Régis Gurtner : ”Les mentalités ont évolué”

    A 32 ans, le gardien de but de l’Amiens SC estime qu’on apprend à tout âge et il essaie de transmettre son savoir aux plus jeunes. Reconnaissant que les mentalités ont évolué dans son métier, il pointe aussi du doigt les réseaux sociaux.

    (Photo Fred DOUCHET)

    Régis Gurtner, le maintien est-il acquis ?
    Non, loin de là. Il faut vraiment qu’on reste consciencieux et tous, on doit être conscient que c’est loin d’être acquis. Il y a cinq ou six matches, on était en train de lutter avec les trois derniers et peut-être que dans cinq ou six matches une ou deux équipes seront revenues dans le coup pour éviter d’être barragiste. Restons sur ce qu’on fait actuellement et ne nous relâchons pas. À nous, les plus anciens, et au staff d’être très vigilants.
    Les arrivées de Guirassy et Pieters ont-elles provoqué un déclic ?
    Ils nous font vraiment du bien à tous: que ce soit au niveau de leur état d’esprit ou de leurs qualités footballistiques mais ce n’est pas non plus deux joueurs qui vont changer tout globalement. Ils apportent un vrai plus. C’est important pour un groupe comme le nôtre. Cela permet d’élever le niveau de jeu de l’équipe. Le mercato a été plutôt réussi à ce niveau-là.
    Et vous défendez mieux sur les quatre derniers matches avec trois buts encaissés…
    On savait que notre mois de janvier serait compliqué. Mais depuis le début de l’année, on défend globalement mieux. Dans l’état d’esprit, il y a eu une prise de conscience de tout le monde. On sent qu’on forme une vraie équipe. On se bat les uns pour les autres. Le maintien passe par là.
    La saison dernière, vous avez fini avec la quatrième défense (42 buts) et cette saison vous en avez déjà encaissé 43 en conservant pratiquement le même noyau de défenseurs notamment dans l’axe. Comment l’expliquez-vous ?
    Je ne l’explique pas trop. La défense, c’est un état d’esprit et tout le monde doit être concerné. La saison dernière, on fournissait peut-être beaucoup plus d’efforts.
    Pour moi, l’aspect défensif, cela démarre des attaquants et peut-être qu’à un certain moment, parce qu’on a fait une saison en Ligue 1, on a pensé que le niveau était acquis. Chacun d’entre nous a fait peut-être un peu moins d’efforts. Il y a eu une forme de relâchement et c’est contre ça qu’il faut lutter si on veut continuer à être performant.
    Il y a eu une prise de conscience après une première partie de saison, au niveau défensif, qui n’a pas été clairement bonne. Durant cette période, chacun faisait moins pour le collectif et cela s’est ressenti. On prenait souvent des vagues et depuis le mois de janvier, c’est beaucoup mieux au niveau des efforts collectivement.
    Et vous avez trouvé la bonne formule en 4-4-2 ?
    Le coach a changé avec deux attaquants et cela fonctionne bien avec Moussa et Sehrou devant. Ce duo marche plutôt bien et il nous amène un vrai plus offensif tout en restant solide défensivement. Cela démontre aussi que chacun d’entre nous fait des efforts.

    Vous faites partie du dernier wagon des joueurs à l’ancienne, respectueux de leur métier. Celui-ci a t-il changé ?
    Cela a vraiment beaucoup évolué. Le football, le vestiaire, les mentalités, les réseaux sociaux car à mon époque, quand j’ai débuté, il n’y en avait pas du tout. C’est à ce niveau-là qu’on sent un changement et parfois, cela devient n’importe quoi. Les mentalités ont évolué et c’est à nous, du moins les plus anciens, afin de perdurer, de ne peut-être pas s’adapter mais de gagner aussi une certaine forme de respect des plus jeunes. Tout en restant soi-même, en gardant nos valeurs, avec les choses innovantes dont les réseaux sociaux, les GPS, les statistiques, etc. On est là pour transmettre notre expérience, notre rigueur et on ne fait pas carrière en n’ayant joué que deux ou trois matches en Ligue 1. J’ai l’impression que cela va beaucoup plus vite dans le foot maintenant. À l’époque, il fallait faire deux ou trois saisons en équipe réserve, en CFA ou en CFA2, pour décrocher un contrat professionnel d’un an. Aujourd’hui, les jeunes demandent rapidement un contrat pro. Cet aspect-là est plus difficile à gérer et au niveau du centre de formation, il faut souligner le travail effectué. Ils font un gros boulot et j’en discute souvent avec Julien (Ielsch) ou Patrice (Descamps).
    C’est facile de tenir un vestiaire lorsqu’on est un leader comme vous ?
    On est plusieurs leaders, chacun avec sa personnalité, sa façon d’être. On est cinq ou six anciens à avoir le respect du vestiaire. Chacun doit apporter à sa manière pour que le vestiaire vive bien avec un bon état d’esprit. On doit amener cette rigueur qui nous a permis de faire une carrière. J’ai 12 ou 13 ans derrière moi et j’essaie de transmettre mon savoir. On nous écoute et on est aussi observé par les plus jeunes dans notre manière de travailler même si c’est un peu différent pour moi au poste de gardien de but.
    Vos rapports avec Olivier Lagarde se limitent-ils à celui d’entraîneur/entraîné ou ça va plus loin et vous arrive-t-il de vous engueuler ?
    Rarement vu mon caractère. Je suis plutôt calme et serein. J’aime bien bosser et il y a une certaine complicité entre nous. On discute souvent de tout. On s’entend très bien et cela a toujours été le cas dans ma carrière avec les entraîneurs de gardiens. Il y a toujours un bon feeling qui passe quand on a envie de bosser.
    Les gardiens de but forment-ils une caste ?

    ASC PSG (48)

    Oui c’est un peu une secte! On est très souvent ensemble à quatre et c’est vrai que c’est une petite équipe mais dès qu’on participe à l’entraînement collectif, on essaie d’apporter notre état d’esprit, notre grain de folie en restant toujours positif.
    Quel est le meilleur gardien français ?
    J’aime beaucoup Lloris dans sa façon d’être et ses qualités. Il a commencé très jeune en L1 et pour moi, c’est un exemple à suivre à tous les niveaux: sa communication, sa façon d’être.
    Lloris a dit qu’on apprenait à tout âge, est-ce votre cas ?
    Complètement, j’apprends encore et à notre poste, il y a des choses à travailler tous les jours. Et c’est ça qui est bien dans notre métier.

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    • Journaliste sportif pour le Courrier picard. De l’Amiens SC, du foot, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout... « Le vestiaire » vous ouvre ses portes et ce blog est destiné à toutes celles et tous ceux qui aiment le foot, le sport mais pas que… Après avoir connu  des descentes, des montées et 17 entraîneurs avec l’ASC, il était temps de raconter quelques souvenirs et de vous faire partager  ma première saison en Ligue 1. Autrement, différemment en portant aussi un regard sur les autres sports.

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