L’affaire Lemaire : la femme fatale et les amants maudits

    18 juin 2012

    1 femme + 2 amants = 1 mort

    Les jurés de l’Oise jugent à partir de ce lundi Isabelle Lemaire, accusée d’avoir commandité l’assassinat par ses deux amants de son mari Jean-Luc, en novembre 2008.

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    Isabelle, mante religieuse, femme fatale, accro au téléphone rose.

    Le 10 novembre 2008, une femme éplorée se présente à la brigade de gendarmerie de Choisy-au-Bac, près de Compiègne. «Mon mari a disparu », annonce Isabelle Lemaire, née Bouchenez en 1977 à Noyon. Elle explique qu’il a quitté leur domicile de Longueil-Annel la veille, vers 19 heures, en compagnie de Frédéric Ricaux, un ami du couple qui vit chez eux depuis deux ans et demi. Elle dit que Lemaire a déposé Ricaux au camping de Carlepont où vit un autre ami, Alain Lanternier.

    D’emblée, ce dernier avoue coucher avec Isabelle, ce que nie en revanche Frédéric Ricaux. «Dès le début, on a eu des doutes sur la disparition », se souvient Pierrig Guennec, journaliste du Courrier picard à Compiègne. Après avoir diffusé l’avis de recherche lancé par les gendarmes, il s’est rendu à Longueil-Annel. «J’ai eu l’impression qu’Isabelle Lemaire en rajoutait. Elle insistait lourdement sur le fait que son mari était dépressif. » Notre confrère se souvient d’un «petit pavillon typique des lotissements. Une habitation modeste mais pas mal tenue. La femme avait un enfant dans les bras. Je lui ai demandé de l’écarter pour faire la photo. Il y avait aussi un homme. Un des deux amants. Je ne sais plus lequel… »

    Lanternier craque le premier

    «Un des deux » car Ricaux, ami d’enfance d’Isabelle, n’est pas qu’un colocataire. L’enquête va même révéler qu’il est devenu le maître à la maison, rabrouant le malheureux Jean-Luc qui ne peut que prendre acte de l’infidélité de son épouse, par ailleurs grande adepte des rencontres par téléphone (au moins deux de ses cinq enfants ne sont pas de son mari). «Jean-Luc l’appelait “l’intrus” », témoigne une de ses collègues à l’hippodrome de Compiègne.

    Ce n’est que la première d’une longue série de révélations qui attend les enquêteurs. Lanternier, le premier, craque le 26 novembre. Il explique que Ricaux a, devant lui, tué Jean-Luc Lemaire d’un coup derrière la tête puis a traîné son corps derrière un talus. Ricaux finit par confirmer plus ou moins : il a étranglé Lemaire à cause d’une réflexion sur les enfants. Avec Lanternier, ils l’ont enfoui dans la carrière de sable d’Attichy. Après de longues recherches, le corps sera en effet retrouvé le 12 décembre 2008.

    Quant à Isabelle Lemaire, elle servira un nombre impressionnant de versions. L’une d’entre elles glace le sang : elle reconnaît qu’elle a demandé à Ricaux de tuer son mari et explique que selon le récit de son amant, Jean-Luc, jeté dans un trou de sable, aurait repris connaissance et demandé : « Pourquoi vous me faites ça ? ». Avant que Lanternier et Ricaux ne rebouchent le trou.

    Saura-t-on réellement ce qui s’est passé ? C’est l’enjeu du procès qui commence ce matin, avec le risque évident que les trois accusés se rejettent la responsabilité du crime.

    18 juin 2012

    «C’était un véritable feuilleton»

    Le témoin : Emilie Da Cruz, journaliste au Courrier picard
    “On a su que le corps de Jean-Luc Lemaire était recherché entre Bitry et Attichy, dans une carrière de sable. Il faisait froid, il pleuvait. Au fur à mesure qu’ils cherchaient en vain, malgré les chiens et le matériel de travaux publics, les gendarmes nous ont laissé approcher. Puis tout a été bouclé quand ils ont trouvé le corps. J’ai rencontré la famille de la victime, notamment un de ses frères, quelqu’un de très digne avec qui j’ai établi une relation de confiance. Il était ulcéré que l’on dépeigne Jean-Luc Lemaire dépressif ou violent. Il voulait rétablir la vérité. Preuve de cette confiance: nous avions été autorisés à faire des photos à l’entrée de l’église, le jour des obsèques. C’est triste à dire, mais une telle affaire est intéressante à couvrir. C’était un véritable feuilleton.”

    19 juin 2012

    Le meurtre comme patate chaude

    Les jurés de l’Oise jugent depuis hier Isabelle Lemaire et ses deux amants pour la mort de Jean-Luc Lemaire. Chacun accuse l’autre.

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    Le bal des menteurs.

    “C’est pas moi c’est l’autre” : ce fut le tube de la journée aux assises de l’Oise, hier. Trois fois, on a entendu “non” quand le président Damulot a demandé aux accusés s’ils reconnaissaient les faits dont on les accuse.

    Non, Frédéric Ricaux n’a pas roué de coups puis étranglé Jean-Luc Lemaire, le 9 novembre 2008 à Attichy ; non, Alain Lanternier n’a pas tu la scène et contribué à brûler la voiture du mort ; et non, Isabelle Lemaire, maîtresse, entre autres, de ces deux-là, et femme du mort, n’a pas commandité ce crime. Sauf coup de théâtre, ce procès sera jusqu’à vendredi soir une partie de patate chaude, chacun tentant de rejeter sur l’autre la responsabilité du meurtre.

    “Car au moins une chose est sûre: Jean-Luc Lemaire ne s’est pas suicidé”, a tenu à rappeler, mi-ironique, mi-agacé, le président de la cour.

    “Ni meurtrier, ni assassin”

    Frédéric Ricaux est le principal accusé. “Je ne suis ni meurtrier, ni assassin” furent ses premiers mots hier. En 2008, il pesait 130kg et ne travaillait plus depuis presque un an, après avoir multiplié les emplois d’éducateur pour la jeunesse. Actuellement, âgé de 34 ans, après trois ans et demi en détention, il ne dépasse pas les 90 kg. Sa barbiche est de la même couleur sombre que ses cheveux en brosse; tous deux font ressortir sa chemise blanche. Sa tête dans les épaules et son regard fuyant ne l’avantagent pas.

    Il avait multiplié les emplois temporaires d’éducateur pour la jeunesse. Il affirme avoir rencontré Isabelle sur un forum de rencontres par téléphone. “Au début, ses enfants étaient ses neveux et son mari un voisin”, lâche-t-il, amer. Il comprend que le couple a quatre enfants, mais cela ne l’empêche pas de nouer une relation avec la femme et même de s’installer au domicile familial, d’abord à Guiscard, puis à Longueil-Annel. La cinquième enfant du couple, née en juillet 2007, est de lui.

    “Je pense que Jean-Luc ne se doutait de rien“, avance-t-il. Il ajoute : “J’attendais qu’Isabelle divorce. Malgré ça, j’appréciais Jean-Luc”. Isabelle affirme que Ricaux tapait sur les enfants, cognait sur le mari et avait même, un jour, tué le lapin domestique de la maison, d’un coup derrière la tête. Son fils aîné, sur le banc des victimes, acquiesce. “C’est faux, se défend Frédéric Ricaux. Un manche à balai lui est tombé dessus par accident.” Le président Damulot grimace: “Dites, il était en fonte, votre balai ?”

    20 juin 2012

    L’étau se resserre autour des amants diaboliques

    Un ami d’enfance qui rapporte des menaces et un mobile qui se précise : les preuves accablant le trio accusé de la mort de Jean-Luc Lemaire semblent se multiplier.

    Affaire Lemaire– Mon mari me fait chier, il me prend la gueule.
    – T’inquiète pas, y’en a plus pour longtemps.
    – On va le flinguer. On a vu quelqu’un…

    Ce dialogue entre Isabelle Lemaire et Frédéric Ricaux, dans la cuisine du pavillon de Longueil-Annel, a été rapporté hier – à grand’ peine ! – par un ami d’enfance de Ricaux, qui a fréquenté en 2006 et 2007 le couple à trois composé du mari Jean-Luc, de la femme Isabelle et de l’amant Frédéric. Dieu que l’accouchement fut difficile ! Sous ses airs bêtas, le jeune homme avait bien compris l’importance de son témoignage, qui scelle l’hypothèse de la préméditation. Isabelle a beau jurer qu’elle n’a rien demandé à Ricaux, et Frédéric s’accrocher à sa troisième et dernière version de la soirée du 9 novembre 2008 (celle qui l’innocente après qu’il se fut avec force détails accusé du meurtre), l’étau se resserre…

    Peu avant 20 heures, Julien, un Rouennais qu’Isabelle avait, lui aussi, connu sur un site de rencontres, a enfoncé le clou : “Isabelle m’a dit qu’elle voulait se débarrasser de son mari. Elle m’a demandé de leur donner un coup de main. Frédéric Ricaux était au courant. Il m’a parlé aussitôt”. Le Normand n’a pas pu dater précisément cette conversation.

    D’autant que depuis hier, on sait que le couple, adultère mais presque légitime, avait un autre mobile que la lassitude d’un mari par ailleurs peu regardant sur les faits et gestes de son épouse : Isabelle recevait ses amis du forum de rencontre à domicile et pouvait passer sa nuit sur le clic-clac avec un de ses “cousins” tandis que son mari dormait à l’étage. Ce mobile est vieux comme le monde: c’est l’argent. “Nous disposons d’une assurance décès, alimentée par les gains non touchés par les parieurs, qui aurait permis à Mme Lemaire de toucher 160000 euros, même en cas de suicide”, a confirmé la secrétaire générale de l’hippodrome de Compiègne, où travaillait la victime.

    Des menaces pour avant, un mobile pour après: ça sent mauvais pour le principal accusé, Frédéric Ricaux. Ses avocats Hubert et Paul-Henri Delarue n’ont d’autre choix que d’allumer des contre-feux. Le plus évident, ils l’ont sous la mai n: Alain Lanternier, amant de fraîche date d’Isabelle en novembre 2008. Il n’est renvoyé devant les assises que pour la destruction de la voiture du mort et non dénonciation de crime. Hubert Delarue a beau jeu de pester contre cette accusation minimaliste qui lie la cour, quand bien même Ricaux affirme que c’est Lanternier qui a tué le mari et l’a obligé à participer à l’enterrement. “Moi je suis là depuis deux ans, lui depuis une semaine, et tout arrive à ce moment-là. Ça ne vous semble pas bizarre ?”, peste Ricaux.

    Dans le genre bizarre, il s’y connaît: alors qu’il vient de jeter Lemaire dans un trou, il demande de ses nouvelles Isabelle une heure plus tard. “J’avais complètement oublié ce qui s’était passé”, affirme-t-il sans rire.

    21 juin 2012

    Trois hommes et un coup fin

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    Ils sont tous là.

    Isabelle Lemaire recrutait ses amants sur un forum de rencontres. Pour deux d’entre eux, la Cour d’assises était au bout du fil.

    1 L’AMANT

    Frédéric Ricaux, 34 ans. Il était davantage qu’une aventure. Il a vécu deux ans chez Isabelle et Jean-Luc Lemaire. Il est accusé d’assassinat. A la barre, il jure que c’est Lanternier le coupable. Il aurait juste aidé à enterrer le mari sous la menace d’une pelle. “Je me suis fait piéger par les deux“, regrette-t-il, visant Isabelle et Alain. Or cette version ne date que de mars 2010. Car en novembre 2008, il s’était accusé d’avoir commis le crime. Les enquêteurs avaient également retrouvé, chez sa mère, des papiers relatifs au silence de sa mère. Sans oublier ses incohérences. La nuit du crime, il a demandé des nouvelles de la victime, car il avait « oublié » l’avoir enterrée deux heures plus tôt.

    2 LA FEMME FATALE

    Isabelle Lemaire, 35 ans. Elle est accusée de complicité, reconnaissant avoir prémédité la mort de son mari, qui aurait pu lui rapporter 160 000 euros d’assurance-vie. Aujourd’hui, elle assure qu’elle ne savait rien de la fatale équipée dans la sablière d’Attichy. A son sujet, le président Damulot a rappelé qu’”ici, ce n’est pas une ligue de vertu”. Ce même juge a aussi dénombré au moins huit amants avec qui Isabelle entretenait des relations sexuelles en 2008. Accro aux forums téléphoniques de rencontre, ses relevés affichent 600 communications en 24 heures. Deux témoins affirment l’avoir entendue évoquer l’élimination de son mari avec Ricaux. A son sujet, le psychiatre parle d’ “insoutenable légèreté de l’être”.

    3 LE MIRACULE DE L’INSTRUCTION

    Alain Lanternier, 41 ans. Amant d’Isabelle, il se trouvait sur les lieux du crime le 9 novembre 2008. Il accuse Ricaux d’avoir commis le crime et d’avoir enterré le corps. Sa version a convaincu la juge d’instruction de Senlis qui l’a remis en liberté le 12 juillet 2010 et poursuivi que pour non-empêchement de crime et destruction, par le feu, de la Peugeot 806 de Jean-Luc Lemaire. Il risque dix ans de réclusion criminelle. Hier matin, il a livré sa version de la nuit du 9 novembre qui laisse dubitatif. “Tétanisé”, “en panique”, il aurait été incapable de dénoncer ou simplement d’échapper à Ricaux. Cette thèse révolte Me Paul-Henri Delarue, avocat de Ricaux. “Pendant qu’il enterre le corps, vous restez deux heures dans votre voiture et vous ne pouvez même pas passer un coup de fil ? Vous avez fait quoi ? Ecouté la radio ?” Lanternier, qui joue à merveille l’idiot, soupire : “Ben non, il m’avait aussi piqué ma clef de contact”.

    4 LE TROISIÈME HOMME

    Julien L., Rouennais et maître-chien. Il s’est rendu quatre fois au domicile des Lemaire, dont une fois avec sa petite amie. Il n’empêche : Isabelle l’embrasse à pleine bouche, passe la nuit avec lui, et lui prodigue une fellation. La nuit du crime, entre 18 heures et 4 heures, il communique 74 fois avec Isabelle. Lanternier jure qu’il a entendu la jeune femme dire à Lemercier « ça y est, c’est fait, ils viennent de rentrer ». Il ne passera plus un coup de fil. « C’est un hasard, je ne savais pas que son mari était mort ». L’instruction a pris ses déclarations pour argent comptant. Encore un miraculé !

    22 juin 2012

    L’accusée se condamne toute seule

    Isabelle Lemaire, accusée d’avoir commandité le meurtre de son mari, sera fixée sur son sort aujourd’hui. Les jurés doivent rendre leur verdict ce soir.

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    Mes Makarewicz et Bellier.

    Les jurés de la cour d’assises de l’Oise diront ce soir si Frédéric Vitaux a assassiné Jean-Luc Lemaire à la demande de sa femme Isabelle Lemaire, et si Alain Lanternier a participé au crime.

    À un moment, on a cru que c’était bon. Il était 15 h 42 et Isabelle Lemaire venait de nous servir sa dix-huitième version de la nuit du 9 au 10 novembre2008, celle où son mari a été roué de coups, étranglé et enterré dans une sablière d’Attichy. Elle s’exonérait de toute responsabilité. Selon elle, ses deux amants Frédéric Ricaux et Alain Lanternier avaient tué Jean-Luc Lemaire. Elle n’avait découvert l’horrible vérité que plus tard. Elle n’y était pour rien…

    Évidemment, cette version entre en contradiction avec certaines de ses déclarations. Comment peut-il en être autrement ? En trois ans et demi, Isabelle, la croqueuse d’hommes, l’accro aux sites de rencontre, a raconté tout et n’importe quoi. “Ses auditions, c’est l’auberge espagnole. Chacun y trouve ce qu’il cherche”, résume Me Hubert Delarue.

    Pressée, la femme de 35 ans finit par lâcher: “Quand Ricaux m’a dit qu’il avait tué mon mari”. “Quand, quand, quand ?”, la supplient les avocats, y compris les deux siens, Mes Makarewicz et Robin. “Le soir même”, avoue-t-elle après une longue hésitation. On peut alors croire que la vérité va suivre. Bonne ou mauvaise, accablante ou pas pour Lanternier et Ricaux. La vérité, enfin ! Mais l’illusion ne dure que quelques secondes. Aussitôt, Isabelle s’enferre à nouveau dans ses mensonges. Elle finit par opposer un silence buté et pour tout dire exaspérant à des juges, des avocats, des parents de la victime… exaspérés.

    Du théâtre

    Une juge assesseur finit par tancer l’accusée: “Vous savez, nous, on n’a pas le dossier. Moi, pour l’instant, je n’y comprends rien, et je pense que les jurés sont comme moi. Ce qui se joue, c’est du sérieux, pas du théâtre !” Comme si le théâtre n’était pas sérieux ! Comme si la vie était autre chose qu’une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, qui ne signifie rien.

    Soudain, on a un flash : Isabelle Lemaire, c’est Myriam Badaoui. Il faut remonter à Outreau pour trouver une telle succession de mensonges dans un dossier. La locataire de la tour du Renard, après avoir envoyé des innocents en prison, a fini par avouer qu’elle avait voulu protéger ses enfants. Isabelle fait-elle autre chose ? Sauf coup de théâtre, elle va être condamnée pour complicité. Un jour, elle sortira de prison. Un jour, elle reverra ses cinq enfants. Ce jour-là, à condition qu’elle passe encore ce vendredi sans rien lâcher, elle n’aura pas à se présenter devant eux comme celle qui a commandité la mort de leur père. Ça vaut ce que ça vaut.

    Pour ses avocats, les incohérences de la veuve noire ont pour origine sa peur panique de Ricaux. Pour les psys, elles peuvent se comprendre par l’envie d’exister, de “faire l’intéressante“. Quant à la vérité… Et si elle était effrayante de simplicité : une femme, deux amants, et un mari dont la mort débloque 160000 euros d’assurance décès ?

    23 juin 2012

    Le procès Lemaire en prolongations

    Au terme d’une journée folle vendredi, deux des trois personnes accusées d’avoir causé la mort de Jean-Luc Lemaire seront jugées ce lundi. Peut-être…

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    Me Makarewicz, les Delarue fils et père.

    Le procès Lemaire s’annonçait hors norme. La journée de vendredi l’a fait sombrer dans l’extraordinaire. Jeudi soir, Alain Lanternier a tenté de se suicider en absorbant des médicaments et une dose massive d’alcool. Un expert mandaté vendredi matin a donné un avis tranché: impossible de faire comparaître le maçon de Bresles avant longtemps.

    “Je pense qu’il s’agit d’une sorte de décompensation. M. Lanternier ne fait pas mystère d’avoir tenté à de multiples reprises de mettre fin à ses jours depuis le début de cette affaire”, commentait son avocat Me Thavard.

    Lanternier absent, la cour d’assises pouvait renvoyer l’affaire (on reprenait tout à zéro dans plusieurs mois), ou disjoindre, c’est-à-dire décider que seuls Isabelle Lemaire et Frédéric Ricaux seraient jugés ce lundi. Me Murielle Bellier a passionnément plaidé pour la deuxième solution. “Les débats ont largement permis d’entendre M.Lanternier, insistait l’avocate. Si vous renvoyez dans trois, quatre ou cinq mois, il ne viendra peut-être même pas le premier jour. Nous n’avons aucune garantie qu’il ne tente pas de se suicider la veille ! Un homme est mort. Du côté des victimes, va-t-on attendre indéfiniment ?”

    En face d’elle, elle a trouvé Hubert Delarue. Et pour cause. Depuis lundi, l’avocat amiénois semait les petits cailloux du doute sur le chemin des jurés. Sa thèse est que son client, Ricaux, malgré ses aveux circonstanciés quinze jours après la mort de Jean-Luc Lemaire, est innocent d’un crime qui n’a pu être commis que par Lanternier.

    Les juges ont finalement décidé de disjoindre, au motif, notamment, que les débats étaient presque clos jeudi, et que chaque partie avait eu tout loisir d’interroger les accusés. Cette décision a fait des heureux: les quatre frères de Jean-Luc Lemaire, qui depuis cinq jours subissaient les mensonges grossiers des accusés, et à l’occasion les provocations de Ricaux, répondant au président avec un sourire aux lèvres, le coude sur le box des accusés, façon pilier de comptoir… “Un renvoi aurait été insupportable”, lâchait l’un de ces hommes dignes. Ce matin, Me Delarue devrait livrer une escarmouche de procédure contre la disjonction. Le temps que la cour lui réponde, les plaidoiries ne pourront commencer qu’en fin de matinée. Si elles commencent…

    26 juin 2012

    Dix-huit et 12 ans de réclusion pour les amants maudits

    Le verdict est tombé hier soir après 22 heures aux assises de l’Oise où le procès Lemaire est enfin arrivé à son terme après huit jours d’audience.

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    Mes Robin et Makarewicz, avocats d’Isabelle.

    Tout a commencé par un reportage télévisé, en novembre 2008. Isabelle Lemaire, le visage déformé par l’angoisse, lançait un avis de recherche pour retrouver son mari Jean-Luc, disparu dans la nuit du 9 au 10 non loin de leur maison de Longueil-Annel. Tout s’est conclu hier par des images surréalistes. Alors que les jurés s’étaient retirés depuis cinq minutes afin de délibérer sur sa culpabilité dans l’assassinat de Jean-Luc, la même Isabelle Lemaire a reçu la presse dans sa cellule du palais de justice de Beauvais. Et elle a pleuré pour la première fois depuis huit jours que ce procès durait…

    Bien plus tôt dans la journée, l’avocate générale Faty Diop avait refusé de choisir entre les deux co-accusés, Isabelle et son amant Frédéric Ricaux. Contre chacun, l’une répondant d’avoir commandité l’assassinat commis par l’autre, elle avait requis 30 de réclusion criminelle. Pour la procureur, en novembre 2008, Ricaux “supporte de plus en plus mal la présence du mari” chez qui il s’est installé deux ans plus tôt. Les amants ont besoin de trouver un troisième comparse : la rencontre sexuelle – une de plus ! – d’Isabelle avec Alain Lanternier fournit ce larron et une panne de voiture sert de leurre. Le geste fatal, la strangulation, dans une sablière entre Bitry et Attichy, peut être commis.

    Jean-Luc Lemaire avait “cessé d’être rentable”

    A tout crime il faut un mobile. Me Bellier, pour la partie civile, l’avait pointé aux premières heures de la matinée : “l’argent”. Et de rappeler que Frédéric Ricaux, oisif depuis janvier 2007, s’était fait saisir sa voiture et devait encore 8000 euros, tandis qu’Isabelle était “dépensière”. Or, d’après Murielle Bellier, en cet automne 2008, Jean-Luc Lemaire avait “cessé d’être rentable”. L’employé de l’hippodrome de Compiègne, en arrêt maladie, ne touchait plus sa paie. Il s’était rendu compte des folies d’Isabelle et lui avait retiré ses procurations. Et puis il y avait cette assurance vie qui a son décès débloquerait une manne: 150000 euros…

    “Le pognon, on vous a enfumé”, rétorque Me Hubert Delarue à l’adresse des jurés. Se réclamant de la caste des “avocats d’Outreau, ces pestiféré”, criant deux heures durant sa peur d’une erreur judiciaire, l’avocat amiénois explique qu’en cas de disparition du corps, il faut dix ans pour qu’une assurance-vie revienne… aux enfants. En enfouissant dans une carrière le corps de Jean-Luc, Ricaux aurait donc enterré ses rêves de fortune.

    D’ailleurs, pour Me Delarue comme pour ses confrères Robin et Makarewicz, la question n’est pas là. Non, sa question comme ses réponses ont un seul nom : Lanternier. Ce co-accusé n’était renvoyé devant les assises que pour des délits mineurs commis en accompagnant Ricaux le soir macabre. Jeudi dernier, il a même disparu des écrans radar. Une tentative de suicide l’a envoyé à l’hôpital plutôt qu’au tribunal. De cette absence, Hubert Delarue fait un atout. Il dénonce “une pantomine judiciaire”, “un édifice branlant” ; stigmatise une instruction qui a épargné Lanternier pour se focaliser sur Ricaux; décrit Isabelle Lemaire comme une “sex addict”, une “boussole affolée”.

    Une femme vue à la télé…

    3 juillet 2012

    Il y aura un deuxième procès Lemaire en appel

    Une semaine après le verdict qui a condamné à 18 ans de détention Frédéric Ricaux, pour l’assassinat de Jean-Luc Lemaire, le 9 novembre 2008 à Attichy, près de Compiègne, on a appris hier que cet homme de 34 ans faisait appel. Son avocat Me Hubert Delarue l’a confirmé au Courrier picard.

    De son côté, le parquet a fait appel des 18 ans de Ricaux mais aussi des 12 ans de détention prononcés à l’encontre d’Isabelle Lemaire, pour complicité d’assassinat. Ricaux et Isabelle étaient amants. La cour d’assises de l’Oise a considéré qu’ils étaient pleinement responsables de la mort du mari gênant, Jean-Luc, 47 ans, étranglé puis enterré dans une sablière. Avec cet appel, qui devrait être jugé d’ici un à deux ans à Amiens, va se poser la question de l’avenir judiciaire d’Alain Lanternier. Amant, lui aussi, d’Isabelle, il n’avait été convoqué devant les assises que pour non-empêchement de crime. Son cas avait été disjoint des deux autres après qu’il eut tenté de se suicider au quatrième soir du procès, le jeudi 21 juin dernier. Il doit être jugé seul, dès que son état le permettra. Seul un appel permettrait alors de le renvoyer avec Isabelle Lemaire et Ricaux devant un jury populaire.

    27 novembre 2012

    Alain Lanternier, le retour

    Alain Lanternier, maçon de 41ans, est convoqué ce mardi devant les assises de l’Oise où siégeront trois magistrats mais pas de jurés. Les faits (non-empêchement de crime, recel de cadavre et incendie de voiture) sont en effet des délits. Lanternier, c’est le dernier amant d’Isabelle Lemaire, projeté à ce titre dans le meurtre du mari gênant, Jean-Luc, le 9 novembre 2008, à Longueil-Annel, près de Compiègne. Il devait être jugé le 25 juin 2012 mais avait tenté de se suicider la veille du verdict. Frédéric Ricaux, autre amant convaincu d’assassinat, et Isabelle Lemaire, complice, ont fait appel de leurs condamnations à 18 et 12 ans de réclusion. Ils devraient être jugés en 2013 à Amiens.

    28 novembre 2012

    Amants maudits : 5 ans pour le pigeon

    Cinq ans dont deux avec sursis: Alain Lanternier, le troisième complice de l’affaire Lemaire, ne devra pas retourner en détention. Mais le parquet peut faire appel…

    lanternier
    Me Thavard avec son client devant le palais de justice de Beauvais.

    “Vous ne croyez pas qu’il serait temps de nous dire la vérité ?” Tel un médiateur de l’UMP, Philippe Damulot a fait preuve d’une patience d’ange, hier à Beauvais, mais Alain Lanternier a été à la hauteur du dossier Lemaire, ce “bal des menteurs” que décrit le même président de la cour d’assises : cinq heures d’approximations, de contradictions, de mensonges, pour finir par lâcher qu’il n’a “rien à voir dans cette affaire”.

    La version du maçon de 40 ans, c’est qu’il fut, en novembre2008, un pigeon, “un spectateur terrorisé” du crime commis par Ricaux pour les beaux yeux d’Isabelle, sa maîtresse depuis des années alors qu’elle n’exerçait son attraction sur Lanternier que depuis une semaine.

    Il soutient que le dimanche 8 novembre 2012, il croyait partir réparer sa voiture avec deux bons Samaritains. Il aurait assisté, horrifié et impuissant, à l’étranglement du mari gênant pendant dix minutes puis, paralysé par sa peur de Ricaux, l’aurait accompagné pour brûler la voiture de la victime et encore suivi dans la carrière pour le sordide enterrement.

    Me Murielle Bellier, partie civile, considère au contraire que Lanternier fut un “acteur”: “Il n’a pas tué mais sans lui, le crime n’était pas possible”. Elle dresse la longue énumération des moments pendant lesquels il aurait pu, en toute sécurité, dénoncer les faits lors de la nuit du drame, tous ces moments où il fut seul dans sa voiture, par exemple. Il aurait pu appeler les gendarmes. Il a, au contraire, multiplié les coups de fil à Isabelle, rappelle l’avocate générale Nadine Dubosc.

    Et puis il y a cette constatation d’expert lors de la reconstitution : Ricaux ne pouvait physiquement porter seul le cadavre jusqu’à sa tombe de sable. Huit ans sont requis. “Vous arrivez trop tard”, tonne pour la défense Me Thierry Thavard, selon qui l’avocate générale, Nadine Dubosc, ne fait qu’exprimer sa “frustration” que Lanternier ait été renvoyé par un juge d’instruction pour des “délits mineurs”, et non pour assassinat.

    Et maintenant ? Le parquet a dix jours pour faire appel. Le cas échéant, Lanternier rejoindra Isabelle et Ricaux devant les assises de la Somme, en début d’année 2013.

    7 janvier 2013

    Le trio maudit a rendez-vous en appel

    Les trois protagonistes du meurtre de Jean-Luc Lemaire, en novembre 2008, à Attichy, dans l’Oise, comparaîtront en 2013 devant la cour d’assises d’appel de la Somme.

    Il ne manquait plus que lui ! On a appris en fin d’année que le Parquet faisait appel de la condamnation d’Alain Lanternier.
    Le maçon de 40 ans, lui, s’était bien gardé de demander un nouveau procès. En novembre dernier, il avait été jugé à Beauvais, cinq mois après ses complices, au motif qu’il avait manqué la fin de l’audience de juin, pour cause de tentative de suicide.
    Le Parquet avait requis huit ans ferme, les juges n’en avaient prononcé que trois. Comme Lanternier a déjà purgé 19 mois en détention provisoire, il était sûr de ne pas retourner en prison.
    Lanternier en appel, c’est pour la défense de Frédéric Ricaux l’assurance de pouvoir développer en 2013 la thèse esquissée à l’été 2012, à savoir que l’instruction a fait fausse route en désignant son client comme auteur principal, et Lanternier comme simple comparse.
    Il faudrait au contraire, à en croire Me Hubert Delarue, concevoir que Frédéric Ricaux, 34 ans, l’amant de longue date, ne fut que le complice d’un Alain Lanternier certes plus vieux en âge (40 ans) mais membre du très fourni club des amants d’Isabelle depuis seulement une semaine, en novembre 2009.
    Le ténor amiénois ne manquera pas de surnommer à nouveau Lanternier le “miraculé de l’instruction”. De fait, Me Delarue ne fut pas le seul surpris quand la juge d’instruction décida de renvoyer ce grand dépressif non pour complicité d’assassinat, mais pour des délits connexes.
    Un innocent auto-proclamé ne peut que faire appel d’une condamnation à 18 ans de réclusion. Pourtant, impossible de balayer du revers de la main l’éventualité d’un désistement de Frédéric Ricaux (il peut le faire jusqu’à la première seconde de l’audience).
    Pourquoi ? Parce que la cour d’assises d’Amiens, où devrait se tenir le nouveau procès, est réputée plus sévère que celle de Beauvais et surtout que celle de Laon.
    Or, 18 ans pour un assassinat, c’est une peine certes lourde mais qui peut encore monter…
    À noter que dans le cas Ricaux, l’accusé a formé appel principal. Le Parquet général n’a interjeté qu’un appel incident, qui deviendra automatiquement caduc si Ricaux se désiste.
    Pour Isabelle Lemaire, l’approche est différente. C’est en effet le Parquet, et lui seul, qui a formé appel de ses 12 ans de réclusion (l’avocate générale en avait réclamé 30, comme pour Ricaux).
    La thèse la plus plausible est donc que les amants maudits seront de nouveau réunis à Amiens l’an prochain. Assistera-t-on à un remake du premier procès, quand chacun s’était dit innocent pour mieux accabler les deux autres ? On peut le prévoir, mais surtout pas l’espérer, ne serait-ce que par égard pour les quatre frères et les cinq enfants de Jean-Luc Lemaire.

    18 août 2013

    L’affaire Lemaire revient en appel

    Du 25 au 29 novembre, la cour d’assises de la Somme examinera à nouveau l’affaire Lemaire, le meurtre d’un habitant de Longueil-Annel (Oise) par sa femme et ses deux amants.

    Par une triste ironie, on jugera la femme fatale et ses deux amants à la Sainte Catherine. Le procès Lemaire s’annonce comme un des événements de la fin d’année judiciaire en Picardie.

    Au terme de la première audience, devant la cour d’assises de l’Oise, un sentiment de frustration l’avait emporté. Isabelle rejetait la faute sur les deux hommes, qui se renvoyaient mutuellement la responsabilité de la mort de Jean-Luc, le mari gênant.

    Cette affaire hors norme avait commencé par l’appel angoissé d’Isabelle Lemaire, 31 ans à l’époque, le 20 novembre 2008, relayé par tous les médias régionaux : son mari, dépressif, avait disparu depuis onze jours. « C’est très dur sans lui. J’arrête pas de me demander s’il va revenir un jour », déclarait-elle alors.

    En ne dédaignant pas la piste de la disparition inquiétante, les gendarmes enquêtent également sur le couple Lemaire et découvrent une situation cocasse : mariés depuis huit ans, ils ne partagent pas leur pavillon de Longueil-Annel, près de Compiègne, qu’avec leurs cinq enfants. S’y est invité « l’ami » Frédéric Ricaux, avec qui Isabelle Lemaire a eu un enfant et qui a même relégué le mari dans une chambrette, à la cave.

    Ce n’est pas assez pour Isabelle, qui multiplie les aventures grâce à des sites de rencontre par téléphone et, une semaine avant la disparition de Jean-Luc, connaît au sens biblique Alain Lanternier, un entrepreneur du bâtiment né en 1971. L’hypothèse du suicide est écartée. La voiture de Jean-Luc, un employé de la société de courses de Compiègne, est retrouvée calcinée le 9 novembre. Les trois protagonistes sont placés en garde à vue le 26 novembre.

    Les deux hommes craquent : ils indiquent que le corps du mari, tué à coups de pelle, a été enterré dans une carrière de sable de Bitry (Oise). Les gendarmes ne retrouveront son cadavre que le 12 décembre.

    On pourrait alors imaginer que la lumière complète sera faite relativement facilement sur cette affaire. Un mari, une femme, deux amants. Deux mobiles possibles : la volonté d’éliminer un homme gênant et l’assurance-vie du défunt. Avec un corps et des indices, on se dit qu’à coups d’interrogatoires ou, au pire, lors du procès, les pièces de ce puzzle vont s’assembler.

    Commence alors, particulièrement de la part d’Isabelle Lemaire, une longue série de mensonges, parfois si invraisemblables qu’ils en deviennent puérils. Ricaux accable Lanternier qui minimise son rôle et convainc la juge d’instruction. Elle le renvoie devant les assises non pour meurtre, mais pour des délits connexes (non-empêchement de crime, recel de cadavre et incendie de voiture).

    Au procès, le président Damulot finira, dans un soupir, par évoquer un “bal des menteurs”. Quelle sera la danse à la mode cet automne ? Réponse le 25 novembre.

    27 septembre 2013

    Pas de deuxième procès Lemaire

    Comme nous le supputions après le désistement de Frédéric Ricaux, le parquet général d’Amiens a levé son appel sur les condamnations d’Isabelle Lemaire et Alain Lanternier. Les trois personnes (sa femme et deux de ses amants) impliquées dans la mort de Jean-Luc Lemaire, le 9 novembre 2008, à Attichy (près de Compiègne) ne seront donc pas rejugées le 25 novembre prochain.

    L’intérêt pour le Parquet était de rassembler les trois protagonistes du drame: sans Ricaux, cette remise à plat du dossier devenait illusoire… En première instance, en juin 2012, Ricaux avait été condamné à 18 ans et Isabelle à 12. En novembre, Lanternier avait écopé de 5ans dont 3 ferme, pour des délits connexes.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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