Jeanine et Chantal : bonjour tristesse

    J’ai déjeuné, il y a peu, avec l’écrivain et créateur du blog très remarqué Dreamlands Virtual Tour. Qu’avons-nous mangé ? A dire vrai, lectrice gourmande et joufflue, je ne m’en souviens plus. (N.A.M.L.A. : étonnant, non ? moi qui suis aussi gourmet qu’Alexandre Dumas et Kléber Haedens réunis.) La raison ? Je buvais les paroles d’Olivier tant son projet m’intéresse. Il sortira, sous peu, un document sur la regretté et défunte claviériste, Françoise, dite Jeanine, du fabuleux groupe de rock A Trois dans les WC (originaire de Saint-Quentin), devenu, au fil des années, WC 3. Jeanine m

    Olivier Hodasava, photographié au restaurant Le Buzz, un midi de fin avril, à Amiens.
    Olivier Hodasava, photographié au restaurant Le Buzz, un midi de fin avril, à Amiens.

    it fin à ses jours en absorbant une dose létale de médicaments le 20 avril 1984, dans une voiture, sur le parking d’un club, Le Drac Ouest, à Fontaine, près de Grenoble, où le groupe donnait le premier concert de leur tournée de promotion de l’album Machine infernale. « J’avais 17 ans ; j’étais dans la salle, à ce concert. Et j’ai eu l’impression que j’étais la dernière personne à avoir parlé à Jeanine ; ensuite, elle s’est dirigée vers le parking », confie Olivier. « Ce soir-là, j’avais beaucoup parlé avec Eric, le bassiste qui m’avait donné l’affiche de « Derniers baisers du vautour ». Je ne sais plus comment j’ai appris la mort de Jeanine ; peut-être avec le Dauphiné Libéré. Pendant des années, je me suis dit que j’allais écrire sur ce drame. En mars 2014, est sorti mon livre Eclats d’Amérique aux éditions Inculte (N.D.L.R. : un opus très original. Olivier a arpenté pendant des mois les cinquante états américains, depuis son seul écran Google Street ; il en a fait un savoureux, poétique et singulier récit.) A ce moment précis, mon père a fait une tentative de suicide. Je me retrouve dans son appartement. Pour tenter de m’égayer, je fouille dans mes vieux disques vinyles, et je retrouve l’affiche que m’avait confiée Eric. Mon père mourra d’un cancer trois semaines plus tard. Je me suis dit que deux bornes balisaient ma vie d’adulte. J’ai pensé que c’était le moment de me mettre à la rédaction de ce livre qui tourne autour de Jeanine… » Pour ce faire, il a rencontré les membres du groupe (Eric, Gégène, le batteur, Reno, le chanteur, Ludo, le manager) et d’autres personnes qui avaient côtoyé Jeanine. J’étais de ceux-là. Jeune journaliste à la locale de Saint-Quentin de La Voix du Nord, je fus le premier à écrire des articles sur A Trois dans les WC. D’où ma rencontre avec Olivier. Une histoire très triste. Très triste, je l’étais également en allant dire au revoir à Chantal Leblanc, il y a quelques jours, au cimetière de La Chapelle, à Abbeville. J’aimais beaucoup Chantal. C’était une femme de conviction, droite, sensible et très littéraire. Une authentique militante communiste avec tout ce que cela peut avoir de beau, de fort et d’émouvant. Il faisait un soleil éclatant et un vent fou. Les drapeaux rouges du PCF claquaient. Il y avait un monde fou et, dans l’air, comme un parfum de fraternité. Le combat continue, Chantal.

    Dimanche 10 mai 2015.

     

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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