Procès Ramelet

    16 09 2016

    AISNE Qui a tué Bernadette, poignardée puis brûlée?

    En appel devant les assises de l’Oise, Julien Ramelet nie toujours le meurtre de Bernadette, en 2013 dans l’Aisne.

    Bernadette était une petite femme de 48 kilos pour 1,60 mètre. Elle faisait beaucoup plus que ses 47 ans. Placée sous tutelle, elle passait le plus clair de son temps assise sur les marches de sa maison, rue de la Porte de Reims. On l’aimait bien, au village de Bruyères-et-Montbérault, au sud de Laon, sur la route du Center Parc. Ses amis étaient des copains de boisson. Les passants, elle les hélait pour quémander une cigarette ou simplement tailler une bavette.

    Quand les pompiers font irruption dans sa maison en flammes, le 14 juin 2013 à 23 heures, Bernadette n’est plus qu’une forme recroquevillée et carbonisée, sur son canapé. L’autopsie révélera qu’elle n’est pas morte brûlée, mais victime d’un coup de couteau qui a traversé le pylore, au bas de l’estomac, sectionné la veine cave inférieure et fini sa course fatale entre les deuxième et troisième vertèbres lombaires. Elle portait également des traces d’hématomes, au crâne et au cou.

    Confidence

    En quelques heures, dans cette bourgade qui bruisse de rumeurs, les soupçons se portent sur Julien Ramelet, 27 ans, sans emploi. Il est depuis janvier un habitant du « château », vestige de grandeur transformé en studios pour petits budgets. Julien aurait confié à son copain de fumette Tony qu’il avait «  fait du mal à une vieille femme  » et qu’il allait «  y mettre le feu  ».

    Cette confidence est la pierre angulaire de l’accusation. La défense, portée par Me Bouchaillou, estime qu’elle est contredite par les horaires qu’indiquent les témoins.

    Pour le reste, si le biologiste a confirmé hier que l’on avait retrouvé du sperme de Julien dans le corps et sur le canapé de la victime, ça ne prouve rien puisque le jeune homme avait déjà reconnu ses relations sexuelles avec Bernadette.

    Julien Ramelet parle d’une voix empâtée par les médicaments. Le psychiatre décèle en lui « égocentrisme, intolérance à la frustration, impulsivité, instabilité  » et «  un niveau intellectuel limite  ». Avant 15 ans, il avait entamé sa carrière délinquante et accroché à l’alcool comme au cannabis. «  L’alcool ça rend méchant, fumer ça détend  », résume-t-il. Le 13 juin 2013, il était sous l’emprise des deux.

    Ramelet est père de trois enfants, tous placés, conçus avec une conjointe qu’il battait. Sa propre mère indique qu’il l’a à trois reprises menacée d’un couteau.

    L’an dernier, il a été condamné à 18 ans de réclusion à Laon. Le verdict en appel est attendu ce vendredi soir.

    17/09/2016

    Encore 18 ans pour Julien Ramelet

    Les jurés de l’Oise ont confirmé hier le verdict de leurs homologues de l’Aisne en 2015 pour le meurtre de Bernadette Mazur, 47 ans, commis en 2013.

    Tout ce que j’ai à dire, c’est que ce n’est pas moi qui ai tué Bernadette. »Jusqu’au bout, Julien Ramelet a été fidèle à une ligne de défense inaugurée dès la mort de Bernadette Mazur. Cette femme de 47 ans est décédée le 14 juin 2013 à Bruyères-et-Montébrault, près de Laon (Aisne). L’homme de 29 ans était jugé en appel à la cour d’assises de l’Oise pour homicide volontaire et l’incendie volontaire de la maison de la victime.
    « CASSER, VOLER, INSULTER »
    Alors, pas le choix, son conseil M e Cyrille Bouchaillou a plaidé l’acquittement, au bénéfice du doute, au nom d’un « bug dans l’enquête ». Dans ce dossier, tout repose sur l’accusation d’un repris de justice. Ce Tony affirme que le soir du crime, Julien, dans les volutes d’alcool et de cannabis, lui a confié qu’il avait « planté une vieille » et qu’il « allait mettre le feu à la maison ».
    Quand l’aurait-il dit ? « À 20 h 30 », a d’abord affirmé Tony. « Oui, il est entré chez mes voisins entre 20 h 20 et 20 h 30 » , a attesté la voisine de Tony, d’autant plus affirmative que – heureuse femme – son mari, cheminot, rentre toujours à la maison à la même heure et que ses enfants dînent à heure fixe.
    « Gros problème », d’après l’avocat : « La serveuse du café du village est formelle. Entre 20 h 30 et 20 h 40, elle a vu Bernadette assise devant sa maison ». Ramelet aurait-il avoué un meurtre avant de le commettre ? Non, si l’on en croit une deuxième déposition de Tony, qui opportunément s’est souvenu qu’il était « plutôt 21 h 30 » quand son copain lui a rendu visite.
    Ces arguments, l’avocat général Douglas Berthe les a balayés d’un revers de la main. Pour lui, non seulement Ramelet s’est épanché auprès de Tony mais aussi de ses propres parents. La preuve ? « Dès le 15 juin, une sœur de Julien fait état d’un coup de couteau donné par son frère. Or l’information n’est alors connue de personne ».
    Auparavant, M. Berthe a ainsi résumé la vie de Ramelet : « Casser, voler, insulter, se droguer, boire ». Il se base sur le casier judiciaire, les rapports des services sociaux ainsi que les témoignages des sœurs, frères et conjointes de l’accusé.
    Partie civile, M e Pierre Gioanni ne pense guère mieux du jeune homme. Lui porte la parole d’une petite femme pieuse et gentille mais broyée par l’alcool. Elle ne méritait pas que ses os fussent brisés et qu’un couteau lui transperçât le bas du ventre, avant que son corps ne finisse carbonisé .
    Julien Ramelet a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle, la même peine que celle prononcée à Laon en octobre 2015.
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    • Depuis cinq ans, chaque dimanche dans le Courrier picard, les Histoires de prétoire présentent non pas les plus importantes affaires du rôle d’audience mais les plus émouvantes, énervantes, cocasses, amusantes. La fidélité des lecteurs et les encouragements de certains confrères m’ont donné envie de les réunir dans ce blog, avec (car la maison ne recule devant aucun sacrifice) quelques autres articles que j’ai commis. Ces pages sont-elles réservées aux spécialistes du droit ou à quelques voyeurs qui se complairaient du malheur des autres ? Je ne le crois pas, tant ces tranches de vie me semblent au contraire universelles. Alors bonne lecture ! Et demandez-vous avec Victor Hugo : « Qui sait si l’homme n’est pas un repris de justice divine ? » Tony Poulain

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