Guili-Dee Dee

     

    De gauche à droite : Teddy Henin, Benjamin Teissèdre, Léandre Leber.
    De gauche à droite : Teddy Henin, Benjamin Teissèdre, Léandre Leber.

    Cela m’apprendra à ne pas  -toujours – me lever à un spectacle, surtout quand c’est l’artiste qui le demande. J’ai toujours eu horreur qu’on me dise ce que j’avais à faire. Surtout quand je suis crevé et que je suis confortablement assis sur un fauteuil incarnat à la Maison de la culture d’Amiens. La scène se passe au concert de Dee Dee Bridgewater. Toute la salle s’est levée pour ovationner la grande dame du jazz. Quelques fainéants n’ont pas décollé leurs fesses de leurs fauteuils. Je suis de ceux-là. Et voilà que la Dee Dee et ses musiciens entreprennent de faire un tour – tout en continuant à jouer – parmi l’assistance. Je la vois qui se pointe. Je suis toujours assis. Je me doute qu’il va se passer quelque chose. Va-t-elle se vexer ? Me prendre un bizarre, un étonnant, un original, un maniaque, un mauvais coucheur ? La voilà qui passe devant moi. Ouf , elle est passée. Mais non… D’un seul coup, je sens une main sur mon gros crâne presque chauve de Ternois non fabiusien et encore moins giscardien. Puis des lèvres. C’est chaud et doux. Oui, tu l’as compris, lectrice adulée, jalouse comme un pou dans mes rares cheveux, la Dee Dee me fait un baiser sur la tête. Je suis à la fois étonné et charmé. J’en profite, chère Dee Dee, pour vous faire savoir que si je ne me suis pas levé ce n’est pas que je n’ai point apprécié votre concert, mais simplement, j’étais fatigué et que je suis un tantinet contrariant. Vous avez une voix sublime ; vous êtes une très grande artiste. Vos musiciens sont géniaux. (J’ai rarement entendu un aussi bon batteur.) Mais, confidence, j’ai un problème avec le jazz quel qu’il soit. Contrairement au rock’n’roll, au blues, à la chanson qui peuvent me mettre en transe, le jazz – si bon soit-t-il – n’y parvient pas. Contrairement à votre baiser sur le crâne. Sinon, j’ai vu deux très belles expositions de photographies. La première se déroule jusqu’au 11 octobre, au Studio 111, 219, route d’Abbeville, à Amiens. Elle est l’œuvre de trois photographes : Léandre Leber, Benjamin Teissèdre et Teddy Henin. « C’est l’amitié qui nous a réunis », disent-il. Le premier propose des dessins poétiques qu’il réalise sur les corps : « Toutes les surfaces sont bonnes », confie Léandre. « Ici, c’est sur la peau. » Le second recherche « le sens profond des images poétiques » car il se sent autant écrivain que poète. Ses thèmes ? L’amour, la solitude. « Ce sont des photos climatiques, atmosphériques. Presque des absences », confie Benjamin. Quant à Teddy, il s’adonne au light painting, c’est-à-dire qu’il peint avec la lumière. « Mon pinceau, c’est la lampe-torche », souligne Teddy. Trois indéniables talents. Autre lieu, autre exposition : au Café, chez l’ami Pierre, au 17 de la rue Flatters où j’ai beaucoup aimé les œuvres du Monsieur Flash, des portraits, visages burinés, marqués, pleins d’expressions. Impressionnant. (Jusqu’au 14 octobre.)

    Dimanche 4 octobre 2015.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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