Baroque’n’roll

         

    Jean-Pierre Menuge et son ensemble à l'église Saint-Leu, à Amiens. (Photo : Lys.)
    Jean-Pierre Menuge et son ensemble à l’église Saint-Leu, à Amiens. (Photo : Lys.)

    Boulevard de la République. Je me rends au journal. Je lutte contre le vent de mars. Je déteste le vent. Je retiens mon chapeau Fléchet dont j’ai relevé le bord avant, ce qui me fait ressembler à un bougnat. (Bertrand, un copain journaliste, me le faisait remarquer l’autre soir, alors que nous nous rafraîchissions au Café, chez Pierre, l’un des bars les plus conviviaux d’Amiens.) Je lutte contre le vent comme le général de Gaulle luttait contre les éléments sur une plage d’Irlande, à la fin du printemps de 1969. Le vent m’affaiblit, me confère une humeur de dogue allemand. Je suis un de Gaulle minuscule, sans canne et sans Résistance. Mon Yvonne, c’est Lys. C’est elle justement qui m’a fait cadeau de mon chapeau Fléchet. (N.A.M.L.A. : ça y est, je suis en boucle ; comment vais-je faire pour retomber sur mes pattes de vieux chat de gouttière ?) Lys, qui m’a fait découvrir notamment la musique baroque. Avant qu’elle ne m’initie, je pensais que Dietrich Buxtehude était une marque de cuisinière allemande, robuste, solide et un peu onéreuse comme tous les objets manufacturés par nos bons amis d’Outre-Rhin. Depuis, je la suis pas à pas dans les concerts, au gré de ses envies. Je ne le regrette pas car je fais des découvertes épatantes. L’autre soir, en la délicieuse petite église de Saint-Leu, nous avons assisté à la prestation remarquable de Jean-Pierre Menuge, à la flûte à bec ; il se produisait en compagnie de sa fille Amandine Menuge (violoncelle baroque) et Jorge Lopez-Escribano (clavecin). Au programme : des oeuvres de Joseph Bodin de Boismortier, de Johann Sebastian Bach, de Charles Dieupart, de Johann Jakob Froberger, d’Arcangelo Corelli et de l’Amiénois Louis Caix d’Hervelois (1670-1760). Menuets, gigues, gavottes, sarabandes et courantes… la danse était à la fête. Les trois instrumentistes excellent. Jean-Pierre Menuge n’est pas seulement un flûtiste virtuose ; il est aussi facteur de clavecins. C’était un instrument de sa fabrication, copie d’un original conservé au Musée instrumental de Paris (Tibaud, 1691) qui fut utilisé par Jorge Lopez-Escribano lors du concert. Nous nous sommes également rendus à la cathédrale d’Amiens pour assister au Messie de Haendel, concert placé sous la direction de Mark-Deller avec le Stour Music Festival Orchestra, l’Ashford Choral Society, l’Ensemble choral Diapason (dirigé par Nadège de Kersabiec) et les solistes Kathryn Jenkin (soprano), James Bowman (contre-ténor) Charles Daniels (ténor) et Piran Legg (basse). C’était superbe, à la fois grandiose, empreint de ferveur et de délicatesse. Merci, chère Lys, de tenter de dégrossir l’épais rocker que je suis.

                                           Dimanche 5 avril 2015.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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