Au nom d’Hopper, de Danquin, de Renoir et de la mélancolie

    De gauche à droite : Jean-François Danquin, David, libraire, et Alexandra Oury, critique littéraire.

    Lectrice convoitée, sache que, comme Roger Vailland, mon romancier préféré, j’ai mes saisons. Culturelles. Longtemps, elles furent rock’n’roll, puis Yé-Yés, puis terriblement littéraires, puis vides, puis cinéma. Ces derniers jours, elles furent résolument peinture. Je me suis rendu à la librairie Chapeau melon et piles de livres, rue des Lombards, à Amiens, pour découvrir l’adorable exposition de Jean-François Danquin. Il présentait soixante têtes d’écrivains (Vailland, Faulkner, Carver, Paul Auster, Marcel Aymé, Calvino, Hemingway, Fante, Salinger, etc.), fruit de la série Littéraire magazine, le tout sous le titre générique Littérature en revue. «J’ai peint plusieurs séries, toujours sous la forme de couverture de magazines», confie Jean-François. «Architecture magazine, Music magazine, Sexy magazine, etc.» Comme d’habitude, Danquin, c’est bien. Cours rue des Lombards, lectrice adulée! Tu ne le regretteras pas. En compagnie de Lys et dans le cadre d’un voyage organisé en car, je suis allé voir la superbe exposition d’Edward Hopper au Grand Palais, à Paris. C’est tout simplement magnifique, magique. Désespérant aussi. Il suinte des toiles de Hopper une mélancolie poisseuse, quasi autiste. Ses personnages ne se parlent pas, se regardent à peine. Ils ont les yeux hagards, perdus vers des horizons lointains; on ne sait pas ce qu’ils contemplent au juste. Une impression de vide qui vous prend aux tripes. C’est très fort. L’antithèse du rêve américain. Et quel bonheur : Hopper est obsédé par le chemin de fer. Il peint très souvent des rails. En face, au Petit palais, nous sommes allés voir les collections permanentes. Très hétéroclites, beaucoup d’impressionnistes, quelques fauves, le monde chrétien, la Renaissance. Passionnant. Je me suis amusé à noter les peintres exposés ayant un rapport avec la Picardie: Léon Bonnat (mort à Monchy-Saint-Eloi en 1922), Mary Cassat (morte à Mesnil-Théribus en 1926), Ernest-Jules Renoux (mort à Romeny-sur-Marne en 1932), Jean-Baptiste Oudry (mort à Beauvais en 1755).Les peintres se cacheraient-ils en Picardie pour y mourir? Renoir, lui, avait choisi la côte d’Azur. Suis allé voir au Gaumont d’Amiens, le film qui lui est consacré. Michel Bouquet est admirable. Et Christa Theret, ici assez agaçante, qui joue Andrée Heuschling, le petit modèle roux, a des fesses à croquer.

    Dimanche 13 janvier 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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