Western tragique en Nouvelle-Calédonie

    La Vallée du diable, Anthony Pastor. Editions Casterman, 128 pages, 20 euros.

    Après leur traversée de la France, de leur Savoie natale à la Normandie, c’est une autre traversée qui s’annonce pour Blanca, Florine, Pauline et Arpin. Tous ont finit par s’embarquer pour l’Australie. Là-bas, sur les quais de Sydney, James Jacques, éleveur franco-australien, les a convaincu de venir s’établir sur ses terres, sur la “Grande terre”, en Nouvelle-Calédonie, éprouvant une attirance – non partagée – pour Pauline.
    En 1925, cinq ans après leur arrivée, une nouvelle routine s’est établie, emplie de tensions. Pauline s’est mariée avec Arpin (surtout pour éviter les assiduités de James), mais se désespère de n’avoir pas d’enfant ; Florentin est devenu vacher chez le propriétaire terrien, mais il rejette Marie, la fille de James, éprouvant toujours un amour secret pour Pauline ; Arpin vit la plupart du temps dans les montagnes, parmi les mineurs de nickel et cache un secret pesant. Et Blanca, en empathie pour la société kanak ne s’intègre pas dans le petit monde des colons et des anciens bagnards. L’arrivée d’un cyclone et plusieurs révélations vont déclencher la tempête.

    Deuxième époque – tout aussi réussie – pour le quatuor atypique imaginé par Anthony Pastor. Lui qui avait fort bien décrit l’ambiance de la France de l’immédiat après-guerre de 14-18 fait de même pour ce portrait contrasté de la micro-société calédonienne. Comme dans Le Sentier des Reines, chaque personnage a ses raisons, sa complexité.  Les antagonismes vont s’accentuer jusqu’au paroxysme, dans un final explosif et magnifique, au milieu de l’univers tourmenté de l’île en tempête. Dans cette “vallée du diable”, au nom inspiré par l’exploitation du nickel et qui n’a jamais autant mérité ce patronyme. Cette tragédie à la dimension très théâtrale est porté par un trait nerveux et une mise en couleur flamboyante.
    L’épilogue laisse penser que l’histoire pourrait peut-être encore se poursuivre.

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    • Journaliste de profession, rédacteur en chef adjoint (du Courrier picard) de fonction et amateur de bande dessinée par passion, je préfère parler ici d'albums que j'apprécie (avec éclectisme) plutôt que de ceux que je n'aime pas (et qui peuvent plaire à d'autres). Et ce en toute liberté. Cet espace est aussi l'occasion d'évoquer la vie (régionale en premier lieu) de la bande dessinée et parfois au-delà celle du graphisme, du dessin de presse ou des journaux et revues en lien avec l'un ou l'autre. Précisons que la plupart des illustrations utilisées dans ce blog ont pour copyrights leurs auteurs et éditeurs respectifs. Celles-ci visant à présenter leurs œuvres. A leur demande éventuelle, elles seront retirées.

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