Des heures heureuses grâce au vin bio

    Dans son excellent dernier livre, Christian Authier cerne l’univers des vins naturels.

    Contrairement à d’autres écrivains qui ressassent et, volontairement, utilisent les mêmes thèmes jusqu’à l’usure (Patrick

    Christian Authier, romancier et essayiste, s’est vu décerner le prix Renaudot de l’essai 2014 pour “De chez nous” paru chez Stock.

    Modiano par exemple), Christian Authier se plaît à varier les thèmes et les plaisirs. On est en droit de l’en féliciter. Dans son dernier roman, Des heures heureuses, il nous invite à suivre les pérégrinations de Thomas, 26 ans, solitaire, qui se fait embaucher comme assistant de Robert Berthet (clin d’œil au regretté écrivain Frédéric Berthet; il en fait d’autres à propos de quelques-uns de ses amis: Maulin, Laborde, Guégan, Maréchaux, Gravier, etc.), singulier, bouillonnant et surprenant quinquagénaire, représentant en vins naturels, voire bios. Lorsqu’on demande à l’auteur, pourquoi ce thème peu usité, il répond: «D’abord, pour étancher sinon ma soif, du moins mon goût, pour ces vins que je bois depuis plus de quinze ans. Cela dit, c’est un prétexte, un décor. L’action aurait pu tout aussi bien se dérouler dans le monde de la politique qui était le motif de mon roman Une Belle époque, de la presse, du football, de l’édition, de la grande distribution… Chaque milieu porte en lui les reflets de la société et de ses mutations. Cela m’intéressait d’observer celles-ci à travers le prisme du petit monde du vin naturel qui charrie dans son sillage des profils singuliers, attachants et finalement romanesques.»

    «Méprisés, moqués, vilipendés»

    Serait-ce, pour lui, une façon, de louer ces vins naturels, d’en faire la promotion, ou, au contraire, une manière de dénoncer un engouement, une mode? «Longtemps ces vins et les artisans vignerons qui les produisaient étaient méprisés, moqués, vilipendés par les arbitres des élégances, affirme-t-il. Depuis quelques années, on les trouve à la carte des plus grandes tables en France comme à l’étranger, mais aussi dans des bistrots de quartier comme dans des restaurants branchés. Ils demeurent évidemment minoritaires face à la production industrielle, cependant ils sont à la mode. De fait, des opportunistes tentent de se greffer à la tendance et à surfer sur le «bio», le «naturel». Puis il y a un snobisme. Que l’on retrouve également dans le domaine de la gastronomie que j’évoque aussi dans le roman. Voici vingt ans, il fallait boire des bordeaux boisés et vanillés. Aujourd’hui, on revendique le terroir, l’authenticité, le côté artisanal. C’est très bien, mais attention aux faussaires…»

    Les lecteurs de Christian, c’est certain, se poseront la question: Thomas, ne serait-ce pas un peu lui?

    «Hélas, je n’ai pas sa jeunesse ni son charme…» sourit Authier. «Cela dit, on met toujours de soi dans ses personnages, y compris les plus éloignés de nous. Mais il y a une grande différence entre Thomas et le jeune homme que j’étais à vingt-cinq ans. J’ai grandi avec des amis chers, nous cultivions l’esprit de bande, nous avions la tête aux bêtises. Thomas, plus solitaire, découvre l’amitié sur le tard, si je puis dire. Lorsqu’il se lie à un homme qui pourrait être son père et à sa bande qui n’appartient pas non plus à sa génération. Je raconte son initiation à l’amitié, au goût de la dérive, aux échappées belles. Puis il découvre l’amour et d’autres horizons.»

    Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

    Des heures heureuses, Christian Authier ; Flammarion ; 270 p. ; 19 €.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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