Confiné au jardin : saloperie de vent !

    Cette fois, c’est le forsythia qui en prend plein la tronche!

    Un beau dimanche. «Chouette!», se dit le jardinier confiné. «Je vais pouvoir en profiter.» À peine avait-il fait deux pas sur la terrasse, qu’une bourrasque à décorner un Jacques Martin lui saute au visage et lui malmène tout le corps. De plus, ne se fiant qu’à ses étranges yeux bleus, d’un bleu gris métallique («Couleur du ventre des hirondelles», lui avait dit un jour l’une de ses anciennes conquêtes; mais c’était certainement pour le flatter), il s’est habillé légèrement. Résultat: le voilà à moitié transi. «Saloperie de vent!» hurla-t-il, furieux, écumant de rage.

    Gérald était malheureux

    Il regarde désespérément son potager qu’il espérait bêcher. Il sait que ce ne sera pas possible. Deuxième bourrasque: cette fois, c’est le forsythia qui en prend plein à la tronche. «Ce crétin de souffle venu de je ne sais où, va finir par déraciner mon bon vieux Jaunard!». (Jaunard. C’est ainsi qu’il a surnommé le forsythia, tout de jaune revêtu dès le printemps; l’arbre ne l’a jamais contredit, donc le confiné continue de le surnommer Jaunard.) «Ouf! Le Jaunard tient le coup», soupire le jardinier.

    Ce dernier a toujours bien supporté la pluie qui lui rappelle la Bretagne, l’Irlande et le Vaugandy, contrées qu’il a toujours adorées; en revanche, il a toujours détesté le vent. Pire: il voue à cet élément une véritable haine. Lorsque l’ignoble souffle surgit, cela le met dans une humeur épouvantable. Il se souvient que cela lui a parfois joué des tours. Il y a fort longtemps, au tout début des années 1980, alors qu’il était invité par l’Alliance française de La Haye pour y donner une conférence sur l’un de ses livres, le conseiller culturel, l’aimable et adorable Gérald Drubigny, l’avait convié, son ex-femme et lui, à faire une balade sur une plage batave. Un vent terrible soufflait. Le jardinier confiné avait demandé à se qu’on abrégeât la promenade balnéaire. Le conseiller en fut un peu malheureux. C’était il y a si longtemps. Que faisait le coronavirus en ces temps reculés. Enquiquinait-il les bronches d’un pauvre pangolin qui ne lui avait pourtant rien fait?

    PHILIPPE LACOCHE

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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