Joyeuse Sainte-Catherine

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    Sainte Catherine, priez pour elle. (photo William Murphy sous CC)

    C’était la Sainte-Catherine avant-hier. On espère qu’elle fut douce pour une petite fille en particulier. Le tribunal d’Amiens se demandait mardi si Cédric, qui fut son éphémère beau-père, a violenté son petit frère, un autre jour de fête, le 25 novembre 2009. L’affaire est tout sauf claire, au point que le tribunal a ordonné un complément d’information.

    En attendant résonnent dans nos oreilles les mots de la petite de 6 ans décrivant le calvaire de son frère, âgé de 3 ans. “Cédric, il frappe très souvent Benjamin, quand il ne veut pas dormir, et revient faire un câlin à maman dans le salon. Moi aussi, il me frappe quand je protège mon petit frère. Maman n’a pas assez de force pour protéger Benjamin alors c’est moi qui le fais. Quelquefois aussi, Cédric met Benjamin au coin pour toute la nuit. Alors j’attends que Cédric dorme et je vais prendre mon frère. Après je dors en travers du lit, pour le protéger.”
    Le soir du 25 novembre 2009, Benjamin est revenu dans le salon… “Cédric l’a ramené dans sa chambre et puis on a entendu un grand boum”, se souvient la petite. Les photos du petit garçon, prises une bonne semaine plus tard, font froid dans le dos : des hématomes, des bosses, un œil au beurre noir digne de Mike Tyson. Cédric, huit mentions au casier, jure qu’il n’était plus avec la mère de Benjamin le 25 novembre. Pendant l’enquête, il a dit tout et son contraire, suggérant que le bambin avait pu tomber de son lit. “J’ai menti mais c’était pour faire plaisir aux policiers. De toute façon, si je dis la vérité, je pars en prison, alors…”
    Il n’avoue qu’un délit : le vol. Il a pris à la petite fille sa Nintendo DS et le jeu “Léa passion vétérinaire”. Rien que ça, c’est mal. On t’imagine, gamine, dans le taudis amiénois, pleurant ta console de jeu mais si heureuse que ton bourreau ait pris la porte. Depuis, ta mère a été condamnée pour défaut de soins. Tu es repartie chez ton père, Benjamin chez le sien. Tu ne peux plus le protéger. On espère que tu n’auras plus à le faire… Bonne Sainte-Catherine, ma puce. Elle protège les petites filles sages et tu l’es. Tu n’as pas eu le choix…

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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