Zombillénium, monstres et (bonne) compagnie à l’écran

    Déjà très visuelle et d’un graphisme très “animé”, la série Zombillénium est désormais un film (occasion aussi d’une ré-édition enrichie du tome 1 de la BD et d’une expo à Paris). Arthur de Pins réussit le passage de la planche à l’écran, avec un long-métrage très sympathique, dynamique et bien dans l’esprit de sa saga dessinée. A voir dès aujourd’hui en salles.

    Les lecteurs de la série BD ne seront pas dépaysés. Et les spectateurs qui ne la connaîtraient pas découvriront une ambiance gentiment fantastique et une galerie de personnages drôles et attachants.

    Un joli prologue résume habilement le propos et conte comment ce parc d’attraction (réellement) monstrueux est venu s’implanter dans le Valenciennois. Des mineurs percèrent une galerie qui débouchait directement sur l’enfer. Un opportun coup de grisou transforma tout le monde en zombies, condamnés à errer dans le secteur, jusqu’à ce que le vampire Von Bloodt ne persuade Behemoth d’offrir une meilleure condition à ces âmes damnées, en en faisant des employés d’un parc «vraiment» monstrueux. Un parc qui va se voir confronté à un contrôleur antipathique, puis, plus gravement, à une opération capitalistique menaçant son existence même.

    En 3D et au second degré, ce film mis en scène par l’auteur lui-même (avec Alexis Ducord, en co-réalisateur) est construit sur une trame proche du premier album de la saga. Avec la découverte du parc et des personnages par le nouveau “démon”, qui va sympathiser avec la jeune sorcière-stagiaire Gretchen ; une stagiaire qui va s’avérer cacher son jeu. Changement, en revanche pour le héros: Hector Saxe, l’inspecteur des normes succède à Aurelien, le braqueur maladroit et dépassé de la BD. Le changement n’apporte pas grand-chose, si ce n’est d’amener le personnage de la petite fille (à destination du jeune public ou pour étoffer le scénario ?), dont la jolie frimousse de métisse débrouillarde rappellera un peu Kirikou, autre personnage emblématique produit par la maison Gebeka.

    Pour le reste, le passage des planches au grand écran est bien maîtrisé. Passage il est vrai facilité par des albums au style déjà très « 3D » et très cinématographique. L’histoire conserve donc son humour satirique et son ton de comédie sociale (entre les zombies « monstres moches » et les vampires «branchés»), tout en instillant la dose nécessaire d’aventure et d’action pour passer un moment réjouissant (dont un final spectaculaire et brillant). Un dynamisme rehaussé par la bande-son très rock créée par Mat Bastard, l’ex-chanteur du groupe nordiste Skip The Use, et qui donne le ton, rythmé et énergique au film. Un film très “attractif”, donc.

    Un album enrichi et une exposition en bonus

    éditions Dupuis profitent de l’occasion de cette sortie pour rééditer le tome 1 de Zombillénium, Gretchen, enrichi d’un cahier de huit pages d’entretien-présentation de la série et du film. De la fameuse couverture de Spirou (en 2008) où sont nés véritablement les personnages de Zombillénium, jusqu’au “clap de fin” du film, en passant par les péripéties budgétaires et de tournage et l’explication, justement, à l’éviction d’Aurélien, qui n’avait “pas assez de mordant”. Une bonne manière de mettre en perspective les différentes facettes de l’univers de Zombillénium.

    Par ailleurs, toujours dans cet accompagnement de la sortie du film, la Galerie parisienne Arludik propose une exposition inédites de dessins de production et de recherches graphiques du film. Arthur de Pins, Alexis Ducord et les characters designers et animateurs ont aussi dessiné, peint et créé des oeuvres uniques, hommage et clin d’oeil à leur film, notamment des aquarelles originales et des dessins d’études des personnages. Des oeuvres à voir (et à acheter aussi, pour les amateurs) jusqu’au 11 novembre.

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