Blues d’automne et brumes tourangelles

    J.J. Milteau (à gauche) et Eric Bibb.C’est étrange la vie; la mienne en tout cas. Il y a parfois de troublantes coïncidences. L’autre soir, je suis allé au concert d’Eric Bibb et J.J. Milteau, à la Maison de culture d’Amiens. Spectacle magnifique! Eric Bibb et J.J. Milteau (surtout ne l’appelez plus Jean-Jacques, il tient à son J.J. – prononcez «jay jay» – comme à son premier harmonica Marine Band!): pas de surprise; ils excellent dans leurs domaines. Égaux à eux-mêmes. Mais la rythmique, composée de Gilles Michel à la basse et de Larry Crockett à la batterie: un régal de précision, de souplesse, de sobriété, de modestie rassérénante. Il m’était difficile – moi qui, lors de mes amours avec Lou-Mary, officiais comme bassiste sur le manche de mon Höfner adorée – de quitter des yeux les doigts de Gilles Michel. Quant à Larry Crockett, il affichait une justesse, de ton et de timbre, exceptionnelle. Aucune afféterie, aucun effet. Ce type est la Colette des drums. Et, en me replongeant dans la biographie de Gilles Michel, je me suis rendu compte qu’il avait joué à maintes reprises aux côtés de l’ami Luc Bertin (notamment dans Bug, Brand New Cadillac et Ron Smith), pianiste laférois (donc presque ternois!), mon regret fut grand de ne pas être allé lui parler. En revanche, je suis allé dire deux mots (il était pressé de «plier les gaules», entendez: ranger le matériel) à J.J. Milteau. J’ai eu le temps de lui demander des nouvelles de Patrick Verbeke. Et de Benoît Blue Boy. C’est là que la vie devient étrange; tu ne me croiras pas lectrice admirée, convoitée, parfois fessée: quelques jours plus tard, grâce à Facebook, je reprends contact avec Benoît que j’avais perdu de vue depuis mes années de journaliste à la revue Best. Il était en Indes. Nous étions heureux de nous retrouver. Des souvenirs me remontaient à la tronche. Mon école de journalisme à Tours. C’est en effet dans cette ville que je le vis pour la première fois en concert. Je fus séduit par ses indéniables talents d’harmoniciste, mais aussi par le fait qu’il fut un des premiers à chanter du blues presque traditionnel en français. Ça devait être en 1976. Je me souviens encore des odeurs de bernache, vin bourru, dans les rues pleines de brouillard, l’automne. Des descentes qu’on faisait dans les caves de Vouvray, en compagnie de notre professeur de journalisme, Jean Chédaille, grand reporter à la Nouvelle République du Centre-Ouest, et écrivain. De mes copains de promotion Jean-Luc Péchinot, Evelyne Bellanger, Alain Bertrand, Michel Caillol, Armelle Moutongo-Black, Jean-Luc Pays, Loïc Gicquel, Jacques Benzakoun… En mai 1977, je proposais à Christian Lebrun, mon regretté rédacteur en chef de Best, d’interviewer Benoît afin qu’il me parlât de sa technique à l’harmonica; je débarquais chez lui, à Tours. Il me servit du bourbon, et je repartis, un peu ivre, vers la capitale où j’effectuais mon stage de fin d’études au 23 de la rue d’Antin, chez Best. Je revis ensuite Benoît à plusieurs reprises lors de concerts mémorables, évoquant aussi ses excellents albums dans les pages de Best et de L’Aisne Nouvelle. La roue tourne comme un blues de Jimmy Reed.

    Dimanche 6 novembre 2016.

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    • Loïck Gicquel

      eh oui, la brume est toujours là, les souvenirs ici et maître leonard qui se fait la malle parce que l’oncle tom vient de dévisser , il n’aimait pas l’harmonica
      salut Philippe !

    • Loïck Gicquel

      eh oui, la brume est toujours là, les souvenirs ici et maître leonard qui se fait la malle parce que l’oncle tom vient de dévisser , il n’aimait pas l’harmonica
      salut Philippe !

    • Loïck Gicquel

      eh oui, la brume est toujours là, les souvenirs ici et maître leonard qui se fait la malle parce que l’oncle tom vient de dévisser , il n’aimait pas l’harmonica
      salut Philippe !

      • Philippe Lacoche

        Salut ami Loïck.

    • Michel CAILLOL

      Bonjour Philippe, merci pour tes voeux, l’autre jour… Je ne lis plus très souvent tes publications, mais là, celle-ci, l’autre jour, je ne sais pas pourquoi, je l’ai ouverte. Un fait du hasard ?… Tu nous y citais, tes souvenirs “à la tronche”… Bravo, c’est un clin d’oeil sympa à notre préhistoire…
      Tu parles de Benoît Blue Boy ? Oui, je me souviens.
      Aujourd’hui, là, je reviens de la Rockin’gône Party 13 à Saint Rambert d’Albon (Drôme). Je n’ai pas eu affaire à BBB, mais au Wild Angels.
      J’ai donc posté cette bafouille sur le Facebook de “Rockin’gône” :
      “Oh la la, je suis venu de loin pour ce festival à Saint-Rambert d’Albon (du Var à la Drôme).
      Bon, c’était déjà bien d’être là, avec l’espoir de (re)-trouver un peu de la magie qui habite ce vieux vinyle des Wild Angels en 1970 (“Red, Hot ‘n’Rockin’ “) que j’avais acheté à Canterbury en 1973. J’ai zappé le concert d’aprem au bar Le Bibiyou. Je ne sais pas si j’ai perdu quelque chose (Eddie and the Head Starts ?).
      En tout cas, il a déjà fallu se faire la soirée dans le bruit.
      Musique non-stop de 20 h à 3 h du mat’… Le mal de l’époque est d’avoir oublié que la sensation de la musique se nourrit du silence qui la précède. Bien sûr faut comprendre qu’entre les concerts, les DJs font danser…Mais c’est pareil dans les concerts où ça ne danse pas entre les sets…C’était sûrement ainsi pour les festivals du Desert Trip en Californie le mois dernier. Bref…
      Forever young, mais là je râle comme un vieux. “Rockin'”, ça veut dire rock’n’roll, non ? Alors pourquoi le troisième groupe, celui de Sloane, n’avait-il pas de guitare, mais juste deux saxs pour nous jouer du swing (le rock’n’roll des riches ?). Pour rocker, faut-il être binaire, ternaire ou bernaire ? Et le deuxième, venu de Norvège, était si pro, mais si…ennuyeux…à mes oreilles, du moins…La lettre, mais pas l’esprit. Les doigts, mais pas le coeur…
      Heureusement, l’ouverture était assurée par Cactus Candies, de Nantes. Oui, un groupe hillbilly/rockabilly sur le début. Avec une prise de risque dans la voix de Lil’lou et le danger de…faire danser.
      Le bassiste chantait English-Frenchy, c’était exotique et tendre, ses doigts inventaient de jolies lignes de basse aussi… Le plus amusant a été de constater que Lil’Lou ne savait pas qu’elle jouait sur une Guild D35. Son guitariste (à la Gretsch ?) le lui a rappelé, sur ma demande… Tout ça a finalement bien valu l’acquisition du EP 6 titres, très chouette, proche du concert, avec en particulier une chanson totalement habitée (“Demon”). La voix de la joueuse de D35 a des accès de cris de surprise si félins, bravo !
      Mais j’étais venu pour les Anges Sauvages, comme beaucoup de gens dans la salle. Je savais que dans leur jeunesse, ils avaient joué avec Gene Vincent. Que leur cadet Wild Bob Burgos était un nom dans le r’n’r british, qu’il avait fait partie de ces nombreux musiciens que Chuck (Berry) embauchait localement, un peu au hasard, dans ses tournées. J’avais cru que vers 1 h du mat’, ils nous réveilleraient (ressusciteraient ?) après le swing…
      Las ! La sono s’est-elle détraquée dès que Mitch Mitchell, un Wild Angel originel, est monté sur scène avec sa basse ? A notre grande surprise et déception, tout est devenu pire, alors. Le batteur Burgos n’a jamais réussi à rattraper le jeu de basse flemmard de l’ancien, le son de guitare était sale comme il fallait, mais sans l’élasticité d’antan, le pianiste était à côté, croyant ainsi faire apparaître Jerry Lee (qui, lui, joue dans un tempo impeccable). Et les voix, oh les voix, nous ont bien rappelé que Mal Gray a quitté le groupe depuis longtemps et que nous ne retrouverions pas ses yodels teenage !
      Le “Shakin’all Over” des Johnny Kid and the Pirates, totalement désarticulé, nous a fait nous souvenir de la version si chouette, il y a deux ans, de Miss Barabara Clifford (from USA)…
      Wild Bob Burgos a bien essayé de nous beurrer la tartine, de dire qu’ils nous aimaient, qu’il y avait des problèmes de fils dans la sono, que nous étions la grande famille du Rock’n’Roll etc…
      C’est gentil de sa part, mais les excuses, ça ne nourrit pas.
      Vous aurez compris que j’ai pas eu ma dose de rock’n’roll.
      Et donc, je ne suis pas dans la joie.
      Pour un concert des Wilds Angels, c’est dommage, non ?”

      Moment d’écriture qui revient quelquefois…
      Et aussi, si tu regardes le R&F de novembre (n°591), tu trouveras “Bourde bouddhiste” au courrier des lecteurs…
      Manoeuvre m’a envoyé un CD en récompense : Pete Doherty.
      Mais je n’aime pas Pete Doherty…

      Amitiés à toi, Philipppe !

      • Philippe Lacoche

        Merci à toi, cher Michel; amitiés et préservons nos beaux souvenirs anciens et tourangeaux.

    • Michel CAILLOL

      Bonjour Philippe, merci pour tes voeux, l’autre jour… Je ne lis plus très souvent tes publications, mais là, celle-ci, l’autre jour, je ne sais pas pourquoi, je l’ai ouverte. Un fait du hasard ?… Tu nous y citais, tes souvenirs “à la tronche”… Bravo, c’est un clin d’oeil sympa à notre préhistoire…
      Tu parles de Benoît Blue Boy ? Oui, je me souviens.
      Aujourd’hui, là, je reviens de la Rockin’gône Party 13 à Saint Rambert d’Albon (Drôme). Je n’ai pas eu affaire à BBB, mais au Wild Angels.
      J’ai donc posté cette bafouille sur le Facebook de “Rockin’gône” :
      “Oh la la, je suis venu de loin pour ce festival à Saint-Rambert d’Albon (du Var à la Drôme).
      Bon, c’était déjà bien d’être là, avec l’espoir de (re)-trouver un peu de la magie qui habite ce vieux vinyle des Wild Angels en 1970 (“Red, Hot ‘n’Rockin’ “) que j’avais acheté à Canterbury en 1973. J’ai zappé le concert d’aprem au bar Le Bibiyou. Je ne sais pas si j’ai perdu quelque chose (Eddie and the Head Starts ?).
      En tout cas, il a déjà fallu se faire la soirée dans le bruit.
      Musique non-stop de 20 h à 3 h du mat’… Le mal de l’époque est d’avoir oublié que la sensation de la musique se nourrit du silence qui la précède. Bien sûr faut comprendre qu’entre les concerts, les DJs font danser…Mais c’est pareil dans les concerts où ça ne danse pas entre les sets…C’était sûrement ainsi pour les festivals du Desert Trip en Californie le mois dernier. Bref…
      Forever young, mais là je râle comme un vieux. “Rockin'”, ça veut dire rock’n’roll, non ? Alors pourquoi le troisième groupe, celui de Sloane, n’avait-il pas de guitare, mais juste deux saxs pour nous jouer du swing (le rock’n’roll des riches ?). Pour rocker, faut-il être binaire, ternaire ou bernaire ? Et le deuxième, venu de Norvège, était si pro, mais si…ennuyeux…à mes oreilles, du moins…La lettre, mais pas l’esprit. Les doigts, mais pas le coeur…
      Heureusement, l’ouverture était assurée par Cactus Candies, de Nantes. Oui, un groupe hillbilly/rockabilly sur le début. Avec une prise de risque dans la voix de Lil’lou et le danger de…faire danser.
      Le bassiste chantait English-Frenchy, c’était exotique et tendre, ses doigts inventaient de jolies lignes de basse aussi… Le plus amusant a été de constater que Lil’Lou ne savait pas qu’elle jouait sur une Guild D35. Son guitariste (à la Gretsch ?) le lui a rappelé, sur ma demande… Tout ça a finalement bien valu l’acquisition du EP 6 titres, très chouette, proche du concert, avec en particulier une chanson totalement habitée (“Demon”). La voix de la joueuse de D35 a des accès de cris de surprise si félins, bravo !
      Mais j’étais venu pour les Anges Sauvages, comme beaucoup de gens dans la salle. Je savais que dans leur jeunesse, ils avaient joué avec Gene Vincent. Que leur cadet Wild Bob Burgos était un nom dans le r’n’r british, qu’il avait fait partie de ces nombreux musiciens que Chuck (Berry) embauchait localement, un peu au hasard, dans ses tournées. J’avais cru que vers 1 h du mat’, ils nous réveilleraient (ressusciteraient ?) après le swing…
      Las ! La sono s’est-elle détraquée dès que Mitch Mitchell, un Wild Angel originel, est monté sur scène avec sa basse ? A notre grande surprise et déception, tout est devenu pire, alors. Le batteur Burgos n’a jamais réussi à rattraper le jeu de basse flemmard de l’ancien, le son de guitare était sale comme il fallait, mais sans l’élasticité d’antan, le pianiste était à côté, croyant ainsi faire apparaître Jerry Lee (qui, lui, joue dans un tempo impeccable). Et les voix, oh les voix, nous ont bien rappelé que Mal Gray a quitté le groupe depuis longtemps et que nous ne retrouverions pas ses yodels teenage !
      Le “Shakin’all Over” des Johnny Kid and the Pirates, totalement désarticulé, nous a fait nous souvenir de la version si chouette, il y a deux ans, de Miss Barabara Clifford (from USA)…
      Wild Bob Burgos a bien essayé de nous beurrer la tartine, de dire qu’ils nous aimaient, qu’il y avait des problèmes de fils dans la sono, que nous étions la grande famille du Rock’n’Roll etc…
      C’est gentil de sa part, mais les excuses, ça ne nourrit pas.
      Vous aurez compris que j’ai pas eu ma dose de rock’n’roll.
      Et donc, je ne suis pas dans la joie.
      Pour un concert des Wilds Angels, c’est dommage, non ?”

      Moment d’écriture qui revient quelquefois…
      Et aussi, si tu regardes le R&F de novembre (n°591), tu trouveras “Bourde bouddhiste” au courrier des lecteurs…
      Manoeuvre m’a envoyé un CD en récompense : Pete Doherty.
      Mais je n’aime pas Pete Doherty…

      Amitiés à toi, Philipppe !

      • Philippe Lacoche

        Merci à toi, cher Michel; amitiés et préservons nos beaux souvenirs anciens et tourangeaux.

    • Michel CAILLOL

      Bonjour Philippe, merci pour tes voeux, l’autre jour… Je ne lis plus très souvent tes publications, mais là, celle-ci, l’autre jour, je ne sais pas pourquoi, je l’ai ouverte. Un fait du hasard ?… Tu nous y citais, tes souvenirs “à la tronche”… Bravo, c’est un clin d’oeil sympa à notre préhistoire…
      Tu parles de Benoît Blue Boy ? Oui, je me souviens.
      Aujourd’hui, là, je reviens de la Rockin’gône Party 13 à Saint Rambert d’Albon (Drôme). Je n’ai pas eu affaire à BBB, mais au Wild Angels.
      J’ai donc posté cette bafouille sur le Facebook de “Rockin’gône” :
      “Oh la la, je suis venu de loin pour ce festival à Saint-Rambert d’Albon (du Var à la Drôme).
      Bon, c’était déjà bien d’être là, avec l’espoir de (re)-trouver un peu de la magie qui habite ce vieux vinyle des Wild Angels en 1970 (“Red, Hot ‘n’Rockin’ “) que j’avais acheté à Canterbury en 1973. J’ai zappé le concert d’aprem au bar Le Bibiyou. Je ne sais pas si j’ai perdu quelque chose (Eddie and the Head Starts ?).
      En tout cas, il a déjà fallu se faire la soirée dans le bruit.
      Musique non-stop de 20 h à 3 h du mat’… Le mal de l’époque est d’avoir oublié que la sensation de la musique se nourrit du silence qui la précède. Bien sûr faut comprendre qu’entre les concerts, les DJs font danser…Mais c’est pareil dans les concerts où ça ne danse pas entre les sets…C’était sûrement ainsi pour les festivals du Desert Trip en Californie le mois dernier. Bref…
      Forever young, mais là je râle comme un vieux. “Rockin'”, ça veut dire rock’n’roll, non ? Alors pourquoi le troisième groupe, celui de Sloane, n’avait-il pas de guitare, mais juste deux saxs pour nous jouer du swing (le rock’n’roll des riches ?). Pour rocker, faut-il être binaire, ternaire ou bernaire ? Et le deuxième, venu de Norvège, était si pro, mais si…ennuyeux…à mes oreilles, du moins…La lettre, mais pas l’esprit. Les doigts, mais pas le coeur…
      Heureusement, l’ouverture était assurée par Cactus Candies, de Nantes. Oui, un groupe hillbilly/rockabilly sur le début. Avec une prise de risque dans la voix de Lil’lou et le danger de…faire danser.
      Le bassiste chantait English-Frenchy, c’était exotique et tendre, ses doigts inventaient de jolies lignes de basse aussi… Le plus amusant a été de constater que Lil’Lou ne savait pas qu’elle jouait sur une Guild D35. Son guitariste (à la Gretsch ?) le lui a rappelé, sur ma demande… Tout ça a finalement bien valu l’acquisition du EP 6 titres, très chouette, proche du concert, avec en particulier une chanson totalement habitée (“Demon”). La voix de la joueuse de D35 a des accès de cris de surprise si félins, bravo !
      Mais j’étais venu pour les Anges Sauvages, comme beaucoup de gens dans la salle. Je savais que dans leur jeunesse, ils avaient joué avec Gene Vincent. Que leur cadet Wild Bob Burgos était un nom dans le r’n’r british, qu’il avait fait partie de ces nombreux musiciens que Chuck (Berry) embauchait localement, un peu au hasard, dans ses tournées. J’avais cru que vers 1 h du mat’, ils nous réveilleraient (ressusciteraient ?) après le swing…
      Las ! La sono s’est-elle détraquée dès que Mitch Mitchell, un Wild Angel originel, est monté sur scène avec sa basse ? A notre grande surprise et déception, tout est devenu pire, alors. Le batteur Burgos n’a jamais réussi à rattraper le jeu de basse flemmard de l’ancien, le son de guitare était sale comme il fallait, mais sans l’élasticité d’antan, le pianiste était à côté, croyant ainsi faire apparaître Jerry Lee (qui, lui, joue dans un tempo impeccable). Et les voix, oh les voix, nous ont bien rappelé que Mal Gray a quitté le groupe depuis longtemps et que nous ne retrouverions pas ses yodels teenage !
      Le “Shakin’all Over” des Johnny Kid and the Pirates, totalement désarticulé, nous a fait nous souvenir de la version si chouette, il y a deux ans, de Miss Barabara Clifford (from USA)…
      Wild Bob Burgos a bien essayé de nous beurrer la tartine, de dire qu’ils nous aimaient, qu’il y avait des problèmes de fils dans la sono, que nous étions la grande famille du Rock’n’Roll etc…
      C’est gentil de sa part, mais les excuses, ça ne nourrit pas.
      Vous aurez compris que j’ai pas eu ma dose de rock’n’roll.
      Et donc, je ne suis pas dans la joie.
      Pour un concert des Wilds Angels, c’est dommage, non ?”

      Moment d’écriture qui revient quelquefois…
      Et aussi, si tu regardes le R&F de novembre (n°591), tu trouveras “Bourde bouddhiste” au courrier des lecteurs…
      Manoeuvre m’a envoyé un CD en récompense : Pete Doherty.
      Mais je n’aime pas Pete Doherty…

      Amitiés à toi, Philipppe !

    • Michel CAILLOL

      Bonjour Philippe, merci pour tes voeux, l’autre jour… Je ne lis plus très souvent tes publications, mais là, celle-ci, l’autre jour, je ne sais pas pourquoi, je l’ai ouverte. Un fait du hasard ?… Tu nous y citais, tes souvenirs “à la tronche”… Bravo, c’est un clin d’oeil sympa à notre préhistoire…
      Tu parles de Benoît Blue Boy ? Oui, je me souviens.
      Aujourd’hui, là, je reviens de la Rockin’gône Party 13 à Saint Rambert d’Albon (Drôme). Je n’ai pas eu affaire à BBB, mais au Wild Angels.
      J’ai donc posté cette bafouille sur le Facebook de “Rockin’gône” :
      “Oh la la, je suis venu de loin pour ce festival à Saint-Rambert d’Albon (du Var à la Drôme).
      Bon, c’était déjà bien d’être là, avec l’espoir de (re)-trouver un peu de la magie qui habite ce vieux vinyle des Wild Angels en 1970 (“Red, Hot ‘n’Rockin’ “) que j’avais acheté à Canterbury en 1973. J’ai zappé le concert d’aprem au bar Le Bibiyou. Je ne sais pas si j’ai perdu quelque chose (Eddie and the Head Starts ?).
      En tout cas, il a déjà fallu se faire la soirée dans le bruit.
      Musique non-stop de 20 h à 3 h du mat’… Le mal de l’époque est d’avoir oublié que la sensation de la musique se nourrit du silence qui la précède. Bien sûr faut comprendre qu’entre les concerts, les DJs font danser…Mais c’est pareil dans les concerts où ça ne danse pas entre les sets…C’était sûrement ainsi pour les festivals du Desert Trip en Californie le mois dernier. Bref…
      Forever young, mais là je râle comme un vieux. “Rockin'”, ça veut dire rock’n’roll, non ? Alors pourquoi le troisième groupe, celui de Sloane, n’avait-il pas de guitare, mais juste deux saxs pour nous jouer du swing (le rock’n’roll des riches ?). Pour rocker, faut-il être binaire, ternaire ou bernaire ? Et le deuxième, venu de Norvège, était si pro, mais si…ennuyeux…à mes oreilles, du moins…La lettre, mais pas l’esprit. Les doigts, mais pas le coeur…
      Heureusement, l’ouverture était assurée par Cactus Candies, de Nantes. Oui, un groupe hillbilly/rockabilly sur le début. Avec une prise de risque dans la voix de Lil’lou et le danger de…faire danser.
      Le bassiste chantait English-Frenchy, c’était exotique et tendre, ses doigts inventaient de jolies lignes de basse aussi… Le plus amusant a été de constater que Lil’Lou ne savait pas qu’elle jouait sur une Guild D35. Son guitariste (à la Gretsch ?) le lui a rappelé, sur ma demande… Tout ça a finalement bien valu l’acquisition du EP 6 titres, très chouette, proche du concert, avec en particulier une chanson totalement habitée (“Demon”). La voix de la joueuse de D35 a des accès de cris de surprise si félins, bravo !
      Mais j’étais venu pour les Anges Sauvages, comme beaucoup de gens dans la salle. Je savais que dans leur jeunesse, ils avaient joué avec Gene Vincent. Que leur cadet Wild Bob Burgos était un nom dans le r’n’r british, qu’il avait fait partie de ces nombreux musiciens que Chuck (Berry) embauchait localement, un peu au hasard, dans ses tournées. J’avais cru que vers 1 h du mat’, ils nous réveilleraient (ressusciteraient ?) après le swing…
      Las ! La sono s’est-elle détraquée dès que Mitch Mitchell, un Wild Angel originel, est monté sur scène avec sa basse ? A notre grande surprise et déception, tout est devenu pire, alors. Le batteur Burgos n’a jamais réussi à rattraper le jeu de basse flemmard de l’ancien, le son de guitare était sale comme il fallait, mais sans l’élasticité d’antan, le pianiste était à côté, croyant ainsi faire apparaître Jerry Lee (qui, lui, joue dans un tempo impeccable). Et les voix, oh les voix, nous ont bien rappelé que Mal Gray a quitté le groupe depuis longtemps et que nous ne retrouverions pas ses yodels teenage !
      Le “Shakin’all Over” des Johnny Kid and the Pirates, totalement désarticulé, nous a fait nous souvenir de la version si chouette, il y a deux ans, de Miss Barabara Clifford (from USA)…
      Wild Bob Burgos a bien essayé de nous beurrer la tartine, de dire qu’ils nous aimaient, qu’il y avait des problèmes de fils dans la sono, que nous étions la grande famille du Rock’n’Roll etc…
      C’est gentil de sa part, mais les excuses, ça ne nourrit pas.
      Vous aurez compris que j’ai pas eu ma dose de rock’n’roll.
      Et donc, je ne suis pas dans la joie.
      Pour un concert des Wilds Angels, c’est dommage, non ?”

      Moment d’écriture qui revient quelquefois…
      Et aussi, si tu regardes le R&F de novembre (n°591), tu trouveras “Bourde bouddhiste” au courrier des lecteurs…
      Manoeuvre m’a envoyé un CD en récompense : Pete Doherty.
      Mais je n’aime pas Pete Doherty…

      Amitiés à toi, Philipppe !

      • Philippe Lacoche

        Merci à toi, cher Michel; amitiés et préservons nos beaux souvenirs anciens et tourangeaux.

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

     Paris contre l’ennui

                    Ma vie sans Paris ne serait ...

    Louiz’ qui plaque et qui chante

    Sorry, lectrice adorée, brûlante de désirs, je n’ai pas disposé d’assez de place, la ...

    Cailloux du souvenir dans mon beaujolais nouveau

          Le beaujolais nouveau était arrivé. Le bistrot Les Trois Cailloux, place ...

    Coup de foudre pour une limace

           Mardi. Il est cinq heures du matin. Suis au lit, éveillé, ...

    Son prénom, c’est Micheline

      «Mon prénom, c’est Micheline!» Elle est donc venue, Micheline; elle a quitté son ...

    Chemises mondialisées et gilets jaunes

         Je n’ai pas envie de critiquer mes gilets, surtout les jaunes. Je ...