Christophe Pelissier : “On n’est pas payés en retour”

    Photo Fred Haslin

    Comment abordez-vous ce mois de décembre ?
    On va disputer cinq matches cruciaux et on aura un premier aperçu de ce qu’on va pouvoir jouer jusqu’à la fin de saison. J’ai émis le souhait d’atteindre la barre des 18, voire 20 points. C’est celle qu’on s’est fixée et qu’on s’était fixée la saison dernière. Il faut obligatoirement y parvenir. Ces matches vont permettre de savoir où l’on se situe, par rapport aussi à nos adversaires. On joue quand même Monaco et Guingamp, qui sont derrière nous, et des équipes pas loin devant nous.
    «On ne peut pas inventer des choses quand
    on n’a pas les outils»
    Dans un championnat où il y a le PSG et deux autres championnats ?
    C’est extrêmement serré. Il y a une douzaine d’équipes qui jouent le maintien, dont on fait partie. Nous, pour le moment, on n’est pas arrivés à installer une dynamique de victoires. À chaque fois, on arrive à gagner le match qui nous empêche de décrocher, mais on n’arrive pas à enchaîner. Notre axe de progression est là dans la régularité, la constance, y compris dans le contenu de nos matches. On a de très bonnes séquences et parfois, on a des trous. Malheureusement, dans nos bonnes séquences, on ne concrétise pas et dans nos mauvaises, on paie cash nos erreurs. J’attends de la régularité, de la constance pendant et dans l’enchaînement de nos matches.
    Vous faites un pas en avant et deux en arrière, comme l’a noté Eddy Gnahoré dimanche après Marseille ?
    Oui, et c’est bizarre. Les constats, on les fait avec le staff mais les solutions… Je crois que notre jeu a été un peu modifié aussi par le profil des joueurs. On est moins sur des attaques rapides, on fait moins mal dans les transitions parce qu’on n’a pas les profils. Les deux seuls joueurs qui nous amènent de la profondeur, c’est Otero et Mendoza. Les autres ont un profil différent. Je trouve qu’on est meilleurs que la saison dernière dans tout ce qui est préparation du jeu, sorties de balles, jusqu’aux 30 mètres adverses. Là, on éprouve des difficultés, mais aussi dans nos 30 mètres. Comme on fait le jeu un peu plus bas, parce qu’on a cette qualité, on commet malheureusement des erreurs qu’on paie cash dans des zones de terrain où on ne s’aventurait pas trop la saison dernière. C’est un tout, parce qu’on ne tient pas le ballon plus haut et qu’on n’a pas les profils,etc.
    Tout est lié ?
    Tout est lié. Bien sûr qu’on prend trop de buts, c’est indéniable. Bien sûr qu’on peut dire qu’untel a commis une erreur, qu’il y a ci et ça, mais je pense, surtout, qu’on a une façon de jouer différente par rapport au profil des joueurs. On a du mal à tenir le ballon plus haut et on le perd dans des zones qui font mal en Ligue 1. Parce que dans pratiquement tous les clubs de L1, il y a des joueurs très bons sur la transition. On l’a vu face à Marseille. Ils ont eu 15 situations de transition alors que nous, on n’en a eu que deux.
    Vous donnez l’impression de chercher et de ne pas trouver l’équilibre ?
    Ce n’est pas une question de chercher, c’est qu’on fait avec les joueurs qui sont difficilement associables. On a beaucoup de joueurs d’axe et très peu qui prennent la profondeur. C’est compliqué de trouver une osmose, un équilibre. On arrive à le trouver sur des sorties de ballons, mais on n’arrive pas à le trouver sur les 30 derniers mètres. En plus, il y a la blessure de Moussa (Konaté), qui pèse sur les défenses adverses.
    Sachant que personnellement, vous aimez le jeu de transition ?
    Oui, j’aime bien quand on fait mal vite fait, bien fait.
    Donc, vous vous adaptez et vous prenez sur vous?
    On ne peut pas inventer des choses quand on n’a pas les outils.
    Que se passe-t-il avec Rafal Kurzawa ?
    Il ne se passe rien. Il ne joue pas, c’est tout. C’est un choix sportif parce qu’à ce poste-là, sur le côté d’un 4-4-2, il y a des joueurs supérieurs à lui actuellement. C’est purement sportif. C’est un gentil garçon, en plus, il n’y a pas de souci. Seulement, il n’amène pas de vitesse et nous, on a besoin de joueurs qui en amènent. J’ai besoin de profils qui apportent plus de percussion et de vitesse.

    Mais c’est inquiétant pour lui ?
    Il a une super patte gauche, une super technique, mais il faut qu’il arrive à comprendre qu’en France, il faut de l’intensité et gagner des duels. À chaque fois qu’il a joué, il m’a déçu à ce niveau-là, notamment à Metz en Coupe de la Ligue. Il doit s’acclimater, il travaille sans problème, ce n’est vraiment pas un joueur éliminé. Pour le moment, il est juste en deçà de ce que j’attends et de ceux qui jouent à sa place.
    Et Paulo Henrique Ganso ?
    Autour de lui, il faut des joueurs qui travaillent et de la vitesse mais quand il n’y a pas Mendoza, c’est compliqué.
    Vous pouvez bâtir l’équipe autour de lui ?
    On peut, mais il faut qu’il redonne un peu plus. À chaque fois qu’il rentre, il est bon, parce que les lignes sont un peu plus écartées chez nos adversaires, mais à chaque fois qu’il a été titulaire, il ne m’a pas donné satisfaction à 100%. Cela fait deux ans qu’il n’a pas joué. On ne passe pas de l’ombre à la lumière d’un seul coup et la Ligue 1, c’est difficile. Il y a de l’intensité. Sur la deuxième partie de saison, une fois qu’il aura assimilé ça, bien sûr qu’il pourra nous amener énormément. Maintenant, il faut qu’il comprenne qu’on est à Amiens et qu’on n’est pas une équipe de possession, même si on en a plus que la saison dernière… mais pas assez. Il faut bosser défensivement.
    Treize points, c’est conforme à vos attentes ?
    Non je suis déçu. J’estime qu’on manque de régularité. On peut mieux faire et ma frustration est à l’image du match face à Marseille. On sent des possibilités, mais on a du mal à franchir ce cap.
    Avez-vous l’impression que votre équipe produit beaucoup d’efforts sans résultats?
    On ne peut rien reprocher aux joueurs. Il y a de l’investissement, des efforts, du travail, des intentions, mais on n’est pas payés en retour. Je suis aussi déçu pour eux de manière globale. On a commis des erreurs qu’on a payées, des blessures qui nous ont handicapés dans notre projet de jeu. Beaucoup de choses n’ont pas tourné en notre faveur. C’est dur de trouver un équilibre, mais ça bosse.
    Êtes-vous inquiet ?
    Non, on est préoccupés parce qu’on veut toujours faire plus pour faire progresser l’équipe, mais je ne suis pas inquiet. Il reste 24 matches et on est à la lutte avec beaucoup d’équipes

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    • Journaliste sportif pour le Courrier picard. De l’Amiens SC, du foot, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... « Le vestiaire » vous ouvre ses portes et ce blog est destiné à toutes celles et tous ceux qui aiment le foot, le sport mais pas que… Après avoir connu  des descentes, des montées et 17 entraîneurs avec l’ASC, il était temps de raconter quelques souvenirs et de vous faire partager  ma première saison en Ligue 1. Autrement, différemment en portant aussi un regard sur les autres sports.

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