planches, illustrations de couverture, pages de garde ou annonce des épisodes suivants, inéditsf. Cette manne permet ainsi d’aller ici de tous premiers dessins jusqu’au story-board des dessins animés, en passant par des crayonnés et des planches originales. Un matériel passionnant dans lequel on se plonge et se replonge avec délice.
    Et cela d’autant plus que la qualité de reproduction est – comme pour les livre précédents de la collection – impeccable, restituant toute les ombres des collages, les esquisses, voire proposant plusieurs calques de mise en couleurs sur les planches encrée.

    A l’image du dessin de couverture, on ne peut que fondre devant un tel ouvrage. Ainsi de cette dernière remarque de Peyo expliquer que c’est pour les enfants “que je continue à écrire des histoires et à les dessiner“. Et de rappeler cette anecdote délicieuse : “Un jour, une petite fille est venue me demander: « Dites, Monsieur, les Schtroumpfs, ça existe bien ? »  C’était plutôt une affirmation qu’une question. Je lui ai répondu: « Oui bien sûr, si tu vas te promener dans la forêt et que tu vois un petit éclair bleu, alors tu auras peut-être aperçu un Schtroumpf ». Elle est repartie toute heureuse. Ainsi, on apporte un peu de bonheur et de rêve. Je me suis pris pour le Père Noël !

    Et oui, les Schtroumpfs, ça existe, et les autres créatures de Peyo également, comme le rappelle cet ouvrage vraiment très schtroumpf !

    La couverture originale de “la flûte à six schtroumpfs”… album où naquirent les Schtroumpfs
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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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