Confiné au jardin : Patrick Bruel en Thiérache

     

    Bon Dieu! Mais c’est bien sûr : Alf ! Photo : Philippe Lacoche.

    On le sait déjà: le jardinier confiné est un individu bien étrange. Singulier, dirons-nous pour nous adonner à l’euphémisme. Depuis toujours – mais sa pathologie s’est aggravée depuis cinq ans–, il voit de sosies partout. Dans la rue, à la télévision, dans les journaux, au travail, au restaurant, etc. L’autre jour, alors qu’il se trouvait en déplacement en Thiérache («Dans le Vaugandy», comme il dit, tout autant mystérieusement), et qu’il était en train de déjeuner dans un restaurant de La Capelle, non loin de l’hippodrome, il a cru reconnaître Patrick Bruel. Un Patrick Bruel un peu empâté, certes, mais un Patrick Bruel quand même.

    Sioux

    Entre la tête de veau et le maroilles, il l’a observé pendant dix bonnes minutes avec toute la discrétion que nécessite cet exercice de guet digne d’un Sioux. À trois reprises, Patrick s’est retourné vers notre confiné, un air de dire: «Qu’est-ce qu’il me veut, ce con? Tu veux ma photo, tête de nœud?» On le sait aussi, le Thiérachien a bon cœur mais il ne faut pas lui marcher sur les pieds. Depuis 1870, il en a vu de toutes les couleurs en matière d’invasions, exclusivement teutonnes, il faut le reconnaître. Autant dire, qu’il a de la résistance. Et du caractère. Le confiné se fit donc tout petit. Puis, profitant que le Patrick fût embarqué dans une discussion passionnée avec la dame qui lui faisait face, le jardinier sortit son téléphone portable et le shoota discrètement. Et il envoya la photo témoin à l’une de ses bonnes copines, fan de sosies, elle aussi. Sachez tout de même que le jardinier confiné croit aussi très souvent se reconnaître. Cela lui procure une joie sans limite. «On se sent moins seul sur terre», estime-t-il. Il y a trois mois, place de Clichy, à Paris, il a suivi pendant vingt minutes son sosie pour voir où il se rendait, ce qu’il faisait. Il n’a vraiment rien d’autre à foutre sur terre. Enfin, comme diraient ses collègues, pendant qu’il fait ça, il n’est pas au bistrot. Avant-hier, frissonnant dans sa maison de confiné, il est allé chercher trois bûches pour sa cheminée. L’un d’elles (notre photo), lui a tout de suite fait penser à quelqu’un? Vous ne voyez pas? Mais si, un petit effort. Ce minuscule œil sournois de bouffeur de chats? Ce gros museau, ce port de tête altier: Alf, bien sûr, de la série américaine éponyme diffusée entre 1986 et 1990. Alors, nostalgique, le confiné s’est mis à penser à ses enfants qui adoraient Alf. Ils étaient si petits, si mignons. Et lui encore si jeune… PHILIPPE LACOCHE

     

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    2
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    CINEMA « Je baignais dans ce monde agricole, dans ce milieu paysan »

    Fils de l’ancien maire-agriculteur d’Holnon, près de Saint-Quentin, Benoît Delépine vient de réaliser, avec ...

    Confiné au jardin : il caresse le ventre de Babette

      Difficile à admettre; difficile à écrire aussi en ces temps de confinement où ...

    Un dimanche Hardellet et des chaises pour la fête des mères

      Il faisait si beau. Comment résister à l’appel de la mer? Ainsi, Lys ...

    Les coups de coeur du marquis…

    Une jolie vie de petit lapin Superbe! Il n’y a pas d’autre mot pour ...

    Sous le vernis du marquis

                                           Deux vernissages.  Deux bons moments. Le premier eut pour cadre la galerie Pop ...

    Du côté de chez Pierre, de la France et du rock

    En compagnie de mon adorable petite amie, j’ai passé l’avant-dernier jour de l’année, boulevard ...