L’élégance française contre l’Europe allemande et des marchés

    De gauche à droite : Albert Noblesse, Philippe Legal, et Robert Poiret, de l'associatioàn "Ceux de Verduin", d'Airaines. Février 2012.

     Chez mon notaire, alors que j’étais dans la salle d’attente en train de lire, dans le Figaro Magazine, un article passionnant sur Annie Ernaux (photo très sexy d’elle, jeune, soixante-huitarde; elle eût pu être l’un des personnages de mon dernier roman, Des Rires qui s’éteignent, éditions Écriture, 15,95 euros, dans toutes les bonnes librairies), je la vis. Une collaboratrice, sans doute. Blonde, assez petite, la trentaine. Une manière de jupe avec bouffants comme, justement, les filles en portaient au cœur des seventies. Des cernes légers sous les yeux, d’une fille à qui les sales mecs n’ont pas fait de cadeaux. Elle a de l’allure. Je la regarde avec insistance. Elle le sent. Moi aussi, je suis un sale type. Quand je regarde une femme, je ne lâche pas. Oui, elle perçoit mon regard sur elle. Je la sens troublée. Elle parle avec un client de l’office, un pauvre mec, comme moi, qui se retrouve seul comme un pou sur la tête d’Alain Juppé après que sa femme l’eut quitté. Cette fille me plaît. Son allure; son côté petite bête légèrement blessée. Ça me rappelle, en novembre2004 quand, dans un cocktail de réunion d’un jury dont je faisais partie, traînant une gueule de bois terrible, j’avais croisé le regard d’une dame un peu plus âgée que moi. Brune, beaucoup d’assurance, de maintien. Un côté Anita Pallenberg. On appelle ça un coup de foudre. Devant l’assemblée médusée, nous avions échangé nos numéros de téléphone. Notre histoire d’amour, de passion charnelle brûlante plutôt, dura jusqu’en 2007.Une histoire très française. Mon tort, c’est de me croire constamment chez Laclos, chez Stendhal, chez Vailland et chez Nimier; ça me fait tenir debout. La France me colle à la peau. Un matin, sur le quai de la gare de Longueau, attendant le train de Paris, je rencontre Robert Poiret, Philippe Legal et Albert Noblesse, tous membres de l’association «Ceux de Verdun, leurs descendants et leurs amis», section d’Airaines. Ils se rendent à l’Arc de Triomphe, à l’appel de la fédération nationale de «Ceux de Verdun», pour commémorer l’anniversaire du début de la meurtrière bataille. Je trouve ça beau et émouvant, ces trois hommes qui persistent à se souvenir. Cette élégance désintéressée alors que le monde ne pense plus qu’au bling bling, au pognon, aux nouvelles technologies. Trois dandys ruraux. Élégance française.

    Dimanche 11 mars 2012.

    Commentez ou exprimez-vous grâce aux emojis !
    0
    J'AIMEJ'AIME
    0
    J'ADOREJ'ADORE
    0
    HahaHaha
    0
    WOUAHWOUAH
    0
    SUPER !SUPER !
    0
    TRISTETRISTE
    0
    GrrrrGrrrr
    Merci !

    Tags:

    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

    • Voir les commentaires

    Your email address will not be published. Required fields are marked *

    comment *

    • name *

    • email *

    • website *

    Vous aimerez également peut-être

    Douce arrière-saison à Merlieux

         La Fête du livre du Merlieux, dans l’Aisne, est l’une des plus belles manifestations ...

    Des regrets face à la marraine de Marennes

    Certaines rencontres génèrent des regrets. J’étais au Salon du livre de Noël de Saint-Quentin ...

    Pour ne jamais oublier le sergent El Raso

    C’est à chaque fois un grand plaisir de signer mes livres dans le cadre ...

    L’Alambic m’enivre de plaisir

          Je te vois venir, lectrice. «Alors, je prends les devants. Le ...

    Du rock sur les planches de Deauville

     Le salon Livres et Musiques de Deauville est l’un des événements les plus conviviaux ...

    Souvenirs humides et stendhaliens à Saint-Quentin

    J’avais abandonné la Marquise à sa table de dédicaces, à la librairie Cognet, à ...