Ils ont osé ! (Edition 2017, 1/2)

    On s’est parfois pincé, encore, en 2017 dans les salles d’audience picardes. Car malgré les drames, les tribunaux sont aussi des lieux de rires, de sourires, de poésie (involontaire). De vie, quoi… Petit florilège (sauf mention contraire, ces perles ont été recueillies à Amiens)…

    « Il y avait du sang, c’était rouge partout, c’était Guernica » : d’un avocat général, le 17 janvier, qui a oublié que la célèbre toile de Picasso a été peinte… en noir et blanc !

    « J’ai rencontré un psychiatre qui était très psychologue » : d’un prévenu, le 30 janvier, à qui il n’aura pas échappé que l’analogie ne fonctionne que dans un sens.

    “Non, 34, ils se sont encore trompé !” : d’Abdelghani, le 31 janvier, à qui le juge venait de rappeler ses 32 mentions au casier. Bah, qui peut le plus peut le moins…

    « Je ne vais pas vous mentir, je n’aime pas Amiens, je n’aime pas la prison » : de Stéphane, Gamachois multirécidiviste, le 1er février. Ça ne l’empêchera pas de comparaître à nouveau début décembre…

    « Non, pas à ma connaissance » : d’un condamné très étourdi à qui la juge demandait, le 20 février, s’il avait déjà fait des tentatives de suicide.

    « Fallait mieux la ranger, sa moto, s’il voulait pas qu’on lui vole ! » : de Morgan, jeune voleur, à qui la juge répondra le 28 février : « Vous avez raison. Qu’est-ce que c’est que ces victimes qui ne prennent aucun soin de leurs affaires ! »

    « L’infirmité totale, c’est 100%. Mais là, on est mort », d’un expert plein de bon sens, aux assises de l’Oise, le 2 mars.

    « Je suis une star gate, la personne à dégommer », de Sébastien, le 14 mars, qui n’a rien d’une « porte d’étoile » mais se voit plutôt en « target » (cible). Quand on veut faire du genre avec des mots anglais, on révise avant l’audience…

    « Une erreur de jeunesse » : de Nacim, quand la présidente des Assises de l’Oise évoque ses onze mentions au casier judiciaire, le 15 mars. Une seule erreur, onze condamnations, c’est cher payé.

    « Vous pouvez taper dessus » : de la présidente du tribunal d’Amiens, qui, le 16 mars, parlait du micro, pas de la victime.

    « Pour éviter la casse. Un accident est si vite arrivé » : de Christopher, le 3 avril en comparution immédiate, pour justifier qu’il ne volait que des personnes âgées. Un sorte de principe de précaution…

    « Durex… Euh, dura lex sed lex » : d’une procureure d’Amiens, le 6 avril. Pour info, ses réquisitions n’ont pas capoté.

    « Je fais mes papiers et mes dents » : de Wilfried, à qui le juge demandait le 6 avril ce qu’il faisait de ses journées depuis sa sortie de prison.

    « Mets-la ta peine, ça me saoule » : de Michel au magistrat, le 5 mai.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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    • Ludwig Maurice

      Très bon!

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