Benjamin Biolay et moi, on ne se quitte plus

    Benjamin Biolay et moi, on ne se quitte plus. On a été 57 ans et trois mois, pour ma part, et 40 ans et trois mois pour sa part, sans se voir; il fallait donc qu’on se rattrape. Pour ce faire, j’ai pris l’initiative de me rendre, en compagnie de Lys, au cinéma Gaumont, à Amiens pour voir Au bout du conte, excellent film d’Agnès Jaoui avec Jean-Pierre Bacri.Benjamin y campe, avec brio, talent et aura glaciale, le personnage de Maxime Wolf, séducteur à sang froid inquiétant et louche. Quelques jours plus tard, nous nous rendîmes à la Maison de la culture où il

    Benjamin Biolay : un excellent camarade.

    donnait un concert. Après celui-ci, nous sommes allés le rejoindre dans la loge. Je m’attendais à y retrouver Maxime Wolf, lointain à souhait, d’une froideur et d’une morgue désagréable. Point. Benjamin Biolay est un garçon charmant, élégant, courtois. Qui répond sans ambages aux questions. Sur scène, il avait lâché qu’il connaissait déjà Amiens. Normal: il y venait en 1999 et 2000 car sa petite amie était alors la fille du préfet. «Je passais mes weekends à la préfecture.» La nuit, il sortait peu. En revanche, il se promenait beaucoup dans la journée, notamment aux hortillonnages. Le cinéma? Il adore. «J’adore être interprète, même en chanson.» C’est rare pour un auteur-compositeur. Et de citer notamment Trénet et les Smiths. Les Smiths qu’il adore, en particulier Morrissey. Benjamin, contrairement à Maxime Wolf – et à beaucoup d’autres dans ce métier étrange – développe une modestie naturelle. Je le félicite pour la qualité de ses textes; il me rétorque qu’il est complètement autodidacte, qu’il n’a jamais fait d’études de lettres. En revanche, il lit beaucoup. «J’adore qu’on m’offre des livres.» Modestie encore: lorsque je lui parle de la crise du disque, il ne me cache pas qu’il en souffre. «Je gagne ma vie certes, mais je ne suis pas encore propriétaire. Je compte bien m’acheter une maison un jour.» De gauche? Il l’est sincèrement. Il avoue que ça lui fait mal au ventre de voir les plans de licenciements dans les boîtes de disques. Le lendemain de notre rencontre, alors que je me rendais à Paris, je l’ai retrouvé de nouveau sur le quai de la gare d’Amiens. On a discuté à nouveau. Oui, lectrice, Benjamin et moi, on ne se quitte plus.

    Dimanche 7 avril 2013

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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