Comme par hasard

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    Là où il n’y a pas Jane, il n’y a pas de plaisir. (photo Dennis Amith sous CC)

    Tant pis, je balance. Ras-le-bol du politiquement correct ; fi de l’autocensure ! Je vous livre sans crainte de représailles les prénoms des huit zozos qui répondaient d’une série de braquages, la semaine dernière, aux assises de l’Oise : Alexandre, Romaric, Allan, Dylan, Christophe, Emmanuel, André et Gérard.

    Vous avez bien lu : comme par hasard, autant de noms de baptême qui fleurent bon l’Europe occidentale, la Gaule, le Pays-de Galles et le nouveau testament. Après ça, on nous soutiendra encore qu’il n’y a pas un problème avec ces gens-là. Les débats, à cet égard, furent édifiants. On y apprit que cette frange de la population, ces parasites, au contraire d’un Ali ou d’un Ahmed qui dès potron-minet vend des légumes sur nos marchés, se lèvent à pas-d’heure, passent leurs après-midi devant la Playstation et, le soir, s’amusent à brûler les voitures des bons travailleurs. Et que dire de leurs femmes ou petites amies ? Elles s’expriment dans un sabir invariablement ponctué d’un “‘me casse les couilles» que la morale comme l’anatomie réprouvent. Pour la plupart, elles arborent des tatouages, autant de signes ostentatoires dont leur libre arbitre, soi-disant, aurait accepté l’épidermique gravure. Remarquez, ceux-là ont quelques excuses : ils sont de Noyon. Avant d’être la ville du shit, elle fut la patrie de Calvin, dangereux extrémiste qui enjoignit les Genevois de brûler les sorcières ; acteur de guerres civiles qui ravagèrent le vieux continent cinq siècles avant que chiites (on y revient…) et sunnites missent à feu et à sang le Levant.

    Si je me laisse aller au persiflage, c’est que dès qu’un Rachid comparaît au correctionnel, il se trouve toujours un apôtre sur Facebook pour remarquer l’origine exotique de son patronyme ; jamais quand Pierre, Paul ou Jacques sont convoqués à la barre. Or, du haut de mes vingt-cinq ans de carrière, je peux le jurer : il n’y a pas de gêne de la délinquance, ni de couleur du crime, ni de religion du mal. Juste de la bêtise, de l’ignorance et de la misère.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

    • Voir les commentaires

    • Stephane DAQUO

      un visionnaire ce Tony.
      L’anti MÉNARD avant l’heure.
      Mais c’est bien aussi de rétablir la réalité.

    • M.B

      Un “persiflage” qui fait du bien dans l’océan de bêtise.

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