Besson en emporte le vent

         Genre particulier, la chronique hume l’air du temps et le vent de l’époque. Patrick Besson y excelle.

    Recueillir des articles, des chroniques ou des billets dans un livre peut être, pour certains écrivains, une manière de «gonfler» leur bibliographie. À l’inverse, d’autres profitent de l’exercice pour faire œuvre de littérature. Patrick Besson est de ceux-là. Ce n’est pas la première fois qu’il nous donne à lire un recueil. À chaque fois, pour notre plus grand plaisir. C’est encore le cas avec le présent Abîmes, fredaines et soucis. On se régale; on apprend des choses; on rigole. Pas un temps mort, pas une miette d’ennui dans ces 232 pages, drues et serrées comme une averse de mars. Il partage son livre en sept chapitres dans lesquels il nous parle de l’Afrique, de cinéma, de la critique littéraire (ses leçons d’écriture à Jean Birnbaum sont un délice de tendre vacherie), de voyages (Russie, pays arabes), des femmes (dont Julie Gayet), de littérature (dont l’inoubliable Albertine Sarrazin et Guy des Cars) et de choses plus personnelles. Il a répondu à nos questions.

    «On s’était tout dit»

    Patrick Besson, quel plaisir, un écrivain reconnu comme vous, éprouve-t-il à faire éditer, régulièrement, des recueils d’articles ou de chroniques?

    Le grand plaisir du rangement.

    Cet «Abîmes, fredaines et soucis» est particulièrement drôle et savoureux. Comment avez-vous effectué le choix? Seul? En compagnie de l’éditeur? En compagnie de proches?

    J’ai choisi tout seul mes textes les plus drôles et les plus savoureux.

    Contrairement à certains de vos précédents recueils, les publications qui ont accueilli en leur sein vos petites perles ne sont pas clairement identifiées, ou nommées. Pourquoi? Et quelles sont-elles?

    VSD, Le Figaro magazine, le Magazine littéraire, le Point, Muze. Quel est l’intérêt de les citer?

    Comment fait-on pour trouver une formule pareille (page 18): «C’est une voltairienne

    pleine de taches de Rousseau.» Jaillissement subreptice, ou mûre et longue réflexion?

    «Je ne cherche pas, je trouve.» Picasso.

    On est en droit d’apprécier les analyses marxistes de certaines de vos chroniques (page 83): «(…) le capitalisme est toujours en crise, ça lui permet de virer les gens et d’en engager d’autres à moindre coût». Avez-vous toujours votre carte du PCF

    Le titre de l’ouvrage de Patrick Besson est de Céline.

    et, si c’est le cas, à quelle section-cellule?

    C’est trop intime comme question.

    Vos leçons d’écriture à Jean Birnbaum, du «Monde des livres», sont hilarantes. Comment cela vous est-il venu?

    À sa lecture.

    L’avez-vous rencontré? Vous a-t-il répondu?

    Je l’ai vu un soir au dîner Lattès pour le Renaudot de De Vigan, mais on ne s’est pas parlé, on s’était tout dit.

    Vous écriviez que vous êtes chez vous dans tous les pays communistes. Est-ce toujours le cas?

    Oui mais il y en a beaucoup moins.

    Vous tenez au fait qu’il ne faut pas apposer d’accent circonflexe sur le «i» de Benoit (Pierre de son prénom). La faute est souvent commise. Parlez-vous de ce romancier.

    Poétique, cosmopolite, sensible.

    Quels sont vos chroniqueurs préférés?

    Parmi les vivants, vous. Parmi les morts, Dostoïevski.

    Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

    Abîmes, fredaines et soucis, Patrick Besson ; Grasset ; 232 p. ; 19 €.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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