Prénom de nom !

    Il y a trois semaines, je me mettais en garde contre les idées préconçues sur les professions en général et celle d’huissier en particulier. Et les prénoms, dame !

    Prenez cette affaire. Deux dames sont prévenues de fausse attestation (elles seront condamnées à 500 euros d’amende avec sursis). Elles ont écrit au juge qu’une grand-mère ne méritait pas le droit de visite de ses deux petits-enfants, qu’elle réclamait à grands cris. Sous serment, elles ont attesté que l’aïeule s’était presque rendue complice de violences sur la personne de sa fille, dans une cage d’escalier du quartier d’Etouvie, à Amiens. Puis elles ont reconnu avoir tout inventé sous la pression qui d’une amie, qui de la famille de son concubin violent. L’affaire est très compliquée. Elle se déroule sur fond de querelle familiale entre fils, filles et concubins, à coups de « elle dit que je lui ai dit qu’elle m’avait dit mais c’est pas vrai, j’ai rien dit ». Bonne histoire, non ?

    A l’audience, la présidente évoque les prénoms des divers protagonistes : Vanessa, Jessica, Jennifer,  Sabrina, Mégane. Ce n’est pas beau à dire, je ne suis pas fier de moi, mais comme le reste de la maigre assemblée, je lève les yeux au ciel et je souris. Ce ne sera donc pas important… Au mieux j’en ferai une chronique du dimanche. Evidemment, avec un Gonzague et une Marie-Amélie, la donne eût été différente. On n’a pas les noms des mômes mais dans notre outrecuidance, on les imagine Jordan, Kévin ou Samantha. Certains disent que l’avenir d’un enfant se joue dans les premiers mois ; d’autres, plus optimistes,  repoussent le délai à l’entrée en maternelle. Et si tout se jouait dans le bureau de l’état-civil ?

    Tiens, j’y pense d’un coup : Tony, dans les années 70, ça ne sonnait pas un peu racaille ?

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !
    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    On est chez nous

    « On est chez nous » : je l’ai chanté de bon cœur dans les travées du ...

    Un homme à contretemps

    C’est l’éternel problème : quand un prévenu ne se déplace pas à l’audience, on ...

    Ils ont osé (bis) (Edition 2018, 2/2)

    Suite de notre pot-pourri des meilleures répliques entendues en 2018 dans les salles d’audience ...

    Mieux avant

    J’ai connu les derniers bals. Nous nous retrouvions au café du village avant de ...

    Un père perdu

    Victor, 10 ans, a deux particularités : il est plutôt grand pour son âge et ...

    En direct de la geôle

    Aux assises, quand les débats sont clos, la cour (magistrats et jurés) se retire ...