Le drame avec le fromage…

    Le Chancellor, à Amiens, un soir d’hiver. Dehors, il fait déjà nuit. Et froid. L’hiver sans le froid, ce serait mieux. Il faut faire avec. Sur la table : un plateau de fromages très affinés et un plat de charcuterie. Nous ne sommes pas au Danemark, lectrice mon amour, mais bien en France. Devant les plateaux : Georges Charrières, fait diversier du Courrier picard, Dédé Carpentier (aucun lien de parenté avec Dodo la Saumure) et votre serviteur. Georges me présente la revue qu’il vient de publier avec la complicité de notre cher journal : Les grandes histoires criminelles en Picardie (5 € dans les librairies, maisons de la presse et dans deux bars d’Amiens : Le Chancellor et les Trois Maillets). L’histoire de cette publication ? Il y a deux ans, Jacques Dulphy, correspondant de notre journal en Picardie maritime, fait savoir à notre Georges qu’il a quelque chose d’intéressant pour lui. En déménageant un copain, vingt ans plus tôt, à Hallencourt, il a retrouvé, dans la poussière d’un grenier, un carnet en toile tissée noire. A l’intérieur : des articles et des photographies collées, issus du Progrès de la Somme et du Télégramme de la Somme et du Pas-de-Calais. A cela s’ajoutent des photos de la police et de la gendarmerie. Et un nom, constamment souligné : Bertrand

    Georges Charrières (à gauche) et Dédé Carpentier : un dirait un duo de rockers.
    Georges Charrières (à gauche) et Dédé Carpentier : on dirait un duo de rockers.

    Saintes, un greffier qui a vécu dans la fameuse maison d’Hallencourt. Les articles couvrent la période de 1935 à 1950. « Cela m’a intéressé car, ce carnet, était une pépite ; c’était également très émouvant car je m’imaginais dans la peau de cet homme qui découpait la presse, annotait », explique l’excellent Georges Charrières qui s’est empressé de raconter toutes ces horreurs en employant le ton et le style de l’époque. Des histoires affreuses, sordides, cruelles certes ; il n’empêche que la publication est réussie. Georges nous parle notamment l’assassinat de la comtesse de Marolles, de la mystérieuse mort d’un enfant retrouvé dans la Somme ; il raconte comment le jeune Célestin Coignard, 23 ans, a sauvé sa tête et comment le pharmacien André Macron est devenu un sacré empoisonneur. Et que dire que l’étrange dossier de la mort de l’avocat général Savidan, ou encore de la mort mystérieuse de l’aubergiste de Querrieu ? En dégustant goulument les excellents fromages de Dédé, j’observais notre Charrière national. Je me demandais pourquoi Georges se passionnait à ce point pour les faits divers. Tous ces coups de couteau, ce sang, ces poisons, ces déraillements… Je me suis souvenu que dans une autre vie, jeune reporter à Beauvais, je courais, moi aussi, le département de l’Oise à la recherche d’informations sur de dramatiques affaires. C’est vrai que c’était passionnant. Assez excitant. Je comprends mieux ce qui se passe dans la tête de Georges.

                                                                   Dimanche 15 février 2015

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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