Confiné au jardin : il caresse le ventre de Babette

    Babette surveille discrètement ses deux mioches. Il faut avoir de la coquille pour élever deux mômes! (Photos : Philippe Lacoche.)
    Babette constate avec horreur que Bernard, son fils adolescent, vient de nouveau de fuguer.
    Grondé par sa mère, Bernard retourne à la niche.
    Ses mioches endormis, Babette, légère et sensuelle comme une Janis Joplin, se barre en boîte pour retrouver un amant titulaire de très grandes cornes. On surnomme ce dernier le Rocco Siffredi des gastéropodes.
    Après que le jardinier confiné eut recouvert le mug d’un film plastique, Babette troue celui-ci et tente de se faire la malle.

     

    Légèrement pervers, le jardinier confiné caresse le ventre de Babette au travers du film plastique; il trouve ça aussi doux que l’aine d’un vingtenaire.

    Difficile à admettre; difficile à écrire aussi en ces temps de confinement où les médias, les chercheurs, les psychologues, psychiatres, analystes de tout poil, journalistes, écrivains, quidams, prêtres, chefs de chantiers, dentistes, préparateurs en pharmacie, soigneurs de zoos, etc., incitent à la solidarité, au retour au collectif, au rapprochement entre les êtres (de loin, à un mètre de distance, masque, casque de mineur et palmes, gel – non pas intime – mais hydroalcoolique), à la bienveillance, au serrage de coudes, difficile oui, à admettre et à écrire: ce n’est pas une sinécure d’adopter une famille d’escargots (voir nos chroniques d’hier et d’avant-hier).

    Doux comme l’aine d’une vingtenaire

    Résumé des épisodes précédents. Bernard, un escargot adolescent, avait été retrouvé endormi au fond d’un mug rouge négligemment déposé dans l’évier par le jardinier confiné. Ce dernier, âme sensible, et, de plus, encouragée par sa fiancée, le prit sous sa protection, le questionna. (Le confiné parle l’escargot couramment.) Ainsi, il retrouva le reste de la famille: Babette, la mère, une ancienne hippie bien en chair, et Rosa (comme Rosa Luxembourg), sa fille, la sœur de Bernard, restées contre le mur en crépi près de la porte de la véranda. Le jardinier leur fit une niche en remplissant le mug d’herbe rafraîchie d’eau de source du Faubourg de Hem. Et déposa les gastéropodes à l’intérieur. Ce ne fut pas si simple qu’on vous l’avait dit hier. D’abord, Bernard, à peine à la niche, tenta de fuguer une nouvelle fois. Babette le ramena par la peau des cornes. Puis, croyant la smala endormie, elle fila à son tour, chia une grosse bouse noire sur la table du confiné, traça vers la porte car, dit-on, elle avait rendez-vous en boîte avec un amant. Le confiné la rattrapa de justesse alors qu’elle se dirigeait vers la rue. Il la remit dans le mug avec ses enfants, et recouvrit la tasse d’un film plastique. Femme, indépendante, libre et déterminée comme une Simone de Beauvoir à coquille, elle parvint à craquer le film. Le jardinier renforça celui-ci. Puis, caressa le ventre de Babette à travers ledit film. C’était doux comme l’aine d’une vingtenaire sur une plage d’Ibiza en 1970. Maintenant, vous savez (presque) tout. PHILIPPE LACOCHE

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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