L’Alambic m’enivre de plaisir

         

    De gauche à droite : Bernadette, Giandominico, Claire, Philippe, Véronique et Thierry.

    Je te vois venir, lectrice. «Alors, je prends les devants. Le marquis des Dessous chics qui évoque, dans sa chronique, la dernière création du Théâtre de l’Alambic: rien que du copinage. La célèbre troupe amiénoise n’a-t-elle pas porté (N.D.A.: tu pourrais même rajouter «avec quel talent!», mais je ne t’en demande pas tant) sur scène la pièce L’Écharpe rouge (N.D.A.: tu pourrais aussi rajouter «l’hilarante pièce», mais là encore, je ne t’en demande pas tant)?» Pense ce que tu veux, lectrice adulée, précieuse et indispensable. Mais, je suis au regret de te dire que tu te trompes. Mon ami Thierry Griois, l’un des piliers du Théâtre de l’Alambic, m’avait, c’est vrai, invité à assister, à la Maison du théâtre, pour assister à sa dernière création, Le Béret de la Tortue, une œuvre de Jean Dell et Gérald Sibleyras, écrite en 2001. Comme je suis un garçon poli, j’ai répondu à l’invitation. Et là: le choc. C’était excellent. La mise en scène de Jean-Christophe Binet est d’une grande qualité, pleine de trouvailles, de folies, de subtilités. Le jeu des comédiens (Claire Pastot dans le rôle de Véronique; Bernadette Briaux, Martine; Véronique Vander Sype, Mireille; Philippe Bennezon, Xavier; Giandominico Turchi, Alain; et Thierry Griois, Luc) est un régal. Ils jubilent, dégustent le texte savoureux des deux auteurs, s’amusent, vibrent, tourbillonnent, vocifèrent, chuchotent. Ils ne sont pas seulement crédibles; ils sont vrais. Ça sonne. Un vrai bonheur théâtral. Et le travail du scénographe Régis Leclercq est, lui aussi, d’une grande qualité, d’une belle inventivité. L’histoire? C’est celle de trois couples qui se connaissent peu ou pas du tout. Ils se retrouvent pour une semaine de vacances au bord de la mer, au fond d’une crique dont les rochers ont tous un nom: l’un, éponyme, s’appelle «Le Béret de la tortue». Faut-il préciser que la cohabitation se passe mal? Chaque couple médit sur les deux autres dès qu’il le peut. On trouve là une peinture exemplaire de la société actuelle: un couple de bourgeois (Martine et Xavier), un couple de bobos (Véronique et Luc) et un couple mal assorti sexuellement (Mireille – qui a besoin de neuf heures pour jouir – et Alain). On rit souvent, parfois aux larmes; on est ému. En première partie, L’Alambic avait invité le MIAM (Mouvement d’improvisation amiénois). Là encore, ce fut du grand art. Un mot tiré au sort, et les comédiens improvisent. Quel bon moment j’ai passé! Autre bon moment: le spectacle Fills Monkey, Incredible drum show avec les auteurs, interprètes et (remarquables!) batteurs Yann Coste et Sébastien Rambaud, dans une mise en scène de Gil Galliot, à la Comédie de Picardie. Ces deux batteurs professionnels se sont rencontrés en 2005. Ils ont décidé de monter ce spectacle théâtral étonnant, tonitruant, amusant, véritable performance physique et technique, au cours de laquelle les deux instrumentistes se révèlent des comédiens magnifiques (sans dire un mot intelligible) et des mines-clowns virtuoses. Du grand art. Un vrai bonheur!

    Dimanche 22 janvier 2017.

     

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Eulalie, foie gras frais et littérature

         J’ai pris ma voiture, mon carrosse Peugeot 206 (tiré par 5 CV) ...

    Je suis partout

    Je connais le peintre amiénois Silère (nom d’artiste de Françoise Lelièvre) depuis de nombreuses ...

     Fagots de mars

       Pluie, beau temps, pluie. C’est mars. J’aime. Suis en vacances. Quand le soleil ...

    Les dessus chics des Dessous

    Ses chères lectrices lui pardonneront son infidélité: on ne retrouvera pas aujourd’hui la traditionnelle ...

    D’un prix l’autre

    D’un prix l’autre, eût dit Louis-Ferdinand Céline comme il l’eût dit des châteaux. Je ...

    Jours tranquilles à Andilly

    Rouler sous la neige vers Andilly, dans le Val-d’Oise en écoutant Hunky Dory, de ...