Chef d’entreprise, présidente de la CCI Amiens Picardie et mère de trois enfants : à 43 ans, Fany Ruin est toujours très occupée. Mais elle aime ça ; surtout si elle réussit à être utile et à s’éclater dans son métier. Rencontre avec celle qui occupe la même place que son arrière-grand-père, Roger Dumoulin, président de la CCI dans les années 50.

    Fany Ruin
    Avant d’être présidente de la CCI vous êtes surtout entrepreneuse, quel est votre métier ?

    J’ai créé une société qui réalise des goodies mais aussi produits sur-mesure pour les marques. J’avais 22 ans lorsque je l’ai lancée. Aujourd’hui, nous sommes 10 à travailler dedans.

    Votre entreprise se nomme FanyStyle, pourquoi un tel nom ?

    Oui, je sais, ça fait davantage salon de coiffure qu’entreprise de création (rires). Mais lorsque je me suis lancée, je voulais mettre mon prénom dans la dénomination pour que mes clients puissent me retrouver. Car avant de créer cette entreprise, j’ai travaillé pour d’autres sociétés. Après mon BTS, j’ai été embauchée par un brodeur et sérigraphe qui m’a demandé de travailler sur la partie événementiel. Dans sa tête, il s‘agissait de démarcher des boîtes de communication mais dans ma tête à moi, celle d’une jeune fille de 19 ans, c’était plutôt Johnny, Goldman… alors je me suis mise à démarcher ce monde-là. Ça a bien marché et j’ai été débauchée pour travailler avec un fournisseur avant de finalement me lancer, sans l’avoir prévu, au hasard d’une rencontre finalement, dans entrepreneuriat.

    Depuis, votre boîte a grandi et vous êtes devenue maman, qu’est-ce qui vous a poussé à briguer une 3e casquette, celle de présidente de la CCI ?

    Ça n’a jamais été un objectif. J’avais le sentiment qu’il y avait des choses à faire pour les entreprises et j’avais envie d’y contribuer, mais je n’ai jamais imaginé être présidente. Ce sont finalement des personnes extérieures, comme Jacky Lebrun (un ancien président de CCI, NDLR) ainsi que mon mari qui m’y ont encouragée.

    Pourtant, la période pré-électorale n’a pas été facile…

    Non, je dirais même que ça a été assez violent. A un moment, j’ai même craint que ma famille soit touchée. J’en ai discuté avec mon mari car je ne voulais pas la mettre en péril mais il m’a dit que si je n’allais pas jusqu’au bout, j’allais le regretter. Ce qui est probablement vrai.

     

    Tout au long de votre carrière, pensez-vous avoir été pénalisée parce que vous êtes une femme ?

    Honnêtement, être une femme ne m’a jamais posé de problème dans ma carrière, sauf pour la présidence de la CCI. J’ai même entendu des gens dire « si c’est elle la présidente, elle sera partie à 16h30 pour aller chercher ses gamins » !

     

    Fany Ruin

     

    Vos enfants (âgés de 9 à 13 ans) justement, comment réussissez-vous à leur consacrer du temps ?

    Ce qu’il faut, c’est avoir du temps de qualité. Et puis je fais des expériences. Par exemple, lors des vacances de Noël, j’ai pris plusieurs jours de congé en emmenant du travail à la maison, résultat : j’ai bossé comme une dingue depuis chez moi. En février, je n’ai pris que deux jours de congé mais sans emmener de travail. Je leur ai demandé ce qu’ils avaient préféré, ils ont été unanimes : ils ont préféré les deux jours où j’étais vraiment avec eux.

     

     

     

     

    Et comment faites-vous pour jongler entre votre entreprise, votre fonction de présidente et votre vie de famille ?

    Il faut être organisée, très organisée (rire). Et il faut commencer ses journées assez tôt. Avant j’étais plutôt du soir, ce n’est plus possible. Je commence désormais à 8 heures. Il faut dire que je consacre environ 35 heures par semaine rien qu’à la présidence !

    Et puis c’est aussi une question d’équipe. Il faut pouvoir compter sur le soutien de ses collaborateurs dans l’entreprise mais aussi à la CCI. C’est aussi et surtout le cas à la maison. Il faut que votre compagnon adhère à la démarche et se rende disponible. On dit que derrière chaque grand homme se cache une femme. C’est aussi vrai dans l’autre sens.

    Fany Ruin

    Du tac au tac

    Vous vivez aujourd’hui dans la campagne au sud de l’agglomération, mais vous êtes avant tout Amiénoise, quel est votre endroit préféré dans la ville ?

    Je dirais le quartier Saint-Leu. Pour la carte postale avec la Somme, les terrasses… mais surtout parce que j’y ai beaucoup de souvenirs. Mes grands-parents vivaient boulevard du Cange et j’ai passé des heures à me faufiler à l’arrière de chez eux, là où se trouve aujourd’hui la Galerie des antiquaires. J’allais jouer là où c’était interdit.

    Votre coin favori en Picardie ?

    C’est une image à Vignacourt qui me vient à l’esprit, celle de champs bordés de bois. Ma grand-mère vivait là-bas et cette perspective représente bien ce que j’aime dans la campagne environnante : la nature et la tranquillité.

    Votre plat picard préféré ?

    La ficelle picarde assurément !

    Votre expression picarde fétiche ?

    Je prononce souvent « hein », parfois je dis aussi « du brun », mais je pense que l’expression que j’aime le plus c’est : « on se dit quoi ! »

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