Au fond, j’ai un mauvais fond…

         

    The Last Ones. Au premier plan : Philippe De Braeckelaer, chanteur; au second plan : Philippe Van Haelst, guitariste.

    Mes soirées se suivent et ne se ressemblent pas. Mes soirées? C’est vrai qu’elles se font rares ces derniers temps. Le temps, justement? Peut-être bien. Ce froid humide incite à rester chez soi. Cocooning. Seul devant sa télévision. Ma télévision? Parlons-en. Depuis des semaines j’en suis quasiment privé. C’est affreux. Pendant des années, je la boudais, ne la regardais plus. Cet été, à la faveur de quatre semaines de repos forcé en milieu clos, j’y ai repris goût. Plutôt que d’aller cloper dans la cour, je restais scotché devant l’écran. Je m’abreuvais d’abord de tout ce que je chopais avec mes yeux vinyles (comme dirait Ore Pale, une adorable fan de mes bouquins, séduisante et jeune Bordelaise; c’est elle qui a confectionné mon Wikipédia que j’eusse bien été incapable – brêle comme je suis en informatique – de réaliser moi-même). Des émissions du matin pour les mères de famille, des feuilletons américains, des vieux films français. Puis, je me suis mis à matter le programme télé et à choisir. Comme un vieux (que je suis), je coche (avec le nom que j’ai: normal!), j’annote, je sélectionne. J’ai repris le virus. Bien mal m’en a pris! Cette fichue télé qui, jusqu’ici, quand je ne l’aimais plus du tout, fonctionnait du feu de Dieu, s’est mise à déconner depuis que je l’aime à niveau. C’est encore plus capricieux qu’une fille, cet engin-là! Ça fait cinq fois que je tente de me faire dépanner par la hotline de mon opérateur. Elle repartait. Puis s’arrêtait. Je mettais vingt bonnes minutes pour la faire démarrer. Ils m’ont changé la box; j’ai fait l’effort de changer les piles de mes télécommandes. Rien n’y a fait; depuis cinq jours, elle ne veut plus rien savoir, la bourrique! Résultat, le soir, seul comme un pou sur la tête de Dominique A, je fume comme un pompier, je descends des bières de chez Liddle, je parle à Scully, mon hamster. (Devrais-je dire ma hamstère pour être politiquement correct car c’est une fille?) Conséquence: peu à peu, je me suis remis à sortir. Dernièrement, je suis allé en compagnie de la délicieuse Lys au concert de l’ensemble vocal Cum Jubilo, qui s’est adonné, à la chapelle d’hiver de la cathédrale d’Amiens, à sa spécialité: la musique médiévale.

    Au cours de la dégustation de vins bios à l’Echason, près de l’hôtel Mercure, à Amiens.

    Ensuite, elle m’a entraîné à l’Échason, près de l’hôtel Mercure où la société Du Lombric à la table (104, rue Louis-Thuillier, 80000 Amiens; dulombricalatable@gmail.com) passeurs de vins vivants (vins biologiques, biodynamiques et natures) procédait à une dégustation. Est-il nécessaire de préciser que nous étions aux anges? Même Lys qui, comme toutes les Anglaises, n’aime que le champagne et le rosé, a trempé ses lèvres délicates dans des verres de blanc. Ensuite, je me suis souvenu que j’avais mes harmonicas dans mon sac, et j’ai foncé au My Goodness pour bœufer avec mes copains The Last Ones (David Lefevre, Philippe De Braeckelaer, Patrice Leduc, Philippe Van Haelst). Chaude, très chaude soirée. En rentrant, j’avais envie de donner un coup de Doc Martens dans l’écran de ma télé en grève. Au fond, j’ai un mauvais fond; je suis malfaisant.

    Dimanche 2 décembre 2018.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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