Mon ascension de Parsifal, de Richard Wagdoux

    Richard Wagner avait du génie, mais c’était un sale type. Une sorte de Céline du romantisme allemand. Un ami, musicien éminent, admirateur de compositeur, me confiait qu’il n’hésitait pas, entre autre, à soulever les femmes et compagnes de ses meilleurs copains. Était-ce bien raisonnable, Richard? Pour sa défense, nul doute qu’il devait être titulaire d’un sacré tempérament. Sa musique, énergique, d’aucuns qualifient de virile, en témoigne. L’excellent Woody Allen, – qui s’y connaît en la matière – n’affirmait-il pas que quand il écoutait Wagner, il avait envie d’envahir la Pologne? Quand Lys m’a invité, l’autre soir, à écouter la diffusion au Gaumont d’Amiens, en direct, depuis le Metropolitan Opera de New York, de Parsifal, l’œuvre testamentaire du maître et qu’elle m’a avoué qu’on en avait pour près de six heures, mon sang n’a fait qu’un tour. Pour m’amadouer, elle m’a dit qu’elle avait préparé un super petit dîner (œufs de caille, champagne, combucha, graines diverses, petites tomates, cakes, etc.) à consommer sur place, et que j’aurais le plaisir de converser avec Isabelle, un médecin que j’aime beaucoup, qui fume beaucoup (donc je savais qu’aux entractes je pourrais en griller une à ses côtés) et qui adore Wagner, j’ai dit oui. Je me suis donc farci six heures de Wagner. De Parsifal, devrais-je dire pour être exact. Car là, point (ou très peu) de virilités musicales excessives. Au contraire, des passages de douceur, de presque mélancolie. Parfois ça manquait de nerf. Et Wagner sans nerfs n’est plus tout à fait Wagner. Richard Wagmou? Non, je n’irai pas jusque-là. Je dirais plutôt Richard Wagdoux, comme il y a un Giraudur dans certains passages de l’œuvre du grand Jean, créateur d’Ondine, qui, passionné par la culture germanique comme il l’était, devait s’intéresser à Wagner. J’avoue que je me suis laissé prendre par la beauté subtile de certaines mélodies. En revanche, je n’ai pas aimé la mise en scène, le jeu des artistes aux voix superbes, ni la scénographie. Les cakes de Lys étaient merveilleux. J’ai pris une goutte de champagne (un bon cru). Et j’ai fumé avec Isabelle qui m’a trouvé bonne mine. Je ne me suis endormi que deux fois. Lys m’a félicité. J’étais fier en arpentant, à 22

    Wagner sans nerfs n'est plus tout à fait Wagner. Richard Wagmou? Je n'irai pas jusque-là.

    heures et quelques, la rue des Trois Cailloux. Comme si j’avais réussi l’ascension de Parsifal, mon Everest à moi, rocker impénitent.

    Dimanche 10 mars 2013.

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    • Ca y est, lectrice, mon amour! J’ai mon blog ! En fait, j’en ai deux (de blogs) : celui-ci dessous (chics) hébergé par mon cher Courrier picard et celui hébergé sur le site de la revue La Règle du Jeu, de Bernard-Henri Lévy. En ce qui concerne ce blog du Courrier picard, j’y parlerai des trois choses les plus importantes dans la vie : les filles, la littérature et le rock’n’roll. On y retrouvera certaines chroniques des « Dessous chics », mon rendez-vous culturel et dominical du Courrier picard, certains bouts d’interviews que, faute de place, je ne peux publier, des commentaires divers sur l’air du temps, des rencontres, des coups de coeur et des coups de gueule… Et pour me faire de la pub, je parlerai sans complexe de mes bouquins. (Pourquoi se priver de se faire du bien quand, d’un seul coup, on devient puissant, grâce à ce fichu blog, presque le maître du monde). Je ne publierai que les commentaires des filles. Ceux, velus et répugnants, des mecs, seront censurés, sauf ceux qui diront du bien de moi. (Ce qui, je le sais, n’arrivera pas.). Voilà, lectrice, ma fée humide, mon ange terriblement sexué, tu sais tout. Jette-toi sur mon blog comme sur mon corps : dévore-le. Dévore-moi, gourgandine!

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