Traoré (Amiens) : ’’Ils attendent beaucoup de moi et je comprends’’

     

    Lacina Traoré a obtenu un penalty face à Troyes (Photo Fred DOUCHET)

    Deux passes décisives mais aucun but marqué pour l’attaquant de l’Amiens SC, qui comprend les critiques dont il fait l’objet en essayant de rattraper le temps perdu après de nombreuses blessures. Entretien.

    A 27 ans, Lacina Traoré, prêté par Monaco, court après le temps perdu.

    Lacina Traoré, comment Monaco s’est intéressé à vous ?

    Après Cluj en Roumanie, je suis allé en Russie au Kouban Krasnodar puis au KK Anji Makhatchkala (2012-2014), où j’ai évolué avec Samuel Eto’o. Un « Monsieur », un exemple et il faut le connaître avant de le juger. Monaco m’a alors contacté et en janvier 2014, j’ai signé pour quatre ans et demi.

    Pourquoi Monaco ne vous a pas gardé ?

    Quand j’y suis arrivé, j’étais blessé et quand j’ai récupéré, il y avait Falcao. J’ai été prêté à Éverton. J’ai fait un match et marqué un but puis lors du deuxième match, à l’échauffement, je me blesse : une déchirure de 16 centimètres à la cuisse. Elle était tellement profonde que j’ai mis un an avant de récupérer. Puis, j’ai eu une fracture de fatigue que j’ai traînée pendant trois ans en me faisant opérer. Il m’a fallu du temps pour revenir.

    Le football en Russie, ça donne quoi ?

    C’est un bon championnat, dur. À Anji Makhatchkala, j’ai inscrit 18buts. On avait une équipe de dingues, de fous avec Eto’o et Willian, de Chelsea. On gagnait tout. Après, il y a eu un problème et tous les joueurs se sont barrés. En dehors du froid, le niveau est intéressant et les supporters sont derrière leurs équipes, torse nu à -20 degrés. C’est impressionnant.

    Et vous êtes passé de la Russie à Monaco…

    C’est le jour et la nuit. Le soleil, la Côte d’Azur, le cadre idéal pour vivre. J’étais content mais cela s’est mal passé avec mes blessures. C’est un regret et j’ai encore ça sur le cœur mais ils m’ont beaucoup aidé, dont le staff médical.

    Pourquoi avez-vous choisi Amiens ?

    C’est un club promu, où je pouvais m’exprimer sans trop de pression. Au début, cela a été un peu difficile mais après, j’ai rencontré des mecs qui m’ont donné envie de continuer.

    Parce que vous avez eu envie d’arrêter ?

    À un moment, pendant la trêve, sincèrement, j’étais fatigué. Je voulais arrêter pendant un an et rester chez moi pour me refaire une santé. J’ai eu des contacts avec le Panathinaïkos, le Lokomotiv Moscou, etc. Mais le vestiaire me manquait. Je suis très heureux d’avoir retrouvé mes coéquipiers.

    Que vous manque-t-il ?

    Inscrire mon premier but. Le plus important reste le maintien mais c’est vrai qu’un attaquant est jugé sur ça. Je manque de confiance. Je m’en veux à chaque fois mais je ne veux pas rester sur des ratés.

    Comment vivez-vous toutes les critiques qui s’abattent sur vous ?

    Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Il faut faire la part des choses. Ils attendent beaucoup de moi et je comprends. Il faut ça aussi pour avancer. Après, il faut rester fort dans sa tête et bosser.

    Certaines critiques sont-elles blessantes ?

    Oui mais tout ce qui ne tue pas te rend plus fort.

    Le public est capable de vous siffler et de vous applaudir au cours d’un match…

    Oui ! Ils font des déplacements et des sacrifices pour nous encourager. Ils viennent prendre du plaisir et s’ils n’en prennent pas, cela devient une frustration. On les comprend mais on donne le maximum.

    « Je voulais arrêter pendant un an et rester chez moi pour me refaire une santé »
    Autant vous avez le vestiaire derrière vous, autant ce n’est pas le cas avec le public. Vous êtes un sujet clivant ?

    Grave mais j’essaie de rester concentré. Et même si vous mettez but sur but, il y aura toujours des personnes pour vous rappeler que ce n’est pas bon ou pas assez.

    Avez-vous l’impression d’avoir perdu du temps et essentiellement à cause de vous ?

    J’en ai perdu beaucoup mais ce n’est pas à cause de moi. Ceux qui m’ont vu jouer savent de quoi je suis capable mais trois ans sans jouer ou presque, ce n’est pas six mois, ni un an. C’est difficile de revenir. Mon jeu est basé aussi sur mon physique. Je cours, je défends et je fais le maximum pour l’équipe afin de retrouver un bon rythme. Après, je suis un attaquant et je pense que ça va venir.

    Préférez-vous jouer avec deux attaquants ?

    Je préfère. Moussa n’a pas le même profil. C’est plus un tueur devant le but et moi, c’est plus un travail de fixation.

    Dernière question, avez-vous changé de voiture ?

    La Ferrari, cela faisait trop. J’entendais les gens parler et elle va partir. Mais ma passion, ce sont les voitures et les montres. J’en ai eu beaucoup à part la Bugatti : Lamborghini Aventador, Rolls Royce, etc. Propos recueillis par

    Rachid Touazi

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    • Journaliste sportif pour le Courrier picard. De l’Amiens SC, du foot, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... « Le vestiaire » vous ouvre ses portes et ce blog est destiné à toutes celles et tous ceux qui aiment le foot, le sport mais pas que… Après avoir connu  des descentes, des montées et 17 entraîneurs avec l’ASC, il était temps de raconter quelques souvenirs et de vous faire partager  ma première saison en Ligue 1. Autrement, différemment en portant aussi un regard sur les autres sports.

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