Lolo ne tourne pas à l’eau

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    Faut pourtant avoir faim… (kellinahandbasket sous CC)

    Alain a tapé sur Laurence, c’est entendu. Qu’il se présente en larmes à l’audience de comparution immédiate ne changera rien à l’affaire, pas davantage que ses explications alambiquées où il est question d’un repas en retard, d’une dispute pendant une balade à vélo et du patron d’un kebab qui avait proposé un plan à trois.

    L’audience vaut pour le témoignage de celle qui a refusé de se constituer partie civile, «Lolo», petite femme blonde de 41 ans, aussi pétillante que les bières qu’elle s’envoie par pack de six. Addiction parfaitement assumée à la barre des victimes : “Oui, je bois, et après tout, ça me regarde, non ?” Et puis… “Je fais ce qu’il faut pour me soigner… Bon, pas trop en ce moment…”

    Elle a averti le juge : “Je vais vous expliquer. Ça va être un petit peu long mais tant pis, on y va !” Alors voilà : “Le problème avec Alain, c’est qu’il est jalousement maladif. Il s’est imaginé que le patron du kebab était mon amant, tout ça parce que je lui dis bonjour. Un homme de cinquante ans ! Non mais vous imaginez ? C’est n’importe quoi !”

    Ce fameux 12 octobre, à Camon (rue Casanova !), Laurence était «nickel», avec tout juste trois canettes de bière forte au compteur. Elle explique, elle explique… Et c’est embrouillé… Il est toujours question de ce fichu kebab, de la balade à vélo, de baffes dont témoigne Laurence et de coups de pied et poing dont – meilleure volonté du monde – elle ne parvient pas à se souvenir. Les voisins en ont pourtant témoigné mais elle a des doutes : «Je ne vous dis pas, cette histoire a déjà fait le tour du quartier”.

    Elle ne veut plus le revoir chez elle mais finalement, elle le défend bien, son Alain, quand elle témoigne que «c’est un papa comme ça, et puis il a un travail, et une jolie petite maison».

    Jugement : du ferme, mais pas trop. “Lolo” ne le reprendra pas.”Non, il faut que j’avance, que je pense à moi.”

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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