Oualid El Hajjam : “Je ne suis pas un imbécile’’

     

    La saison dernière, l’Amiens SC a disputé son premier match de Ligue 1 au Parc des Princes. Un souvenir inoubliable pour Oualid El Hajjam, titulaire.
    Oualid El Hajjam, quels souvenirs gardez-vous de ce premier match au Parc des Princes le 5août 2017 (2-0) ?
    C’était magnifique pour une première en Ligue 1. C’était un rêve de gosse de jouer au Parc des Princes contre une telle équipe.
    Étiez-vous impressionné ?
    On est tellement concentré qu’on en oublie un peu l’environnement mais avec du recul, c’était formidable. Que du bonheur. Pour une première en L1, ce n’était pas mal. Tout le monde s’attendait à ce qu’on prenne une bonne rouste mais on n‘a pris que deux buts. On s’en est plutôt bien sortis. On n’avait rien à perdre et tout à gagner sur ce genre de match et c’était mieux de les prendre en début de championnat.
    Personnellement, n’avez-vous pas l’impression de vivre la même chose chaque saison ?
    Je m’accroche comme d’habitude et cela ne change pas. Je prends ce qu’il y a à prendre. Après, j’ai du monde qui s’occupe de moi hors terrain et je me concentre pour faire ce qu’il faut. Donner le maximum, travailler, n’avoir aucun regret et ne pas tricher.

    À chaque saison, depuis le National, vous la démarrez en tant que doublure, en nº2. C’est dur à vivre ?
    Comme dit ma fille, c’est rigolo (rires)… Au bout d’un moment, je me pose des questions. Tu commences deuxième et tu finis premier. Ce serait bien de commencer une saison en me faisant confiance. Ne serait-ce qu’une saison même si j’ai prouvé que je n’avais pas besoin de ça. Un joueur, lorsqu’on lui accorde de la confiance, il ne peut être que meilleur et exploser encore plus. Si j’arrive à faire ce que j’ai fait durant ces deux ou trois dernières saisons, alors que je partais en nº2, je pense que je pourrais faire encore plus. C’est ce qui me rassure et me donne envie de travailler encore plus et ne rien lâcher.
    Vous prenez ce qu’on vous donne ?
    Je suis très professionnel. On me donne une minute de jeu, je la prends. Et si je suis titulaire, je vais tout donner aussi. Malheureusement, parfois, il y a des choses qui peuvent être incomprises mais après, c’est à moi de parler, de discuter et de faire comprendre que ces choses sont faites de manière pas très correcte. Si c’est entendu, tant mieux. Sinon, il faudra prendre des décisions mais cela ne me regarde pas. La seule chose que j’ai à faire, c’est de bosser, progresser et prendre ce qu’il y a à prendre.
    Tous les combats que vous avez menés et remportés, c’est grâce à votre générosité, votre professionnalisme ?
    Patience et persévérance: exactement! Il ne faut jamais baisser les bras et à un moment donné, il faut respecter ce genre de valeurs. Cette combativité et cette générosité m’ont permis de réussir. J’aurai tout à perdre en changeant de comportement. Je vais continuer en espérant qu’on m’accorde un peu plus de confiance. C’est toujours plus agréable pour un footballeur même si personnellement, je n’en ai pas eu besoin.
    Peut-on vous classer dans la catégorie des joueurs dociles n’aimant pas le conflit ?
    Les gens ne sont pas bêtes et dupes. Je sais être gentil mais je ne suis pas un imbécile, non plus. Parfois, je sais, juste au regard, qu’on ne me respecte pas sur certaines choses ou que certaines choses ne sont pas très correctes, plutôt. C’est là qu’il faut redoubler d’efforts pour prouver que certains choix ne sont pas très cohérents et peut-être que parfois, je méritais plus par rapport à ce que j’ai fait et donné au club. Et je ne parle pas de la concurrence. Je fais le distinguo. Ce sont de très bons joueurs de qualité. Après, c’est le foot. Il y a des choix, des priorités et il faut toujours inverser la tendance pour exister.
    Le collectif prime-t-il toujours ?
    C’est un sport collectif. Il y a des choses justes et injustes dans ce milieu où l’on doit se remettre en question individuellement. Après, il y a des choses sur lesquelles on arrive à discuter et à demander des explications.
    Alors comment ça se passe avec Emil Krafth ?
    Très bien. C’est un bon mec et un bon joueur. Il n’y a aucun souci et aucune tension entre nous. Il y a un respect total de l’un envers l’autre. C’est bien mais après il faut savoir respecter l’humain, le travail effectué, être reconnaissant et si ce n’est pas le cas, il y a des personnes qui s’occupent de moi. De mon côté, je veux être le plus performant possible et dans le vestiaire, je n’ai jamais aimé les personnes qui foutent le bordel. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux dans un sport collectif. Tu bosses et quand tu veux une explication, tu l’as, en tête-à-tête comme un grand. Pas besoin de faire du cinéma. Je travaille et s’il y a des choses injustes ou une incompréhension, je m’explique directement avec la personne concernée. Il faut avoir du caractère mais il faut se faire comprendre par des moyens sages plutôt que d’avoir des comportements regrettables. Cela dit, il ne faut être trop gentil non plus et ça, je l’ai compris

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    • Journaliste sportif pour le Courrier picard. De l’Amiens SC, du foot, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... « Le vestiaire » vous ouvre ses portes et ce blog est destiné à toutes celles et tous ceux qui aiment le foot, le sport mais pas que… Après avoir connu  des descentes, des montées et 17 entraîneurs avec l’ASC, il était temps de raconter quelques souvenirs et de vous faire partager  ma première saison en Ligue 1. Autrement, différemment en portant aussi un regard sur les autres sports.

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