Des messages du Grand Architecte de l’Univers?

         Ces derniers temps, professionnellement, il m’en arrive des vertes et des pas mûres. Après tout, ne serait-ce pas un signe de Dieu ou du Grand Architecte de l’Univers (GAU), qui, doucement, me souffle à l’oreille: «Marquis! Il est temps pour toi d’arrêter de travailler. Prends ta retraite, nom d’une brème!» En effet, au fur et à mesure de mes reportages, les portes se referment. Il y a peu, par un dimanche gris et laiteux comme le ventre d’un mulot, il me prit l’envie d’aller faire un tour au zoo d’Amiens. (Il s’agissait du jour de la réouverture.) Afin d’alimenter la présente chronique, je me disais qu’il serait amusant d’interviewer quelques familles, quelques enfants ébahis devant les nouveaux animaux de ce lieu tout à fait magique. En compagnie de ma petite fiancée, j’arrive au guichet. Je brandis ma carte de presse tricolore (numéro 43 173) sous le nez d’une souriante jeune fille afin d’obtenir une place en service de presse. (Cette carte nous facile normalement l’accès de certains lieux public culturels et de loisirs – musées, stades, hippodromes, cinémas, zoos…) Refus, toujours souriant, mais catégorique de la demoiselle: «Ordre du service communication du zoo: pas de places en service de presse si on n’a pas été prévenu en amont.» Bah! oui, on ne sait jamais que je sois un dangereux défenseur de la cause animale farouchement opposé aux zoos et que je libère les bestioles emprisonnées. C’est ballot: j’allais faire une belle promotion du zoo. Raté. Autre signe de Dieu ou du GAU? Quelques jours plus tard, ma petite fiancée m’implore: elle veut voir Messmer. J’abdique. Je me présente au guichet. Une autre jeune fille souriante, adorable même. Elle me demande si j’ai besoin d’un pass pour faire des photos, me précisant bien que ce droit doit s’exercer au cours du premier quart d’heure du spectacle. J’apprécie le zèle sympathique de la jeune fille. Tout joyeux, je m’installe. Messmer apparaît.

    Non, ce n’est pas Beranrd Lavilliers, mais bien Messmer sur la scène du Zénith d’Amiens. Photo : Philippe Lacoche.
    Messmer et les hypnotisés imminents.

    Le temps de constater qu’il ressemble curieusement à l’excellent Bernard Lavilliers, je me lève et me dirige vers la scène afin de réaliser des photographies. Sur la droite de la scène, en bas du petit escalier, un quadragénaire blond, membre de la sécurité.

    Fièrement, je lui montre mon petit pass.

    Fièrement, je lui montre mon petit badge autocollant d’étoffe rose bonbon et sors mon téléphone portable afin de shooter le célèbre hypnotiseur-fascinateur canadien. Mal m’en prend: l’homme blond s’avance vers moi, menaçant, me repousse virilement, et m’intime l’ordre de retourner à ma place. Furieux, je n’obtempère pas. Je m’accroupis dans l’allée et le fixe pour montrer l’ire qui m’étreint. Puis, las de cette inconfortable position et agacé par les fourmis qui gagnent mes cuisses de vieux lièvre, je retourne à ma place; de là, je réalise quelques photographies. (Tu as un exemple de leur médiocre qualité sous tes yeux, lectrice désolée.) A son bel accent, j’ai compris que mon opposant sécuritaire, était canadien. Un proche de l’hypnotiseur-fascinateur. Ma petite fiancée est inquiète: elle sent bien que je bous. Puis, soudain, comme par magie, ma colère redescend. Je viens de penser que le grand-père du gardien du temple de l’hypnose a peut-être contribué à libérer Caen de la barbarie nazie, et que son arrière-grand-père a peut-être combattu dans les tranchées de la Somme aux côtés de mon grand-père. «Une colère pour une photo devant l’immense courage de nos alliés canadiens, c’est vraiment ridicule», songeai-je en serrant fort dans mes bras ma petite fiancée encore toute hypnotisée-fascinée. (Car, j’ai omis de le dire, Messmer est un sacré bon show man.)

                                             Dimanche 16 février 2020.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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