Le dentiste avait la rage dedans et la main baladeuse

    Un dentiste du Vimeu a été condamné mardi 20 octobre pour harcèlement sexuel sur une de ses assistantes.

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    Aux racines du mal… (Betsssssy sous CC)

    Frédéric L., un dentiste de Friville-Escarbotin âgé de 52 ans, a été condamné mardi 20 octobre à six mois de prison avec sursis pour un harcèlement sexuel imposé à son assistante entre novembre 2013 et mars 2014. La jeune femme n’avait pas porté plainte, elle avait seulement signalé les faits à la gendarmerie.

    Placée en arrêt maladie suite à ces faits, elle avait expliqué que son employeur lui avait caressé la jambe en lui demandant la texture du vêtement, lui avait effleuré les mains dans la salle de radiologie, l’avait interrogée sur ses occupations, le week-end, avec son copain. Qu’il lui avait également demandé de la rejoindre sur un séminaire à Amiens, lui donnant le numéro de sa chambre, la 404.

    “Il a recommencé ?”

    Quand l’assistante s’est confiée à la femme de ménage, cette dernière s’est exclamée : « Alors il a recommencé ? » On s’est donc tournée vers les anciennes assistantes de Frédéric, qui en ont raconté de bien belles : pelotage sous la jupe, relances le week-end au téléphone, questions sur les sous-vêtements, mains aux fesses, regards intéressés sur le décolleté ou le fessier des patientes.

    On a également exhumé une procédure de 2008 conclue par un classement sans suite. Le dentiste s’était amusé à faire tomber des cotons entre les deux seins d’une patiente et, fort serviable, avait plongé la main pour les récupérer. A l’époque, un expert avait conclu à une abolition du discernement et Philippe était parti trois mois en hôpital psychiatrique. En 2015, avec le même diagnostic, le même expert a décrété que le quinquagénaire était parfaitement accessible à une sanction pénale !

    Maladroit

    A la barre, le dentiste se défend maladroitement en présentant son accusatrice comme une allumeuse : « Elle me caressait la main, elle frottait sa poitrine contre mon dos ». Son avocate Alice Cordier est heureusement plus nuancée. Elle relativise l’attitude de son client, plus lourde qu’agressive et trouve les mots pour décrire la solitude d’un homme qui ne vit que pour son travail. Elle sait également suggérer sa misère affective et, pour dire le mot, sexuelle. C’est ainsi qu’elle lui évite « la peine d’élimination » qu’avait requise le procureur Souffrin : trois ans d’interdiction d’exercer.

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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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