Fagots de mars

       Pluie, beau temps, pluie. C’est mars. J’aime. Suis en vacances. Quand le soleil est là, je fais du bois. Tu te souviens, lectrice (N.A.M.L.A : j’avais divulgué, dans une précédente chronique, une information essentielle : j’ai abattu ( ?)-élagué très courtement ( ?) dans mon jardin le grand benêt de saule qui me faisait de l’ombre. (Le marquis, très bel homme, 1,75 mètre, 72 kilos) ne supporte qu’on soit plus grand que lui.) Alors, j’ai pris une décision ferme : en finir avec la concurrence déloyale et végétale. Résultat : j’ai de quoi me chauffer pour les dix hivers à venir. Le souci, c’est qu’il faut couper. Je fais donc des fagots à n’en plus finir. De beaux petits fagots que je lie avec les fils de raphia que j’utilise habituellement pour les pieds de tomate. Tu me diras, lectrice adulée, que j’eusse pu laisser ce travail ingrat à quelques-uns de mes laquais ou subordonnés. Que nenni ! Le marquis a su rester humble et courageux. Donc, je fagote. Ca me fait un bien fou. Le

    Christophe Truquin, guitariste, comédien, vidéaste, ici en train de filmer le spectacle de Vincent Gougeat, à Savignies, dans l'Oise.
    Christophe Truquin, guitariste, comédien, vidéaste, ici en train de filmer le spectacle de Vincent Gougeat, à Savignies, dans l’Oise.

    grand air me va aussi bien au teint que le rosé de Provence à la mine du regretté Lawrence Durrel. Quand, je ne fagote pas, je me rends à Savignies, charmant petit village de l’Oise, près de Beauvais, à l’invitation de  l’ami Jean-François Bedet qui y organisait un salon du livre. Sur place, j’ai eu le plaisir de retrouver le conteur Vincent Gougeat et son acolyte, le musicien-vidéaste-comédien Christophe Truquin. J’ai beaucoup aimé leur spectacle tissé d’humour et de bons mots. Et ils aiment tous deux la vraie littérature, ce qui ne gâche rien. Suis également allé au cinéma pour y voir deux films très émouvants et très réussis : Imitation Game (de Morten Tyldum), au Ciné Saint-Leu, et Still Alice (de Richard Glatzer et Wash Westmoreland avec Julianne Moore), au Gaumont. Le premier raconte la vie d’Alan Turing, mathématicien et cryptologue. Le gouvernement britannique le chargea de briser le secret de la machine de guerre de cryptage allemand Enigma. Il y parvint et, par son action, changea le cours de l’histoire. Par ailleurs, Alan Turing, homosexuel, fut victime du puritanisme borné de la société de l’époque ; il fut condamné à la castration chimique et mit fin à ses jours. Magnifiquement interprété, écrit de manière subtile et efficace, Imitation Game est un très grand film. Still Alice, lui, est une fiction qui évoque le parcours d’Alice Howland, professeur de linguistique renommé, mère de trois grands enfants. Elle commence à oublier ses mots ; on lui diagnostique la maladie d’Alzheimer… Là encore, les comédiens sont éblouissants de justesse. Julianne Moore y est délicieuse et bouleversante. Très réussi également Bouvart et Péchuchet, d’après Gustave Flaubert, dans une excellente mise en scène de Vincent Colin, vu à la Comédie de Picardie. Une pièce servie par deux acteurs de haut niveau : Roch-Antoine Albaladéjo et Philippe Blancher. J’ai adoré.

                                                           Dimanche 29 mars 2015

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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