L’éclat de rire de Gilles Demailly

            Un matin de printemps presque pluvieux. Beau ciel d’étain qui va aussi bien à la capitale picarde que de longues boucles d’oreilles à la délicieuse Marisa Berenson photographiée par le studio Harcourt. (N.A.M.L.A. : j’ai de ces images, parfois !) Je suis d’une humeur de belle humeur. Rien ne m’atteint. Je me gare rue Henri-Barbusse afin d’éviter la rue Léon-Blum (rancunier, je ne me gare jamais dans les rues Léon-Blum depuis que celui-ci a refusé de donner un coup de main aux Républicains espagnols en 1936 pour tenter d’éradiquer Franco). Je mets une pièce de 20 centimes d’euros dans l’horodateur qui me l’avale illico sans me délivrer de ticket. Sale bête ! Voilà qu’arrive sur le même trottoir Gilles Demailly, ex-maïeur de la bonne ville d’Amiens. « Ca ne serait pas passé comme ça sous la gauche ! », je lui lance. (Je plaisante, chers Brigitte Fouré et

    Pascal Samson et Mégan Laurent lors de l'exposition le Café", chez Pierre, à Amiens, dans la Somme, en Picardie, en France, sur Terre.
    Pascal Samson et Mégan Laurent lors de l’exposition le Café”, chez Pierre, à Amiens, dans la Somme, en Picardie, en France, sur Terre.

    Alain Gest !) Et Gilles d’éclater de rire. Ce n’est pas tous les jours qu’un hussard rouge marxiste fasse se bidonner un communiste devenu social-démocrate. Lorsque je ne fais pas le bouffon dans les rues d’Amiens, je vais au théâtre. Vu  le sublime Bigre, à la Comédie de Picardie, co-écrit et interprété par Pierre Guillois, Agathe L’Huillier et Olivier Martin-Salvan. Tissée d’un burlesque savoureux, cette pièce présente la cohabitation de trois solitudes. On est chez Chaplin, chez Picabia, chez Jodorowsky. Vu également une succulente version de L’Avare, de Molière, proposée par Jean-Louis Martinelli avec notamment un Jacques Weber impeccable de justesse dans un Harpagon poignant. Tout Molière est là : la violence contenue de la société et l’immense éclat de rire. Du très grand théâtre servi par des comédiens de haut vol. Au cinéma Orson-Welles, de la maison de la culture d’Amiens, Lys et moi avons été fascinés et happés par La Sapienza, un film d’Eugène Green. Il en est du cinéma comme de tous les arts : le style – contrairement au ton – ça passe ou ça casse. Trop appuyé et au simple service de la forme, c’est une agaçante catastrophe. Tout le contraire de ce que proposent le génial Green et La Sapienza. Une lenteur qui jamais ne pause (ni ne pose), toujours au service du fond ; des images d’une beauté inquiétante. Des personnages qui parlent un français impeccable, respectent les liaisons et lâchent, sans crier gare, un mot trivial ou moderne. Ce film placé sous la mystérieuse tutelle de l’architecte Francesco Borromini est un miracle de beauté et de profondeur. Superbe. Je suis allé également au Café, chez l’ami Pierre, pour y découvrir la belle exposition de la photographe Mégan Laurent, organisée avec la complicité de l’excellent magazine culturel Bon Temps, du tout aussi excellent Pascal Sanson. Vingt-cinq photos : autoportraits et danse notamment au programme. A voir jusqu’au 16 avril.

                                                           Dimanche 12 avril 2015.

     

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    A la recherche du foulard perdu

          Ce matin-là, je m’étais levé très tôt. Cinq heures trente du ...

    Les essuie-glaces d’un Français moyen sous le règne de François Hollande

    Il se met à pleuvoir sur le pare-brise de ma Peugeot 206. Mes essuie-glaces ...

     Fagots de mars

       Pluie, beau temps, pluie. C’est mars. J’aime. Suis en vacances. Quand le soleil ...

    Non, on ne danse pas pour rien…

      C’était le jour de mon anniversaire. Le midi, mon adorable petit Milou doux ...

    Emmanuel Bove et Johnny Thunders me poursuivent

                 Je suis allé voir Laurent Margerin en concert, au Bar du Campus ...