Confiné au jardin : mise au ver

    Il dépose le ver de terre sur le couvercle de la boîte à compost.

    Ça ne va pas fort, du côté du jardinier confiné. L’autre jour, nous l’avons surpris au fond de son potager, en train d’observer un ver de terre. Alors qu’il était en train de bêcher et qu’il en mettait un coup, il s’arrêta, posa son outil contre la clôture en grillage, se baissa, ramassa le petit et tortillant animal. Et le regarda. Pas un bref coup d’œil amusé et distrait, non. Il le reluque, le guette; ne voudrait-il pas lui faire mal? On sait le jardinier confiné pêcheur. Cela ne générerait-il pas en lui quelques puissants rêves halieutiques?

    Brigitte Bardot

    Rapprochons-nous un peu de l’humain. Voilà qu’il dépose le lombric sur le couvercle de la boîte à compost. Vous savez l’énorme boîte à compost en plastique vert aimablement donnée par la municipalité communiste de Longueau où le confiné résidait alors. Il penche sa grosse tête vers sa minuscule victime qui, sortie de son élément terreux, se tortille comme l’adorable cul de Brigitte Bardot dans un film de Roger Vadim. Et le voilà qui poursuit son observation minutieuse. En cet instant crucial, nous serions en droit de penser qu’il n’a jamais vu de ver de terre. Pourtant, il n’en est rien. Comme nous le disions plus haut, le jardinier confiné s’adonne à la pêche avec un vif plaisir. Même qu’il adore pêcher au ver ce qui, dans ces bons jours, lui permet d’attraper perches zébrées, chevesnes rondouillards, turbulents et rutilants rotengles, et même anguilles voraces. Ce que nous ne savons pas, c’est que le confiné, avec l’âge, devient hypersensible. À force de lire la chronique dominicale Les Dessous chics, de Philippe Lacoche, il le copie. Il s’interdit d’écraser les araignées, les mouches et les moustiques. Il regarde encore la bestiole, attendri, et se dit qu’il se verrait mal enfoncer un hameçon de 16 dans le corps d’une si adorable créature. Alors, tout rêveur, il la dépose délicatement dans le compost et se remet à bêcher. PHILIPPE LACOCHE

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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