Confiné au jardin : coup de bêche contre le corona

        Il faisait bon, hier après-midi. Très bon. Un bon soleil de presque printemps caressait la belle ville d’Amiens. Un temps pour se promener, direz-vous. Vous n’avez pas tort à cela près que la majorité des gens étaient confinés chez eux depuis midi. Que faire alors? Se poster derrière ses rideaux et épier la rue, voire ses voisins? S’écrouler sur le canapé et mater la télévision où l’on ne parle que du coronavirus? Il y a bien mieux à faire… Ceux qui ont la chance de posséder un jardin et potager peuvent sortir la bêche. C’est vrai qu’il est préférable de bêcher avant les premières gelées, en novembre.On sait tous qu’on a toujours mieux à faire. On reporte; on remet toujours ça.

    Les vers solidaires

    Alors, pourquoi ne pas profiter du confinement pour sortir la bêche et s’en donner à cœur-joie? Tous les jardiniers un peu écolos, donc raisonnables, vous le diront: le bêchage n’a plus bonne presse, surtout en cette saison. Il dérange les vers qui sont les meilleurs alliés de la terre. Il faut donc y aller doucement, délicatement, pas profond. Juste un petit retournement, un petit rafraîchissement comme chez le coiffeur. Bêcher, c’est bon pour le corps et pour le moral. C’est physique, presque sportif. Pendant ce temps-là on ne pense plus à cette cochonnerie de coronavirus et on oublie, comme nous l’a dit six fois, notre beau président amiénois, qu’on est en guerre.

    Et là, au grand air, pas besoin de gel, de gants, de masque. Non, rien. Tout seul dans le jardin, rien à craindre. À moins qu’un pangolin ou une chauve-souris ait la mauvaise idée d’atterrir dans votre potager. Ou que votre gentil voisin, toussotant et enfiévré, s’amuse à vous tailler une bavette au-dessus de la haie. Mais là, reconnaissez que ce ne serait vraiment pas de chance. Même les vers – qui sont rarement solitaires – n’y verront aucun inconvénient: s’ils ont bien écouté Manu, ils ne manqueront pas d’être des vers solidaires. Ils savent bien qu’en temps de guerre, on se serre les coudes.

    PHILIPPE LACOCHE

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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