Jean Renoir sous la neige

    «Les enfants forment une ronde/Les monos sont jolies/Allez suer belles têtes blondes/Aux Thermes de Choussy/Allez soigner à l’arsenic/Vos souffles affaiblis/L’air est si doux dans la bruyère/Au Mont Sans-Souci.» J’avais en tête la mélodie de «Au Mont Sans-Souci», l’une des plus belles chansons françaises depuis que la chanson française existe. J’allais interviewer Jean-Louis Murat, et marchais, le cœur léger, vers l’hôtel Les Jardins du Marais, rue Amelot, dans le XIe arrondissement. Jean-Louis Murat y parle de l’enfance, certainement de la sienne, de la mienne aussi quelque part car nous sommes de la même génération, que, par d’étranges cheminements, j’ai du sang auvergnat qui coule dans mes veines. Il y évoque la bruyère de nos chères Trente glorieuses, une belle infirmière dont, immanquablement, on tombe amoureux quand on a 14 ans; un toboggan qu’il fut à La Bourboule ou dans le Parc Sellier de T

    Déportés parce que juifs, "victimes innocentes de la barbarie nazie et de Vichy".

    ergnier (Aisne) n’a que peu d’importance. Oui, mon attention fut attirée par une plaque apposée sur la façade de l’école primaire élémentaire du 17 de la rue Alphonse-Baudin (médecin et député à l’Assemblée de1849, franc-maçon, célèbre pour avoir été tué sur une barricade), dans le XIe. Je me mis à lire. Il y était question des quelque 1200 enfants du XIe exterminés, et des enfants de cette école qui, entre 1942 et 1944 furent déportés parce que juifs, «victimes innocentes de la barbarie nazie et du gouvernement de Vichy».Je pensais à nos Trente glorieuses heureuses, à Jean-Louis et à moi, et me disais que ces petits Juifs du XIe, ne connaîtront jamais les bruyères du Mont Sans-Souci, ni le toboggan du parc Sellier. J’ai connu la Bourboule sous la neige, dans une autre vie. C’était si beau, si émouvant, cette France qui n’avait pas bougé que, parfois, en regardant ma fille faire de la luge, j’avais les larmes aux yeux. L’autre soir, je marchais sous la neige. Au cinéma Orson-Welles, en compagnie de Lys, nous venions de voir Le Fleuve, film de Jean Renoir, sorti en1951, d’après un roman de Rumer Godden. Un film magnifique, magique, complètement irréel. Une vraie fiction littéraire dans laquelle, comme Lys me le fit remarquer non sans à-propos, l’ombre du père peintre est omniprésente. Les scènes, qui évoquent la vie de cette famille anglaise en Inde, ne sont rien d’autres que des tableaux. Un chef-d’œuvre.

    Dimanche 17 mars 2013.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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