Christine et Dominique Cocquet partagent leur passion au sein des Laines du Marquenterre, une entreprise de filature qui travaille la laine des moutons de la Baie de Somme et d’Authie, les plantes tinctoriales, dont la waide de Picardie.

    Christine et Dominique Cocquet sont de ces couples qui s’unissent dans la vie et qui partagent tout, jusqu’à leurs passions et leur univers professionnel. C’est ainsi que le duo gère depuis des années le centre équestre des Haras Henson, en Baie d’Authie.

    En parallèle, Christine Cocquet a toujours été passionnée de tissage. Elle s’est formée en Irlande dans les années 70. « J’ai toujours vécu dans un univers de fils avec ma mère. J’ai eu mon premier métier à tisser de table à  l’âge de 15 ans. » Elle manie cette discipline au niveau artistique, ayant exposé au musée d’art contemporain de Chicago en 2011. Aujourd’hui, elle manie des métiers de grande taille, lui permettant de réaliser toutes les pièces qui naissent dans son esprit : chemin de table, plaids, coussins…

     

    En 1986, elle crée sa première société, Les Tissages du Septentrion. Le couple prend la gestion des Haras Henson et l’activité de filature sommeille. Puis en 2011, Le couple reprend une ferme pédagogique au Hara Henson de Rue. Ferme comprenant…  des moutons shetlands et hampshires. De quoi raviver les amours de Christine pour la filature : « Je les ai regardés, j’ai posé des questions. La toison était brûlée à l’époque. J’ai demandé à la récupérer et ça a commencé comme ça ».

    Aujourd’hui encore, ce sont les toisons de ces moutons qui donnent les Laines et Tissages du Marquenterre, la nouvelle société de Christine. Elle les nettoie  avant de les faire traiter par une petite filature belge. « La première année, nous avons travaillé la laine des shetlands, plutôt marron, la deuxième, celle des hampshires qui est plus blanche. La troisième année, nous avons marié les deux. Puis nous avons commencé les teintures végétales ». C’est là que Dominique, féru d’histoire régional entre en scène.

     

    « L’OR BLEU D’AMIENS »

    Ses recherches l’amènent notamment à travailler sur la guède, ou waide en picard. Cette plante tinctoriale était connue au Moyen-Age sous le nom de « Or bleu d’Amiens ». Elle n’est plus cultivée à grande échelle qu’à Méharicourt, dans le Santerre, où se fournit le couple.

    « Il n’existe que trois plantes au monde à produire une teinture bleue : la persicaire, l’indigo et la guède ou pastel, raconte Dominique Cocquet. Les producteurs de waide ont permis par leur financement la construction de la cathédrale d’Amiens en seulement 60 ans, on y voit la fleur de guède sur les soubassements. C’est la Guerre de Cent Ans, avec l’hostilité des Anglais et l’insécurité des mers, qui a tué le marché. »

    Cette plante tinctoriale, enracinée dans l’histoire picarde, était un incontournable pour le couple. Une sorte de défi. « Pour nous c’est une grande aventure ce bleu de waide. C’est la seule plante européenne à produire du bleu, un bleu fantastique, explique Dominique Cocquet. Lors de la préparation, c’est d’abord du vert, puis la couleur jaunit et, au contact de l’oxygène, devient bleue. Il y a quelque chose de merveilleux. On a lu beaucoup, on a cherché, on a essayé. » Le couple a donc fait pousser la plante dans les jardins des Haras, à Rue, avec des graines de l’Herbarium de Saint-Valery-sur-Somme. Les premiers essais se font avec les feuilles de l’année. Il faut 1,2 kilo de feuilles pour 10 grammes de pigments. A force de tests et d’études, l’alchimie a pris. La laine s’est teintée d’un beau bleu brillant qui habille les écheveaux commercialisés sur internet ou à la boutique du Hara.

    Kits de tricot, écheveaux multicolores, tous réalisés avec des teintures végétales habillent les rayonnages. « Ici, c’est avec des fanes de radis, ici on a ajouté du cuivre, ici du fer… » Et les couleurs se déclinent en une palette merveilleuse. Douces, acidulées, tendres, qu’on a envie d’associer et de caresser.

    Le savoir-faire de Christine et Dominique se tricote au fil des expériences. Dans la cocotte qui fait macérer les plantes, une bonne dose de passion, de celle qui ne compte pas ses heures, est diluée parmi les plantes. Inspirante. Comme ce principe doublé d’un sourire complice, « on a toujours essayé de réaliser nos rêves. Ils n’ont rien d’excentrique, mais on s’y attèle ».

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