Marcel Lesur : 25 ans pour l’assassinat de sa femme (Appel de l’aisne)

    14/10/20

    Marcel Lesur, échangiste et possessif

    Hirson – Condamné en 2019 par la cour d’assises de l’Aisne à 22 ans de réclusion pour le meurtre prémédité de sa femme Clarisse, 28 ans, Marcel Lesur a fait appel. Le verdict est attendu ce jeudi soir.

    Marcel Lesur et Clarisse.

    En novembre 2016, le petit monde régenté par ce maçon au chômage, habitant de Guise, se lézarde de partout. Les trois plus jeunes de ses 12 enfants ont été placés en juillet pour de graves carences éducatives. Clarisse, sa femme, de 23 ans sa cadette, décrite comme fragile psychologiquement, a rejoint un foyer en août pour garder le contact avec ses enfants. « Au début, elle ne comprenait pas la mesure, elle répétait tout ce que monsieur disait. Puis on l’a vue se métamorphoser », se souvient une éducatrice. En ce mois de novembre, elle a pris sa décision : elle va divorcer.

    SEPT COUPS DE COUTEAU DONT UN AU CŒUR
    À 9 heures le 25 novembre, elle vient de déposer sa petite à la crèche d’Hirson. Elle remonte dans l’utilitaire du foyer quand Marcel bloque la porte. « Il lui a dit deux fois Pourquoi tu me quittes , se souvient l’éducatrice au volant. Je lui ai dit Monsieur, partez, vous n’avez rien à faire là . Il a sorti un sac-poubelle noir et il a fait des grands gestes. Il m’a fixé avec des yeux de fou. Je me suis sauvée ». « Votre phrase n’était-elle pas un peu violente ? » : Me Sylvie Racle, avocate de la défense, suscite les « oh » et les « ah » des parties civiles. Jusqu’à la présidente Brancourt qui lui demande de ne pas « malmener » le témoin.
    Car dans le sac se trouvait un couteau de 28 cm, que Marcel Lesur a enfoncé sept fois sous la peau de sa frêle épouse (1 mètre 56 pour 37 kilos). L’un des coups a transpercé le cœur. La veille, le mari avait cherché sur internet « Où se trouve le cœur », « Corps humain femme », « Côtes les plus fragiles ». On a vu des préméditations plus subtiles…
    « Il a interprété le placement de ses enfants comme une privation , analyse le psychiatre, qui a diagnostiqué une altération du discernement. Il s’est mis en tête que Clarisse couchait avec le directeur du centre maternel. S’il fallait la tuer pour la garder, alors il la tuerait. » La toute-puissance : c’était la marque de Marcel, qui s’est vanté pendant l’enquête d’avoir couché avec 1 200 femmes. Car c’est au lit qu’il exerçait son pouvoir.
    Ses deux premières femmes ont indiqué avoir été obligées de pratiquer l’échangisme sous ses ordres, à la maison ou en club, et avoir pris des coups quand elles ont refusé de coucher avec ses copains contre de l’argent. Aux deux, il a proposé des rapports sexuels avec un chien. L’une s’est soumise. Son propre frère, handicapé mental, a témoigné que Lesur les avait obligés, Clarisse et lui, à faire l’amour. « Sinon il lui cassait les pattes et il me renvoyait à l’hôpital, qu’il a dit. »
    Vu le tableau, 22 ans de réclusion semblent un moindre mal. Alors pourquoi interjeter appel ? « J’aimerais juste savoir comment ça a pu se produire » , a déclaré Marcel Lesur au début de son procès.
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    Vingt-cinq ans requis contre Lesur

    L’appel est un jeu dangereux… En 2019, à Laon, le ministère public avait requis vingt ans pour l’assassinat de Clarisse, 28 ans, à coups de couteau devant la crèche d’Hirson en 2016. Les jurés avaient trouvé le quantum si raisonnable qu’ils avaient alourdi la barque, condamnant Marcel Lesur, 55 ans, à vingt-deux ans de prison. Le mari meurtrier a contesté cette peine devant la cour d’appel d’Amiens. Or hier jeudi soir, l’avocat général a réclamé vingt-cinq ans.
    Hugues Weremme a retracé les « parcours parallèles » des trois femmes de Lesur, toutes trois soumises à l’échangisme, à la prostitution et à la zoophilie. « C’est un chasseur de femmes, un pervers sexuel. La femme est sa chose, un instrument au service de son plaisir », appuie Me Vignon, partie civile. Jusqu’à Clarisse, jeune femme fragile, mais qui se dégage enfin de son emprise dans le foyer maternel qu’elle rejoint en août 2016. Elle parle de le quitter : « Les portes de l’enfer s’entrebâillent mais pour lui, c’est insupportable. Il faut la détruire. Ce qui se passe à Hirson, c’est une exécution ! »
    « Non, une pulsion de panique ! » rétorque Me Racle en défense. Pour elle, il n’y a pas préméditation, mais altération du discernement, tant Lesur était miné par « un délire paranoïaque ». Et des « circonstances atténuantes » à chercher dans un passé « d’enfant battu au quotidien, à coups de fouet ou de baïonnette, poussé à 15 ans dans les bras d’une femme de 34 ans qui l’a initié aux partouzes ».
    Le verdict était attendu tard dans la nuit.
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    25 ANS POUR MARCEL LESUR EN APPEL

    Bébé Emilie

    Le verdict est tombé à 23 heures jeudi, devant la cour d’assises de la Somme : Marcel Lesur, maçon au chômage de Guise (Aisne), a été condamné à 25 ans de réclusion pour le meurtre de sa femme Clarisse, le 25 novembre 2016. Devant la cour, les deux premières épouses de Lesur ont confirmé ses déviances : échangisme et prostitution forcés, ainsi que zoophilie. En 2019, à Laon, Marcel Lesur avait été condamné à 22 ans. Exercice aléatoire que celui de l’appel… À Amiens, l’avocat général Werreme a réclamé 25 ans et il a été suivi à la lettre par les jurés. La peine est assortie d’une période de sûreté des deux tiers. Par ailleurs, Marcel Lesur est déchu de son autorité parentale sur les trois plus jeunes de ses douze enfants (ceux qu’il avait eus avec Clarisse).

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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