Confiné au jardin : les graines accouchent sans douleur

    Le Confiné est vraiment un drôle de zèbre: il s’est mis en tête qu’en passant de la musique à ses semis, leur venue dans ce monde de brutes serait moins douloureuse. Je désespère!

    Le Confiné espère qu’avec de la musique ses semis pousseront plus vite et dans de meilleures conditions. (Photo : Philippe Lacoche.)

    Dans la dernière chronique, j’avais lancé un vibrant appel aux lectrices et lecteurs, à la demande du jardinier confiné; il se demandait, en effet, quel était le nom de l’adorable petite plante qui courait sur le muret de son jardin, mitoyen avec l’immense pampa de son voisin Tio Guy. Un peu ignare mais aussi sensible et poète, il avait surnommé celle-ci Marine Vacht, jeune comédienne dont il est secrètement amoureux.

    Un drôle de zèbre!

    Les réponses ne se sont pas fait attendre. Plusieurs lectrices et lecteurs ont informé, avec beaucoup de précision et de culture, qu’il s’agissait de la cymbalaire des murs, également appelée la ruine-de-Rome. Elle se nomme ainsi car sa forme fait penser à celle d’une cymbale. Une lectrice, certainement très calée en gastronomie, m’a fait savoir également que cette petite plante était comestible, tant crue (en salade) que cuite. Merci à tous ces informateurs, fidèles lecteurs qui, depuis le début du confinement, ont l’amabilité de suivre mes élucubrations. J’ai donc fait part de ces éclairages au jardinier confiné. Je m’attendais à ce qu’il explosât de joie. Il était heureux, certes, et me chargea de remercier ces attentifs correspondants. Ce que je viens de faire plus haut. En fait, j’ai compris un peu plus tard que, depuis trois ou quatre jours, il n’avait plus qu’une idée en tête: surveiller ses semis qui étaient en train de lever. En effet, graines de radis noirs, de navets, d’oseille, de cerfeuil, de persil, etc., craquelaient la terre et pointaient leurs petits museaux telles des musaraignes vertes. Depuis, le Confiné est à plat ventre; il contemple les pousses, les regarde, leur parle. Il envisage même de leur mettre de la musique afin de faciliter leur naissance. «Après tout, les belles mélodies permettent aux vaches de donner plus de lait. Pourquoi ne permettraient-elles pas aux graines d’accoucher sans douleur?» Non, franchement, sans être mauvaise langue, le Confiné est vraiment un drôle de zèbre!

    PHILIPPE LACOCHE

     

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    2
    J'ADOREJ'ADORE
    1
    J'AIMEJ'AIME
    1
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    La belle écriture épurée et poétique de Christian Laborde

    Avec « Tina », son dernier roman, il aborde le douloureux et grave sujet de l’épuration ...

    L’ombre d’une tante

    Prix Rernaudot Essai 2012 avec « Le Dernier modèle », Franck Maubert sort un roman d’une ...

    Entre souffrance et espoir infini

          Avec « Sur les toits d’Innsbruck », Valère Staraselski donne à ses lecteurs son ...

    Amour et amitié en circuit court, c’est le pied!

            Le dimanche 30 septembre dernier, je publiais ici même une ...

       La Griffue, la puissance d’un grand roman populaire

                  Son dernier livre est indiscutable son meilleur : ...

    Cérésa : l’aventurier des mots

    Son Roman des aventuriersest un délice de drôlerie, de justesse et d’élégante simplicité. À ...