Elle n’aime pas les fleurs

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    Dites-le avec des fleurs ? Non, méfiez-vous plutôt des expressions toutes faites. (Lori Branham sous CC)

    Si on laisse faire Sébastien, dans dix minutes, il va se constituer partie civile et demander des dommages et intérêts à Laurence. Il faut se pincer pour vérifier qu’il est bien accusé de violences conjugales et que la jeune femme est une victime.

    Laurence n’est pas “une oie blanche” d’après sa propre avocate. Elle tape à l’héro “de manière récréative” – vraiment ? L’héroïne, ça peut être un loisir ? Comme le macramé ou la philatélie ? – elle boit de la bière et ses gamins sont intenables.

    Sébastien confirme : “Tous les jours, c’est six ou sept bières. Ses gosses, elle a beaucoup de problèmes avec, c’est des insultes, c’est nin-nin-nin”, résume-t-il dans le plus pur style racaille. “Entre eux c’est l’amour vache”, résume l’avocate de cet homme de 35 ans, déjà condamné douze fois.

    “Ce n’est pas parce qu’il me fait du mal que je ne l’aime pas”, reconnaît Laurence. Lui était bien obligé de l’aimer, vu qu’il était bloqué chez elle par un bracelet électronique ! La plus grosse violence a été commise le 14 février 2015. Pour la Saint-Valentin, il lui avait offert un bouquet, “et moi, je n’aime pas les fleurs”, concède Laurence. Le ton a monté et il a fini par la pousser dans les escaliers. “Tu vois ce que tu me fais faire” lui a-t-il demandé, fidèle à son habitude de victimisation. Elle a eu trois mois d’arrêt de travail. Le 19 octobre, une gifle et des coups de poing sont les coups de trop : “J’en ai eu marre d’être rabaissée et maltraitée”.

    Sébastien est condamné à neuf mois ferme et envoyé le soir même en taule. “Je n’ai rien fait, clame-t-il, sûr de lui dans son survêtement rouge et blanc du Bayern de Munich. En fait, tout ça est arrivé quand je lui ai annoncé que je la quittais. Comme par hasard…”

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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