Ils ont osé ! (1/3)

    Parce que c’est la fin de l’année et que l’on refuse de geindre au moment d’établir le bilan de douze mois faits de meurtres, de viols, de violences et d’escroqueries, voici quelques phrases et situations prises à la volée dans la salle d’audience. Elles nous font dire que, tant qu’il est capable de sourire et de faire sourire, l’homme n’est jamais irrécupérable

    Trop tard !
    Le 6 mars, à Amiens, le président Manhes s’attelle à la personnalité du prévenu en commençant, comme le veut la loi, par son passé délinquant : “Alors monsieur, le casier judiciaire… Dix-sept mentions…” Tout de suite, le prévenu, Khaled, lève la main en signe d’interruption : “Non ! Faut pas les lire !”

    Reine d’un jour
    Le 26 février, dans la même salle d’audience, Brian justifie pourquoi il avait volé la Megane des gendarmes d’Albert : “Je voulais faire une vidéo sur YouTube mais je n’avais pas de caméra”. Ce qui rappelle irrésistiblement une blague polonaise, du temps de la dictature communiste : «Si j’avais du jambon, je me ferais bien un sandwich mais je n’ai pas de pain”.

    Une synthèse
    Le 26 février, pour établir l’intelligence de Frédéric, 38 ans, l’enquêteur social lui demande qui est le président de la République. Réponse : “Euh… François Sarkozy ?”

    Philosophe
    Le 28 février, Roland explique pourquoi il ne répond jamais aux convocations : “Quand je reçois des courriers je les jette : on apprend toujours des mauvaises nouvelles”.

    Pas gagné
    Le 23 mars, aux Assises de la Somme. Première question de la présidente : “Vous êtes né quand ?” Réponse : “À Amiens”. Le chroniqueur : “Ça va être long…”

    La multiplication des vins
    Le 30 mars, un prévenu justifie pourquoi les policiers l’ont retrouvé ivre mort : “J’avais arrêté de boire, on devait prendre du cidre à deux degrés pour arroser ça. Y’en avait plus alors on a pris sept bouteilles de mousseux”.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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    • Jessica

      Parfois, on se demande bien ce que les gens ont dans la tête. Il y a des personnes qui arrivent à faire des choses bizarres sans se soucier des conséquences de leurs actes.

      Jessica du site http://www.extraitdecasierjudiciaire.com/

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