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Posy Simmonds “Grand Boum 2020” de Blois

Suite au second confinement, le festival de bande dessinée de Blois n’a pas pu fêter cette année sa 37e édition. Mais il a néanmoins rendu son palmarès.

Posy Simmonds, “Grand Boum 2020”

Ces 20, 21 et 22 novembre aurait dû se tenir le 37e festival bd Boum à Blois. Comme pour toutes les autres manifestations de cet automne, un sacré virus et un reconfinement ont conduit à l’annulation de l’événement.

Mais l’association organisatrice de cette chaleureuse manifestation a continué son travail éducatif avec en organisant des rencontres d’auteurs et des ateliers itinérants dans 72 classes du département du Loir-et-Cher.

En parallèle, bd Boum a aussi édité deux ouvrages, On se reposera plus tard de Brigitte Luciani et Claire Le Meil (coédition Steinkis) – dont on reparlera plus largement plus tard – sur le fonctionnement d’une Maison d’accueil et de résidence pour personnes agées (MARPA) et Plaidoyer pour les histoires en forme de champ de blé et de flamme d’allumette soufrée, album collectif sous la direction de Frédéric Debomy (coédition PLG), “plaidoyer pour les œuvres en dehors des sentiers battus et pour une véritable place faite au dessin dans la bande dessinée“.

Et bd Boum a également rendu son palmarès 2020. Son “Grand Boum” a distingué cette fois pour l’ensemble de son oeuvre l’autrice britannique Posy Simmonds, autrice notamment de Tamara Drewe ou Cassandra Darke. On la retrouvera donc l’an prochain à Blois dont elle réalisera l’affiche 2021.
‌Le prix Jacques-Lob, remis chaque année à un-e scénariste est revenu à Lucie Durbiano et parmi les autres prix, on notera L’Oasis de Simon Hureau, “Prix Région Centre pour sa portée citoyenne”
L’oasis, Simon Hureau, Dargaud ou le reportage en immersion sur le porte-avion Charles de Gaulle par Titwane et Raynal Pellicer, prix décerné par le journal régional la Nouvelle République. Et le festival a également respecté la rituelle annonce des cinq finalistes du Grand prix de la critique ACBD.

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Enchères virtuelles mais “art books”-catalogues bien réels chez Daniel Maghen

Pendant le confinement, les affaires continuent. Notamment les ventes aux enchères de bande dessinée… virtuelles. Et leurs “catalogues”, véritables art-book qui le sont, heureusement, moins.

Le 12 novembre, Alain Huberty et Marc Breyne ont ainsi réalisé avec Christie’s une vente de 63 lots pour un peu plus d’un million d’euros. Avec notamment une planche originale signé Uderzo du Cadeau de César ayant atteint 170 000 euros.

Et ce jeudi 19 novembre, c’est la deuxième vente aux enchères bande dessinée et illustration organisée par Daniel Maghen Enchères et Expertises qui aura lieu à distance et uniquement en ligne. 160 lots qui ne seront, pour le coup, pas exposés et mis en vente à huis clos.

Autre intérêt, plus “éditorial” à évoquer cette vente ici : les catalogues. Depuis quelques temps déjà, ceux-ci prennent la forme, chez Daniel Maghen de vrais “art book”. C’est encore le cas cette fois, avec pas moins de 3 “catalogues-albums”, couverture cartonnée, dos carré (ou même toilé s’agissant du catalogue général) et qualité de reproduction digne de livres d’art.

Le catalogue général Bande dessinée & illustration – 19 novembre 2020 fait la part belle à Grzegorz Rosinski, à l’image de la superbe couverture originale du Grand pouvoir du Chninkel, mise en couverture. Un dessin à l’histoire rocambolesque, comme le précise Patrick Gaumer, donnée à l’éditeur, égarée ou volée puis finalement restituée des années plus tard à son auteur et aujourd’hui estimée à 70 000 – 80 000 euros !

L’ouvrage présente aussi une planche de cet album magistral – l’un des tous meilleurs one shot de l’auteur et une oeuvre toujours marquante de la bande dessinée : la planche 91 – celle de l’évasion des des chninkels de l’arène du cirque). Egalement présent, Thorgal, bien sûr, à travers notamment une planche du tome 1 de ses aventures.

Pour le reste, on y trouve un dessin d’Hergé, une dédicace de Gaston par Franquin ainsi que toute une série d’oeuvres – planches, couvertures originales ou dessins) signées Moëbius, Hermann, Gotlib, Pratt Batem, Brüno, Caza, Lepage, Loustal, Jacques Martin, Plessix, Joann Sfar, Tardi, Tibet, Yoann, Vance ou Yslaire. D’un grand éclectisme donc et, pour certaines accompagnées d’un commentaire érudit du journaliste et commissaire d’expo Didier Pasamonik.

A ce catalogue s’en ajoutent deux autres, spécifiques.

Le catalogue spécial Ralph Meyer pourrait presque, lui, presque prendre place aux côtés des récents beaux livres d’entretiens illustrés consacré à Jean-Paul Gibrat ou Jean-Marc Rochette, avec un long échange biographique réalisé avec le journaliste Thierry Bellefroid et un commentaire de l’auteur en exergue de chacune des oeuvres mises en vente (essentiellement des planches et dessins de la série Undertaker).

Très bien édité, avec des dessins pleine page, voire en double pages, cet ouvrage s’appuie aussi sur des commentaires techniques et contextuels pour chaque image, offrant une vraie richesse d’analyse sur le travail de Ralph Meyer.

Le catalogue spécial Manara, Crepax et Serpieri, réunit une trentaine de planches et dessins à dominante érotique – comme l’évoque de façon très suggestive sur la couverture Miel, l’héroïne du Parfum de l’invisible de Manara – se passe largement de commentaires, hormis un incipit de Daniel Maghen (rappelant, avec un peu de nostalgie, comment les planches originales de Manara mis en vente pour l’occasion sont passés de collectionneur en collectionneur) et une présentation synthétique des trois auteurs par le scénariste François Landon.

Très largement consacré aux dessins de Milo Manara, ce catalogue permet de voir des originaux de divers oeuvres de l’auteur italien: le Parfum de l’invisible donc, mais aussi Le Déclic ou les moins connus Gulliveriana, Guiseppe Bergman ou Le Gaucho. A la marge, on retrouve quelques planches de Crepax (Histoire d’O et Bianca) ainsi que d’autres de la toujours très sensuelle Druuna de Serpieri.

A défaut donc d’avoir les moyens d’enchérir – par internet ou en envoyant ses ordres d’achat par mail – pour des mises à prix allant de 1500 € (pour une planche originale des Chroniques de la Lune noir d’Olivier Ledroit) jusqu’à 80 000 € (pour le dessin d’Hergé ou la couv du Chninkel), ces trois albums permettent aussi d’apprécier le travail de tous ces auteurs. Et pour un prix nettement plus modique de 20 € à 30 €.

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Festival d’annulation des manifestations autour de la bande dessinée

On s’en souviendra de cette “année de la bande dessinée 2020”. Pas de bol, pour une fois qu’une reconnaissance officielle notable était apportée au “9e art”, il a fallu qu’un pernicieux virus vienne perturber les réjouissances, annulant successivement les grandes manifestations prévues dans ce cadre et les autres rendez-vous rituels du genre.

Fin septembre, on a ainsi eu la confirmation que le Festival d’Angoulême 2021 était annulé (du moins dans sa forme “présentielle”, selon le néologisme hélas à succès du moment).

Plus proche, en cette seconde quinzaine de novembre, ce sont deux autres festivals attachants qui n’auront pas lieu.

Pas de festival, mais une remise de prix à BD Boum Blois

Une lecture rétrospective donne un côté prémonitoire au dessin d’Emile Bravo, affiche du festival BD Boum de Blois de cette année: le pont est coupé et il ne sera pas possible de rejoindre la manifestation du Loir-et-Cher, lors du week-end des 21 et 22 novembre. Pas à cause des stukas nazis mais du confinement induit par la bataille contre le Covid-19.

Après plusieurs tentatives de reconfiguration, les organisateurs ont dû, comme les autres, admettre que le 37e festival de bande dessinée n’aurait donc pas lieu.

En revanche, les expos programmés autour de ce rendez-vous seront accueillies à la Maison de la BD dès sa réouverture. Le grand escalier monumental Denis-Papin, décoré aux couleurs de Mickey de Régis Loisel “est visible lors de votre déplacement quotidien d’une heure” et les différents prix seront annoncés sur le site et les réseaux sociaux, samedi 21 novembre à 19 heures.

Le Salon du livre de Creil remis à fin mars

Autre rendez-vous littéraire, plus général, mais donnant un éclairage accentué sur la bande dessinée lors de ses dernières éditions: le Salon du livre et de la bande dessinée de Creil, dans l’Oise. Celui-ci devait tenir son 40e édition durant ce même week-end des 21 et 22 novembre. Une édition anniversaire qui mettait justement le dessin et l’image à l’honneur à travers le choix du thème de “l’Art” et d’une affiche évocatrice de Xavier Coste (primé l’an passé, en BD, pour A comme Eiffel).

Côté bande dessinée, le festival annonçait notamment deux table-rondes sur, justement, « La BD, le 9ème des Arts » avec Olivier Berlion, Serge Le Tendre et Timothée Leman, ainsi que « Quand la BD évoque les artistes », avec Alice Chemama (dessinatrice des Zola), Xavier Coste (auteur d’Egon Schiele ou Rimbaud l’indésirable) et David François (pour son récent Chaplin en Amérique). Et d’autres auteurs étaient annoncés en rencontres-dédicaces, dont Dawid, Renaud Dillies, Erroc, Kokor, Greg Tessier, etc.

Accusant le “coup dur pour la culture, et en particulier pour le monde du livre que nous représentons. Un monde pourtant indispensable pour combattre la barbarie, lutter contre l’obscurantisme et tenter, coûte que coûte, de faire société“, les organisateurs ont décidé de reprogrammer ce festival du 26 au 28 mars 2021.

Et, comme le dit encore Sylviane Leonetti, directrice de La Ville aux livres, l’association organisatrice: “Tentons de faire en sorte que cette épreuve, que nous traversons tous, soit source de recommencement, de résilience. La Culture est « consubstantielle » de notre Liberté. Et parce que le livre et la lecture sont et demeureront des socles incontournables pour bâtir une démocratie libre, nous allons prendre ensemble un nouveau départ. Espérons de tout cœur que la situation sanitaire nous permette de poursuivre cet engagement.

Des propos et un souhait qui peuvent être généralisés pour tous les salons.

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Rahan prend ses quartiers d’été à Compiègne

Rahan et la Préhistoire s’exposent au musée Vivenel de Compiègne, à compter de cette mi-juillet.

Dans le cadre de l’ouverture récente de sa nouvelle salle dédiée à la Préhistoire, le musée d’art et d’archéologie Antoine-Vivenel de Compiègne propose cet été une exposition autour de l’un des personnages les plus populaires de la bande dessinée française : Rahan.

Pour fêter l’anniversaire des 50 ans de la naissance de cet héros iconique de Pif Gadget, cette exposition, organisée en collaboration avec la galerie Huberty & Breyne, rassemble une sélection d’une quarantaine de planches originales de Rahan réalisées durant la décennie 1969-1979. Une expo à voir du 18 juillet au 31 octobre.

A travers l’oeuvre de Rahan, c’est la période de la Préhistoire qu’il nous est proposé de parcourir. En s’appuyant sur les aventures de ce personnage de fiction, les principales inventions qui ont accompagné l’évolution de l’humanité seront présentées, l’environnement des hommes préhistoriques exploré, sans oublier les enjeux de la société des années 1960 et 1970, qui se mêlent fréquemment au récit, dans cette série de référence.

Des objets issus des collections du musées viendront accompagner les planches. Et Jean-François Lécureux, fils de Roger Lécureux (le créateur de Rahan) qui a repris les scénarios du héros des âges farouches sera présent le week-end des 3 et 4 octobre.

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La bande dessinée s’installe au Mémorial de la déportation à Compiègne

Le Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne s’ouvre de nouveau à la bande dessinée cet été. Avec cette fois deux expositions, toujours en lien avec la thématique du lieu et la Seconde Guerre mondiale. Prémices d’un temps fort à venir à l’automne

A l’automne dernier, la bande dessinée faisait son entrée dans l’enceinte du Mémorial de l’internement et de la déportation de Compiègne, à travers une belle exposition Stalag II-B de Tardi (et la venue de l’auteur). Après cette première initiative réussie, le mariage paraît se poursuivre sous les meilleurs auspices.

En lien avec “2020, l’année de la BD”, initié par le ministère de la Culture, le Mémorial proposera cet été deux expositions en parallèle, toujours en lien avec la Seconde Guerre mondiale et la thématique du lieu. Et toutes deux visibles du 18 juillet au 31 octobre.

Le “Rapport W” et “La Déconfiture” à partir du 18 juillet…

Premier angle, “le Rapport W, infiltré à Auschwitz”, autour de l’album de Gaëtan Nocq, racontant cette histoire aussi réelle que stupéfiante d’un emprisonnement volontaire d’un résistant polonais au camp d’Auschwitz. De ces 947 jours d’enfer de Witold Pilecki, capitaine de cavalerie, membre de
l’Armée secrète polonaise, une trentaine de planches originales et les carnets préparatoires de l’auteur seront exposés, en partenariat avec la galerie Daniel Maghen.

Comme le note le Mémorial dans sa présentation, “L’univers graphique très personnel de Gaétan Nocq mêle à la beauté onirique de ses dessins la précision clinique de l’enfer concentrationnaire nazi qui est décrit au travers de l’histoire vraie de ce héros de la Résistance polonaise“.
Cette exposition sera l’occasion pour le Mémorial de l’internement et de la déportation de rappeler
la place du travail forcé au camp de concentration d’Auschwitz I pour les prisonniers politiques, vers lequel des milliers d’internés de Compiègne ont été déportés, et qui fut distinct, dans un premier temps, du camp d’extermination d’Auschwitz II.

Seconde expo, dans l’air du temps en cette année du 80e anniversaire de 1940, La Déconfiture, d’après le diptyque de Pascal Rabaté consacré à la débâcle du printemps 1940 vue à travers le destin d’un pauvre “bidasse”. L’exposition présentera les planches originales – et pour certaines inédites – de sa série publiée de 2016 à 2018, ainsi qu’un ensemble de planches d’étude.

La encore, un lien peut vite être fait avec le Mémorial de Compiègne, puisque cette période du printemps 1940 est aussi celle de la mise en place dans l’urgence par l’armée allemande des camps de prisonniers, d’abord de fortune, puis au sein de Frontstalag, comme ce sera le cas à Compiègne avec le Frontstalag 170, avant leur transfert vers l’Est.

… Et un festival de bande dessinée historique en octobre

Pour les deux expos, des objets issus des collections du Mémorial de Compiègne et d’autres institutions patrimoniales viendront enrichir les différents parcours de visite, tout en faisant écho aux dessins exposés. Et cette implication du site va aussi se concrétiser, cet automne, par un autre événement: la première édition du festival « Traits de mémoire », organisé par le Mémorial de l’internement et de la déportation et auquel s’associe, cette année, le musée Antoine-Vivenel (qui expose cet été, pour sa part, des planches de Rahan).

Ce  festival mettra à l’honneur, tous les ans, la bande dessinée historique, en proposant des rencontres et des séances de dédicaces avec les auteurs exposés. En l’occurrence, Gaëtan Nocq et Pascal Rabaté seront notamment présents lors du week-end du 10 et 11 octobre.

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Emile Bravo entre dans l’histoire de Blois et celle de la débâcle de mai 1940

En 2019, le prix “Grand Boum – Ville de Blois”, qui consacre un auteur pour la qualité de son oeuvre, ayant été attribué à Emile Bravo, ce dernier se doit de réaliser l’affiche du festival suivant. L’auteur du Journal d’un ingénu vient de terminer son oeuvre.

On y retrouve, sans trop de surprise bien sûr, Spirou et Fantasio, en pleine débâcle de mai 1940… à Blois. Une affiche qui, au-delà de ses qualités historiques, est aussi une vraie illustration historique. Elle évoque en effet le pont Jacques-Gabriel, qui enjambe la Seine dans la préfecture du Loir-et-Cher, dynamité le 18 juin 1940 par les forces françaises afin de tenter de réduire l’avancée allemande.

Un dessin en tout cas en parfaite adéquation aussi avec les travaux en cours d’Emile Bravo.

Après son Journal d’un ingénu, qui montrait Spirou dans l’immédiat avant-guerre, il s’attache à raconter la guerre du jeune groom et de son ami Fantasio. Le second tome de cette saga, L’espoir malgré tout,  est paru à l’automne dernier. Une exposition lui sera consacrée, à la Maison de la BD de Blois et au Centre de la Résistance, de la déportation et de la mémoire de ville lors du prochain festival, du 20 au 22 novembre prochains.


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Un trio pour diriger le Festival d’Angoulême

C’est un trio qui a été désigné pour succéder à Stéphane Baujean (parti en mars dernier aux éditions Dupuis) à la direction artistique du festival international de bande dessinée d’Angoulême.

Sonia Déchamp
Frédéric (Franky Baloney) Felder
Stéphane Ferrand

Après la période exceptionnelle du coronavirus, Angoulême fait le pari de “l’intelligence collective” et met donc en place une direction artistique collégiale. Sonia Déchamps s’occupera du domaine de la jeunesse, Fréderic Felder de la bande dessinée francophone et Stéphane Ferrand pour le domaine manga-Asie. Quant au reste du monde (Comics US, bande dessinée africaine) et aux autres genres, ils seront suivis collectivement par les trois nouveaux responsables.

Fédérés au sein d’un Comité Artistique, ils agiront en lien avec le Délégué Général, Franck Bondoux, et ce en toute indépendance dans leurs choix programmatiques. Un process d’interface sera défini afin de fluidifier la relation avec les interlocuteurs du Festival concernés par les questions artistiques” assure  le communiqué de presse diffusé cet après-midi pour annoncer la nouvelle.

Au-delà, l’idée est “d’adapter la Direction Artistique du Festival au développement exponentiel qu’a connu la bande dessinée au cours des dernières décennies“. Et déjà de mettre sur pied la prochaine édition, prévue du 28 au 31 janvier 2021.

Une journaliste, un éditeur… et Franky Baloney

Formée à la radio (Europe  1, puis le Mouv’ et désormais France Culture), Sonia Déchamps collabore également aux Cahiers de la BD et à Casemate, et anime des rencontres littéraires dans différents salons et festivals, dont le cycle Les jeudis de la bande dessinée au centre Pompidou. Comme autrice, elle a collaboré avec Alain Kokor dans La Revue Dessinée et publié Sumographie avec David Prudhomme (le travail sur les sumos que l’on avait notamment pu voir l’an passé à Amiens). Habituée du FIBD, Sonia Déchamps animait en 2019 et 2020 la webtélé du festival et avait par ailleurs en charge, en janvier dernier, de la programmation du quartier BD-Ciné-Séries.

Stéphane Ferrand, lui, a accompagné l’arrivée du mangas en France depuis le début des années 1990 (bref, depuis quasiment le départ, donc). Libraire, journaliste (à AnimeLand ou Le Virus Manga), il a été également co-auteur d’un livre sur le manga “Le Manga” (Milan éd., coll. Essentiel) et rédacteur pour le dictionnaire encyclopédique du manga en France (Fleurus).
Engagé dans l’édition, il créé en 2006 les collections Kanko et Dragons (Milan éd.), puis a dirige l’éditorial manga chez Glénat. Depuis 2015, il gère la maison d’édition de manga Vega, dont il est le créateur.
On lui doit aussi le premier espace manga du festival d’Angoulême en 2005 et il organise et programme les activités de l’espace Manga City depuis, assurant notamment des commissariats d’expositions (Fairy tail, Tsutomu Nihei…).

Enfin, troisième tiers du trio et peut être le plus surprenant à ce poste, Frédéric Felder est un “local de l’étape” puisqu’il habite en Charente. C’est aussi l’un des piliers de la maison d’édition indépendnate (et pas mal déjantée) des Requins marteaux… où il est plus connu sous l’illustre pseudonyme moustachu de Franky Baloney et fut à la tête de la célèbre revue Ferraille. Il se définit avant tout comme un amoureux de la bande dessinée. Et puis, quelqu’un qui a eu l’un des rôles principaux de Villemolle 81 (de Vincent Paronnaud, alias Winshluss) ne peut être qu’un homme très estimable !

 

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La bande dessinée est quand même au rendez-vous d’Amiens ce week-end.

Les 25e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens ayant dû être annulés, à cause du coronavirus, le festival se transpose néanmoins ce week-end sur le web… mais aussi en ville.

Une partie de l’équipe du festival en situation, devant le chalet Place Gambetta (photo On a marché sur la bulle)

 

Ce vendredi aurait dû être celui du coup d’envoi des 25e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, sur la lancée des deux précédentes éditions à la Halle Freyssinet. Un virus mondial, digne d’une bonne dystopie d’anticipation aura contraint à l’annulation du festival.

Mais, ces 6 et 7 juin, la bande dessinée sera quand même au rendez-vous, à Amiens. Ce sera même la première manifestation “post-confinement” dans la ville. Certes dans une configuration inédite… mais dont certains aspects pourraient amener une forme de diffusion à conserver.

Une présence physique dans la ville

La manifestation sera présente, a minima, “physiquement” en ville, avec un de ces chalets symboliques installé place Gambetta. Là, des bénévoles offriront des affiches de cet étrange festival. Celle, magnifique, d’Alexandre Clérisse, qui a confiné avec humour une bonne douzaine de héros du 9e art, et celle, plus jeunesse et pleine de tendresse, de Dav – qui illustre le cahier spécial “mag des jeunes”, avec des coloriages mais aussi des leçons pédagogiques et ludiques sur la BD. Car, l’association On a marché sur la bulle, organisatrice du festival amiénois a réalisé cette année, en quelques semaines, un magazine de 54 pages, nourri de dessins et de textes de pas mal d’auteurs qui auraient dû être présents à la manifestation.

Un vrai magazine de 54 pages, réalisés avec des contributions inédites de la plupart des 86 auteurs de BD initialement invités cette année à Amiens. Disponible en ligne… et diffusé en ville dans sa version papier.

Plus que le traditionnel “programme”, il s’agit là d’une vraie revue, associant des dessins sur le ressenti du confinement (avec, pour ne citer qu’elle, une belle bande dessinée allégorique de Dawid, sur la manière de contenir ce satané virus), mais aussi des évocations variées de la ville d’Amiens et de son festival de BD. Plusieurs membres de l’association y vont aussi de leur réflexion et Thierry Smolderen (le complice d’Alexandre Clérisse notamment sur Une année sans Cthulhu, l’été Diabolik ou l’Empire de l’Atome) expose sa théorie du “stéréo-réalisme”, sur le sentiment d’immersion éprouvé à la lecture de certains romans et albums de bande dessinée.

Egalement offert ce week-end, ce magazine des “Rendez-vous 2020”, tiré à 100 000 ex sera aussi diffusé dans toutes les boîtes aux lettres des foyers amiénois la semaine prochaine. Une manière d’ancrer la présence de la bande dessinée et d’en diffuser pédagogiquement les possibilités et les richesses.

Un festival en ligne

La deuxième dimension du festival sera, elle, virtuelle, à travers des cours de dessins, des vidéos de création, des interview et des rencontres et table-ronde. Un “festival qui s’invite chez vous” diffusé sur les réseaux sociaux et le site de l’association On a marché sur la bulle.

Lancement de l’opération – comme, traditionnellement, le festival en temps normal – ce vendredi à 18 heures. Avec un discours introductif du président de l’association, Thierry Cavalié, suivi par une “battle de dessins” en direct avec David Périmony, Olivier Frasier, Greg Blondin et Hardoc.

Demain, samedi 6 juin, Valérie Mangin (prolifique auteure des Chroniques de l’antiquité galactique ou d’Alix Senator) et Denis Bajram (Universal War) fortement impliqués sur le sujet interviendront sur le statut des auteurs (à 11 heures), puis les bénévoles feront part de leurs “coups de coeur” BD dans des mises en scène parfois étonnantes (à 13 heures). L’après-midi se poursuivra avec des “cours” à la fabrique de la bande dessinée par Laurent Lefeuvre (Fox Boy, l’artbook Atelier Workshop…) ou Dav, mais aussi un dessin un live réalisé par Aude Mermilliod (15 heures) et un entretien avec Cyril Pedrosa, l’auteur de l’Âge d’or (dont le second tome, qui devait sortir en avant-première à Amiens est repoussé à novembre) et parrain des 25e Rendez-vous d’Amiens… de 2021 donc.

Dimanche 7 juin, ce sera au tour de Catel (Le Sang des ValentinesKiki de Montparnasse…) de proposer la réalisation d’un dessin en live et d’accorder une interview (10 heures). à 14 heures, Thomas Priou et Marc Lizano, deux auteurs bien connus notamment des Editions de la Gouttière donneront des cours de dessin. Et à 16 heures, Dav fera une lecture en langue des signes de son album Sous les arbres – L’automne de Monsieur Grumpfh. Avant de nouveaux coups de coeur des bénévoles (à 18 heures).

Et durant tout le mois de juin, la page Facebook d’On a marché sur la bulle diffusera d’autres vidéos de dessinateurs et dessinatrices, des interviews interactives et bien d’autres choses.

le beau chalet du festival, installé place Gambetta, en centre-ville, côté face…

 

… et du côté du côté, avec un beau dessin de Dawid.
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Kiki ressurgit à la galerie Barbier

Mais où est Kiki ? Ceux qui ont apprécié la reprise des aventures de Tif et Tondu par Blutch et son frère Robber connaissent déjà la réponse. Mais, pour deux mois, Kiki est aussi à la Galerie Barbier, à Paris. Ou, plus précisément, en ces temps de confinement, en ligne sur le site de la galerie, pour une première expo uniquement virtuelle.

L’exposition présente une sélection de plus de 100 planches et dessins de et autour de l’album ainsi que des extraits de “L’antiquaire sauvage”. Pas de quoi remplacer un vrai contact avec les planches, mais une restitution permettant de percevoir en tout cas le dynamisme et la beauté singulière du trait de Blutch.

Et pour ceux qui seraient à Paris (ou dans un rayon de 100 km… jusqu’à nouvel ordre), les planches sont exposées depuis cette fin mai jusqu’au 20 juin.

La planche 75 de “Tif et Tondu – Mais où est Kiki ?” Original à l’encre de Chine et gouache blanche sur papier
29,7 x 42 cm. En vente 6000 euros
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La bande dessinée donne des Rendez-vous virtuels (et physiques) en juin à Amiens

Les 25e Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens auraient dû se tenir les 6 et 7 juin prochains. S’ils sont annulés, comme toutes les grandes manifestations prévues ce printemps et cet été, la bande dessinée sera quand même présente à Amiens, en juin avec un “autre festival de l’autre ville de la bande dessinée”

Dans quelques semaines, les auteurs qu’on se faisait une joie recevoir à la Halle Freyssinet et dans la ville d’Amiens seront rassemblés autour de créations originales, textes, dessins, pages, vidéos, jeux et activités à découvrir sur notre site, sur les réseaux sociaux et dans les pages imprimées d’un journal collector des Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens 2020, révèle ainsi Pascal Mériaux, directeur de l’association On a marché sur la bulle, organisatrice de l’événement, sur sa page facebook. Nous vous y parlerons des livres qu’on avait envie de vous faire découvrir, de ces artistes qui nous ont donné envie de créer une manifestation en 1996, et qui nous donnent chaque année de partage inlassablement nos coups de cœur de lecture, nos coups de cœur graphiques, nos coups de cœur amicaux.”
L’idée est donc de faire exister un temps fort BD dans la ville lors du premier week-end de juin. Cela devrait se traduire par plusieurs actions.

Un journal du festival avec les 86 auteurs invités

Tout d’abord, les 86 auteurs prévus au festival 2020 vont être invités à proposer des dessins inédits, des strips, des planches, mais aussi des textes ou des interviews vidéo sur leur rapport avec le festival d’Amiens ou le contexte actuel. Toute cette production alimentera un “journal des Rendez-Vous BD d’Amiens 2020”, sous forme papier et numérique, qui pourrait être diffusé en toutes boîtes aux lettres dans Amiens et présent chez les commerçants habituellement partenaires du festival.

En effet, souligne le document présentant le projet, “Être présents physiquement, ne pas se limiter au virtuel est pour nous primordial pour faire vivre la bande dessinée, d’une part et pour ne pas tomber dans la surenchère de propositions virtuelles d’autre part (avec le risque de saturation qu’elle comporte)“.

Web et réseaux sociaux seront néanmoins de la partie, en complément de diffusion des formats numériques récoltés dès le week-end des 6 et 7 juin avec un temps fort animé par l’équipe, et au-delà tout au long du mois de juin.

Et c’est Alexandre Clérisse (l’un des dessinateurs phare invité du défunt festival 2020, auteur notamment de l’Empire de l’Atome ou de l’été diabolique) qui réalisera l’affiche de cette proposition alternative – dessin qui sera également la couverture du journal.

L’affiche des Rendez-vous de la BD 2020 (qui ne sont donc pas les 25e mais le premier à venir chez nous), signée Alexandre Clérisse.
Une présence visuelle en ville

Autre idée, si les conditions le permettent, l’association la bande dessinée aimerait que les Rendez-vous soient présents, visuellement, comme les années passées, à travers des affiches dans les vitrines et sur les panneaux publicitaires, des banderoles dans la rue des Trois-Cailloux, etc. A cet effet, l’association proposera aux commerçants de mettre leurs vitrines aux couleurs de la bande dessinée en leur distribuant des packs gratuits (stickers pour vitrines, affiches, goodies…).

Cette initiative répond à notre souhait de faire vivre visuellement et physiquement la bande dessinée en ville. Elle interviendra dans un contexte de première phase de déconfinement qui aura sans nul doute besoin de vitalité, de couleur et de gaieté”, souligne On a marché sur la bulle qui vise particulièrement les quatre librairies indépendantes d’Amiens, “maillon de la chaîne du livre terriblement fragilisé par le confinement et la fermeture des commerces“.

Les bénévoles sollicités

En parallèle, les 120 bénévoles habituellement mobilisés sur la manifestation ont été sollicités pour proposer des chroniques d’albums, leurs coups de cœur dans la production des auteurs invités, mais aussi des animations jeunesses, des vidéos de lectures…

Des prix remis 

Temps forts habituels des Rendez-vous, les différents prix des concours scolaires seront quant à eux également remis. Avec des modalités inédites.

Le Prix Bande Dessinée des collégiens de la Somme et la BD c’est Woua’z (pour les collégiens de l’Oise) a été décernée cette année, par les élèves des deux départements à Amazing Grace de Ducoudray, Bessadi et Alquier.

La remise du prix de la Somme aura lieu en visio-conférence entre les auteurs et certains jeunes du projet jeudi 4 juin à 14 heures, avec diffusion sur les réseaux sociaux. Celui de l’Oise sera remis le jeudi 11 juin, dans des conditions similaires.

Le Prix Révélation Bande dessinée des lycées techniques, professionnels et agricoles des Hauts-de-France (30 lycées concernés, une sélection de 9 titres, 7 mois de travail dans chaque classe) se poursuit dans le cadre de la continuité pédagogique. Le lauréat sera connu prochainement, et le prix remis officiellement dans le cadre d’une vision-conférence et jeunes concernés par le projet, à une date à préciser.

Des pistes pour l’édition 2021

D’ores et déjà (sauf nouvel impondérable majeur, mais positivons…), l’édition 2021 du festival est fixée aux 5 et 6 juin, toujours à la Halle Freyssinet. L’idée est d’y retrouver la majorité des auteurs invités de l’édition 2020.

D’ici là, On a marché sur la bulle entend continuer à faire la promotion de la BD et à soutenir ses auteurs, grâce notamment aux Rendez-vous de la Bande Dessinée des Hauts-de-France qui alimenteront cette année de la Bande Dessinée (exceptionnellement prolongée jusqu’en juin 2021).