Il faut voir « Le Labyrinthe du silence »

        Lys, aux yeux azurins, si anglaise, me dira encore que je suis trop péremptoire, trop militant ; c’est aussi cela la singularité d’être français, comme le disait Roger Vailland dans délicieux essai Quelques réflexions sur la singularité d’être français (Jacques Haumont, 1946). La démocratie est une mésange, à la gorge douce et duveteuse, qui observe, analyse, propose, admet ; la république est un coq qui chante dans la cour de ferme, prosélyte, souvent prêt à en découdre (pour ma part j’ai les ergots plantés dans le fumier du capitalisme). Une fois de plus, je serai péremptoire et français : il faut aller voir le film Le Labyrinthe du silence, de Giulio Ricciarelli, qui passe actuellement au Ciné Saint-Leu, à Amiens. Oui, j’invite tous les antisémites et ceux qui ont opté récemment pour un parti sournoisement totalitaire à se déplacer. Que nous raconte Ricciarelli ? Il nous entraîne dans l’Allemagne de 1958. Un jeune procureur Fritz Bauer (campé par Alexander Fehling) entre en possession des documents essentiels qui pourraient permettre l’ouverture d’un procès contre les anciens SS ayant servi au camp d’Auschwitz. Mais l’Allemagne d’après-guerre veut oublier ; elle ne pense qu’à se reconstruire. Le magistrat se heurte à de très nombreux obstacles ; il pourra compter sur l’aide du journaliste Thomas Gnielka (superbement interprété par André Szymanski qui, physiquement et moralement, me fit penser à mon regretté confrère Christian Vincent, de La Voix du Nord). Ce film est bouleversant, superbement écrit, pensé et joué. Sans jamais hausser le ton, Ricciarelli démontre la monstruosité inégalée du nazisme, et le côté amnésique d’une Allemagne d’après-guerre qui eût voulu se contenter du procès de Nuremberg. Timothée Laine, le 1er Mai, au salon du livre d’Arras, dans le cadre de son récital de voix parlée à la carte (un choix de 205 textes de 107 auteurs français et étrangers, appris par cœur) eût pu lire notamment des œuvres des poètes Max Jacob

    De gauche à droite : Timothée Laine, Patrick Plaisance, Vincent Roy et leurs épouses.
    De gauche à droite : Timothée Laine, Patrick Plaisance, Vincent Roy et leurs épouses.

    et Robert Desnos, eux aussi victimes de la barbarie nazie. Grâce à Patrick Plaisance, de la CCAS, j’ai pu assister à son remarquable spectacle, et faire la connaissance de très littéraire Vincent Roy, écrivain, critique, éditeur et collaborateur du Monde des Livres. Celui-ci participe au spectacle de Timothée (Epopée du poème, épopée du public), joue un peu le rôle de Monsieur Loyal, commente, pose des questions sur les poètes, le tout avec finesse et humour. Oui, lectrice, mon amour, la littérature me hante. Ma dernière découverte : l’audio livre. Sur mon autoradio, je viens d’écouter Chien de printemps, de Modiano (éd. Audiolib), lu par l’excellent Edouard Baer qui donne toute sa puissance à ce grand texte que j’avais dévoré dès sa sortie au Seuil, en 1993. France Inter, que j’écoute habituellement sans relâche en voiture, va-t-elle faire un procès à Audiolib ?

                                                               Dimanche 17 mai 2015.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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