Cette ancienne professeure d’Anglais d’un lycée amiénois a tout quitté pour vivre de sa passion : l’effeuillage burlesque. À chaque représentation, en France ou à l’étranger, elle se transforme en femme fatale sexy et drôle, libre et assumée. Rencontre avec cette artiste désormais accomplie qui a aussi créé sa propre école d’effeuillage à Amiens.

    Petula Goldfever

    D’où venez-vous ?

    Je suis originaire de l’Aisne ; j’ai grandi dans un petit village autour de Chauny. Je suis allée au lycée à
    Saint-Quentin et à la fac à Amiens. J’ai ensuite vécu trois ans en Écosse. Là-bas j’ai travaillé comme hôtesse d’accueil, secrétaire et j’ai aussi fait videur en boîte de nuit (sourire) ! Quand je suis revenue en France, je parlais parfaitement Anglais.

    Cela vous a bien aidée pour la première partie de votre carrière ?

    Oui et de retour dans l’Aisne, j’ai repris un poste d’enseignante remplaçante en Anglais. Ensuite, j’ai obtenu le concours de l’éducation nationale pour être enseignante Anglais et Français en lycées professionnels. Je suis revenue à Amiens et j’ai enseigné pendant 6 ou 7 ans au lycée Saint-Rémi.

    Petula Goldfever

    Comment êtes-vous passée de cette vie « rangée » d’enseignante à celle d’intermittente du spectacle spécialisée dans l’effeuillage burlesque ?

    J’ai toujours aimé le style hollywoodien, la mode des années 40-50… d’ailleurs je m’habillais déjà assez rétro à l’époque. J’ai aussi toujours eu une attirance pour le monde du spectacle. Au départ, je voulais faire des études artistiques. Mais parfois la vie fait que vous prenez d’autres chemins… J’ai découvert l’effeuillage à l’époque où j’enseignais au lycée Saint-Rémi. Je voulais prendre des cours mais il n’y avait rien à Amiens. Je me suis donc tournée vers la Belgique, Paris et Lille. Je suis ensuite devenue assistante présentatrice. J’étais celle qui ramassait les costumes mais mon personnage faisait partie du spectacle. Et c’est là que les ennuis ont commencé… Oui, un courrier anonyme disant que j’étais stripteaseuse a été envoyé à mon établissement et transmis au rectorat. J’ai alors dû me battre un peu au niveau du rectorat pour expliquer ce que je faisais et finalement j’ai obtenu leur accord. Mais j’ai trouvé tout cela anormal. Et j’avais envie d’être libre. Alors finalement, il y a 6 ans, j’ai décidé de démissionner. J’ai quitté mon CDI pour devenir intermittente du spectacle.

    Comment avez-vous fait votre place dans cette profession ?

    J’ai commencé par faire des spectacles d’effeuillage burlesque dans de petites salles. J’avais alors un emploi de secrétaire à côté. Et puis de petites salles en petites salles, je me suis fait un réseau. Aujourd’hui, depuis mes débuts, j’ai assuré 261 représentations, 105 rien qu’en 2018.

    L’un de vos plus beaux souvenirs ?

    Ma participation pendant trois mois au Roncalli’s Apollo Variété, en Allemagne. C’est un show dirigé par Joseph Bouglione. J’y présentais deux numéros. Dans l’un d’eux, je commence déguisée en gorille.

    Petula Goldfever

    Et puis finalement, l’envie d’enseigner vous a rattrapée ?

    Oui j’ai ouvert mon école d’effeuillage burlesque à Amiens il y a 3 ans. Je donne les cours au centre  Léo-Lagrange. Même si je vis désormais à Paris, j’ai choisi de créer mon école à Amiens. Car à l’époque où j’ai commencé l’effeuillage burlesque, il n’y avait rien ici.

    Qui sont vos élèves et, selon vous, que recherchent-elles à travers l’effeuillage burlesque ?

    J’accueille un public assez large : des femmes âgées de 20 à 50 ans. Je ne suis pas médecin mais l’effeuillage burlesque a de vrais bienfaits. Jouer un rôle de femme fatale fait vraiment beaucoup de
    bien.

    Quel est votre quotidien lorsque vous n’êtes pas sur scène ?

    Je crée mes costumes mais aussi mes chorégraphies. J’entretiens mon corps aussi. L’idée n’est pas d’être mince, le burlesque permet justement de magnifier tous les corps. Ma volonté est surtout
    d’être en forme, d’avoir un corps puissant et superbe qui a de la force et de l’assurance. C’est plus sexy et c’est important pour la confiance en soi.

    Quand se déroulera votre prochain spectacle ?

    En septembre 2020… Pas avant car j’ai le bonheur d’être enceinte ! Jusqu’à présent (son dernier spectacle était au mois de juin) cela ne m’a pas posé de problème avec les producteurs par contre…
    je ne rentre plus dans mes costumes (sourires).

    Petula Goldfever

    Votre vrai prénom est Frédérique, pourquoi avoir choisi Petula Goldfever comme nom de scène ?

    Pour le nom, j’ai voulu quelque chose « d’Entertainment », de Hollywoodien. Et puis Goldfever, avec mes cheveux blonds, ça collait bien. Pour le prénom, je me suis remémoré une vieille histoire que m’avait racontée mon grand-père. Elle date de 1963. Ce jour-là, mon grand-père avait secouru une femme sur le bord de la route, ses pneus étaient crevés. Et cette dame-là, c’était Petula Clark (chanteuse, compositrice et actrice britannique, NDLR). Et puis aucune autre effeuilleuse ne porte ce prénom.

     

    DU TAC AU TAC

    Quel est votre endroit préféré dans Amiens ?

    Je dirais le quartier Saint-Leu. C’est quand même le meilleur endroit quand il fait beau pour manger et aller boire un coup.

    Votre site favori en Picardie ?

    Je pense que c’est Coucy-le-Château (dans l’Aisne). Quand j’étais petite, je passais régulièrement devant le château et à chaque fois, je m’imaginais plein de choses, des histoires de princesses notamment.

    Votre plat préféré ?

    La flamiche aux poireaux que l’on ne trouve vraiment qu’ici.

    Et enfin, votre expression picarde fétiche ?

    S’empierger (rires). J’aime utiliser ce mot que je trouve très imagé et que l’on utilise quasiment que dans la région.

     

     

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